Comment faire cohabiter des stratégies d’exploitations divergentes en cuma?

Faire cohabiter des agriculteurs dont les exploitations ont des objectifs différents, c'est tout l'enjeu des cuma aujourd'hui. Une étudiante en sociologie s'est attaqué à ce sujet avec l'appui de la fédération des cuma du Tarn.

Faire cohabiter des exploitations de plus en plus diverses dans les cuma: un challenge relevé par les cuma du Tarn. Ici, une réunion de petite région dans le secteur de Brousse en 2014.

Jean-Baptiste Keruzec, administrateur, et Marie Kuhn, animatrice, ont présenté lors de l’assemblée générale de la fdcuma du Tarn un travail de prospective sur l’avenir proche des Cuma, réalisé à l’occasion des réunions de petites régions cet hiver.

Un travail qui a souligné toute la diversité des exploitations et de leurs objectifs, mis en perspective par Solène Groose, étudiante en sociologie.

Une apprentie sociologue dans les cuma du Tarn.

Solène Groose, étudiante en sociologie, réalise un travail d’analyse avec la fdcuma du Tarn.

Elle a notamment suivi deux cuma pendant 3 mois, la cuma des deux Monts et celle de Puygouzon, en réalisant une vingtaine d’entretiens avec adhérents et responsables.

Plusieurs hypothèses testées

«Avec la fédération, nous avons souhaité tester différentes hypothèses : est-ce plus difficile d’avoir un projet commun lorsque les exploitations ont des visions différentes de leur activité? N’est-ce pas plus facile de faire des sous-groupes? Est-ce que les agriculteurs ne vont pas choisir d’échanger plutôt avec d’autres plus éloignés mais qui partagent leur conception de l’agriculture? Est-ce que ces questions, la confrontation de techniques et pratiques différentes, sont discutées au sein de la cuma?

«Ces deux cuma, a poursuivi Solène Groose, sont d’assez grosses structures avec environ 70 adhérents. Créées autour de l’élevage, elles incluent aujourd’hui des adhérents céréaliers, viticulteurs, quelques éleveurs et maraîchers, qui travaillent dans des exploitations de tailles très hétérogènes, avec des modes de conduite qui diffèrent également parfois: bio et conventionnels cohabitent au sein des cuma.

«Dans ces entretiens, peu importe le système d’exploitation: la cuma reste un outil important pour répondre aux problématiques des agriculteurs. J’ai beaucoup entendu : « Sans la cuma, mon exploitation n’existerait sans doute pas. » Le travail du sol rassemble, c’est un travail commun à tous et qui permet des échanges de pratiques.»

«A côté de cela, des groupes plus spécifiques se créent, comme ceux autour des machines à vendanger. Les tensions et questionnement existent, autour de l’acquisition de matériels adaptés à la taille des exploitations, ou sur la manière de faire peser les petites exploitations, même si elles génèrent moins d’activité. J’ai observé des stratégies intéressantes, comme le fait de limiter l’utilisation d’un matériel à 2 jours pour le faire ‘tourner’, ou encore le fait de garder l’ancien matériel à l’occasion d’un renouvellement.»

A lire également: « Bio: l’art délicat de la cohabitation« 

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