100€/ha conduite, carburant et sécurités inclus

Dans l’est de la Seine-Maritime, la cuma des Trois Sources se donne comme objectif de maîtriser le coût de sa prestation réalisée avec une ensileuse récente. Son service conjugue attractivité, avenir et saison chargée.

A la cuma des 3 Sources (76), le coût de l'ensilage est maintenu à 100€/ha (photo d'illustration).

Sur un territoire, assez vaste, dense en élevages et en cuma, un groupe ensilage cumule environ 750ha de maïs et 580ha d’herbe. Son principal facteur de dynamisme : « le prix, loin devant le reste », analyse Christophe Duflos, responsable de l’ensileuse. «Nous n’avons jamais dépassé les 100€/ha depuis 1998. A l’époque, nous récoltions 370ha de maïs et environ 70ha d’herbe.» Focus sur le coût de l’ensilage à la cuma des 3 sources.

Coût de l’ensilage à la cuma des 3 sources: panne interdite!

La cuma des Trois Sources n’a toujours qu’un seul automoteur, pour une surface annuelle qui a doublé. L’efficacité économique est à ce prix et ce n’est pas sans contrepartie. La fragilité du système ? «Certainement le manque de marge de manœuvre.» Les grosses pannes sont proscrites. Les responsables ne rechignent pas à faire faire les réparations au plus vite, quitte à tomber sur les tarifs nocturnes du mécanicien, de l’ordre de 90€/h. Car pour finir un chantier qui a pris du retard ou intervenir dans les entrailles de l’ensileuse, «il ne nous reste que la nuit et le midi.»

Au moment de choisir le modèle d’une ensileuse, c’est donc le facteur SAV qui pèse le plus. Réactivité et performance sont attendues. «La qualité de la relation est importante», juge Christophe, et la logique vaut aussi avec le fournisseur de carburant ou l’ETA à qui «nous veillons à déléguer une petite partie de la surface tous les ans», prolonge le trésorier, Francis Beaufils.

coût de l'ensilage à la cuma des 3 sources

Coût de l’ensilage d’un hectare de maïs à la cuma des 3 Sources.

Le souci d’entretenir l’environnement économique

En effet, il y a deux ans, la coopérative a étudié des demandes d’adhésion. Appuyée par sa fédération dans la réflexion, elle a accepté une centaine d’hectares en plus. Bien que consciente de dépasser sa capacité. Avec ce surplus, le groupe sécurise son équilibre, même si un ou deux adhérents se désengagent, pour un surcoût plus que raisonnable.

«La première année, 2019, a été le pire calendrier que j’ai connu, reprend Christophe Duflos. Nous avons eu 650ha à passer en 22 jours continus.» La cuma a dû déléguer la récolte d’une soixantaine d’hectares, en répartissant le surcoût sur l’ensemble de la surface conformément au mécanisme prévu au départ. «Finalement, ça a fait 2€/ha de plus pour tout le monde.»

Pour 2020, «je pense que nous n’aurons eu qu’une vingtaine d’hectares à déléguer», déclare Chritophe Duflos à quelques jours de la fin de campagne. La réunion où le planning se dessine intervient quelques jours avant les premiers tours de champ. «Cette année, c’était le 5 septembre, décrit l’éleveur. On commence par répartir les surfaces en demandant quels adhérents souhaitent récolter telles semaines. Une fois le tour fini, nous affinons le planning jour par jour et là, il ne restait que cette semaine avec un chantier qui ne pouvait pas passer. »

Amortissement sur 7 ans, emprunt sur 5

Quel que soit le produit récolté, la cuma intègre la surface réalisée et le temps passé dans son calcul du tarif de l’ensileuse. « En gros, sur un an, l’activité représente 100.000€ de charges. Dont plus de 40.000€ d’amortissement», se complètent les deux cumistes. Avec la main d’œuvre, rémunérée à 17,5€/h moteur, et le carburant, les moyennes 2019 tombent à 95€/ha pour le maïs et à 70€/ha d’herbe (et encore 15€/ha de moins pour l’herbe en 2020). «C’est simple, quand on parle de notre tarif, les gens ont du mal à le croire», résume Christophe. Francis enchérit en défendant la logique financière à long terme. Grâce au capital social, le collectif assume une politique d’autofinancement: «nous générons peu de frais financiers en empruntant seulement sur 5 ans pour l’ensileuse

Au niveau de l’amortissement aussi le groupe porte un effort en établissant le calcul sur une base de 7 ans. Avec une perte de valeur comptable au bout des trois ans proche de la soulte attendue pour une machine neuve équivalente, la cuma minimise le risque de voir le tarif de l’hectare bondir au prochain mercato. «Pour gagner de l’argent, il faut y mettre tous les ingrédients, y compris l’approche financière», conclut le trésorier convaincu que l’activité est compétitive tout en assurant son avenir. Aussi, sur le terrain, la cuma n’est pas sans piste pour détendre le flux à la saison du maïs.

Des pistes pour décompresser la période de récolte

Déjà, il y a deux ou trois élevages en capacité de répartir leur récolte de maïs en deux silos, remplis en deux jours distincts. Dans la région où les cinétiques de la maturité sont hétérogènes, c’est déjà un atout technique indéniable. Et pour le groupe, c’est un facteur de souplesse et qui enlève un peu de stress.

Christophe Duflos imagine aussi un idéal avec un ingrédient exogène. Historiquement, la cuma des Trois Sources démarre assez tardivement par rapport aux voisines. L’idée d’un échange de 100 ou 110ha lui semble accessible et permettrait de désintensifier la saison. Si elle ne s’est pas déjà concrétisée, c’est qu’il y a des freins. «Souvent, les groupes vont avoir plus de marge de manœuvre que nous pour réaliser leur surface. Il en faudrait un qui soit sur la même stratégie», de maximiser son volume d’activité pour que l’échange naisse assez naturellement.

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