Cuma du Verbach : comment optimiser sa gestion sans bâtiment ?

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Cuma du Verbach : comment optimiser sa gestion sans bâtiment ?

Rencontre avec les adhérents de la cuma du Verbach en Meurthe-et-Moselle. (©Entraid)

En Moselle, la cuma du Verbach est restée à taille humaine avec 9 exploitations adhérentes. Une dimension qui permet à tout le monde de s’exprimer et qui offre une transparence totale sur le fonctionnement du groupe. Rencontre.

Face à l’envolée des prix du matériel agricole, la cuma du Verbach en Meurthe-et-Moselle mise sur une gestion ultra-rigoureuse sans bâtiment ni salarié. En privilégiant le partage de 25 équipements et une facturation souple par acomptes, ses neuf éleveurs adhérents réussissent à réduire durablement leurs charges de mécanisation. Retour sur un modèle collectif efficace où la transparence et la communication priment.

Cuma du Verbach : du premier matériel à la gestion d’un parc de 25 machines

Tout commence en 2010, lorsque 6 exploitations se regroupent pour lancer ensemble une activité fenaison avec l’achat d’une faucheuse subventionné. Rapidement une section travail du sol est créée avec un déchaumeur Horsch.

Tout s’accélère en 2014 avec l’arrivée du premier tracteur de la cuma (en location) et de 3 adhérents supplémentaires. Le nombre d’heures du contrat de location devenant limitant pour l’utilisation, le groupe décide d’investir dans un tracteur en 2016 avec un groupe de fauche. Un parc complété 3 ans plus tard avec un second groupe de fauche avec conditionneur.

En 2026, le parc regroupe 25 matériels allant du travail du sol à la traction, en passant par le semis, la fenaison et le transport.

Un fonctionnement sans bâtiment ni salarié pour réduire les charges

La cuma n’a ni bâtiment ni salarié et se considère comme “un syndicat de copropriété”. La priorité est donnée au partage de matériels avec l’objectif de réduire au maximum les charges de mécanisation des adhérents. De même, le groupe optimise les coûts de fonctionnement de la cuma. “La cuma n’est pas une banque, moins il y a d’argent qui dort sur le compte, mieux c’est” confie le trésorier. Par exemple, les adhérents ne reçoivent pas une facture annuelle, mais des demandes d’acompte tous les mois ou deux mois selon les besoins de financement de la cuma.

Enfin, cette dimension familiale facilite la communication entre les adhérents mais aussi la transparence de fonctionnement. “Le bureau, c’est tout le monde” insiste le président, “tout le monde peut s’exprimer”. D’ailleurs, c’est pour préserver cette entente que le groupe a voté contre l’ouverture à de nouveaux adhérents lors de la dernière AG.

Dans l’intimité de la cuma : le président raconte

Le meilleur souvenir

L’arrivée du tracteur en location, si personne n’en voulait au début, c’est aujourd’hui un outil qui fédère.

Le pire souvenir

Le choix de la marque lors du renouvellement du tracteur, une source de frictions.

Le truc qui rend fou

Les non-dits ! Pour qu’un groupe fonctionne, il faut se dire les choses, même en cas de désaccord. Un non-dit peut générer des tensions bien plus fortes qu’un désaccord exprimé.

Pourquoi ça marche ?

Vu le prix des matériels, le partage et la réduction des coûts a de l’avenir. La même benne a pris 10 000 € en 5 ans et il n’y a pas spécialement de technologies.

Une organisation locale adaptée aux besoins des éleveurs à la cuma du Verbach

Bien que la superficie des exploitations varie fortement, tous les adhérents sont éleveurs, en lait ou en viande, en bio ou en conventionnel, dans un rayon de 10 km.

Pour la réservation des matériels, le groupe s’appuie sur les SMS et WhatsApp, une solution très appréciée car elle permet au responsable de contacter facilement chaque utilisateur.

Une gestion financière et matérielle sans contrainte de bâtiment

La cuma applique une double facturation qui combine un engagement initial et un coût d’entretien ajusté selon l’utilisation réelle, afin de facturer au plus juste.

Côté infrastructures, aucun bâtiment n’est en projet. Les adhérents répartissent les machines directement sur leurs exploitations, ce qui évite tout problème de stockage.

Vie du groupe et autonomie sur les chantiers

Les membres se réunissent en moyenne cinq fois par an, assemblée générale comprise, avec la possibilité d’ajouter des rencontres selon les projets d’investissement. L’AG enregistre d’ailleurs un taux de participation de 100 % et se prolonge toujours par un moment convivial au restaurant.

La réactivité de la communication via SMS et WhatsApp s’est d’ailleurs illustrée en 2024, où les semis ont pu être réalisés sans accroche malgré des conditions difficiles.

La création d’un emploi n’est pas à l’ordre du jour, car la priorité reste le partage du matériel et chaque agriculteur tient à réaliser ses chantiers lui-même.

La cuma du Verbach en chiffres

  • 9 adhérents ;
  • 120 000 € de chiffre d’affaires ;
  • 25 matériels.

Principales activités

  • 2 tracteurs : 39 000 €/an ;
  • 2 semoirs en ligne : 16 000 €/an ;
  • 2 groupes de fauche :16 000 €/an.

L’avis de Laurine Humbert, animatrice Meurthe-et-Moselle de la Frcuma Grand Est

Proche de plusieurs cuma conséquentes, dont certaines avec bâtiments et salariés, la Cuma du Verbach a choisi un autre modèle : souplesse, proximité et esprit familial. Pas de lourdes structures, mais un parc de 25 matériels adaptés aux besoins. La transparence est totale : factures rigoureusement gérées, acomptes réguliers et décisions collectives. Résultat : coûts maîtrisés, organisation efficace et groupe soudé.

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