Dordogne: une cuma née de la moisson

À la cuma moisson battage de Sainte-Sabine, il est loin le temps où l’on ne s’était regroupé que pour faire les moissons. Même si elles représentent toujours l’activité principale, la cuma s’est étoffée et diversifiée au rythme de l’agriculture.

L'une des moissonneuses de la cuma moisson battage Sainte-Sabine. Photo: Laetitia Lemaire, Réussir le Périgord

Son père en faisait partie. Son grand-père en a fait partie. Peut-être était-il même présent lors de sa création, en 1948. Nicolas Mortemousque, actuel président de la cuma moisson battage, arboriculteur et administrateur depuis 2002, ne se souvient plus.

Ce qui est certain, c’est qu’elle fait partie des plus anciennes cuma du département de la Dordogne. Dédiée principalement à la moisson, comme son nom l’indique, elle a évolué en même temps que ses adhérents.

Certaines familles, comme les Mortemousque, sont restées et le nombre de membres s’est étoffé. Surtout, les tailles des exploitations ont augmenté et les activités se sont diversifiées. La cuma moisson battage compte aujourd’hui une soixantaine d’adhérents, éleveurs laitiers ou de bovins viande.

« La différence c’est que, avant, quasi toutes les exploitations comptaient des animaux mais en petit nombre. Aujourd’hui, les éleveurs se sont spécialisés et les cheptels agrandis », commente Nicolas Mortemousque.

portrait de l'agriculteur interviewé par Laetitia Lemaire de Réussir le Périgord

Nicolas Mortemousque, de la cuma moisson battage Sainte-Sabine. © Laetitia Lemaire, Réussir Le Périgord.

L’activité moisson est restée majoritaire avec un peu plus de la moitié des adhérents qui en font partie. La cuma s’est équipée en conséquence avec deux moissonneuses. L’une en propriété qu’elle utilise pour les récoltes d’été et d’automne et l’autre en copropriété avec une cuma des Landes.

Intercuma moisson

« Depuis 2004, nous nous entendons avec eux pour partager la machine,  explique le président. Nous nous en servons l’été et ils la récupèrent à l’automne. » L’équilibre de ce partage pourrait cependant arriver à son terme.

«Nous avons moins de cultures d’été et eux, moins à l’automne. Donc ça devient compliqué pour nous de garder cette seconde moissonneuse tout en maintenant l’équilibre», reconnaît Nicolas Mortemousque. Il annonce déjà que la cuma va réfléchir à conserver l’appareil. «D’autant plus que, vu notre activité, ça passerait avec une seule moissonneuse.»

Maintenir la cohésion

Il y a trois ans, les surfaces récoltées étaient d’environ 1.200 hectares. Aujourd’hui, elles se chiffrent à 860 hectares (360 en été et 500 à l’automne). « Au fur et à mesure, les choses changent et nous nous adaptons »,  souligne l’arboriculteur. « Beaucoup sont passés en bio, ce qui demande des outils de récolte spécifiques et de coller aux exigences des moments de récolte. »

La cuma s’est ainsi dotée d’un flexible pour le soja et le lin. « Nous avions déjà un outil mais la coupe était rigide; on laissait beaucoup de graines. Il nous fallait une coupe souple. »

Les investissements et les efforts de la cuma pour se diversifier n’ont qu’un but. Maintenir l’équilibre entre les avantages et les inconvénients que suppose l’esprit solidaire et coopératif. « Souvent, on adhère à une cuma pour pouvoir disposer de matériels qu’on ne pourrait pas s’acheter seul. Là où ça coince, c’est qu’il faut conserver l’esprit d’équipe pour travailler ensemble. »

Pour essayer de maintenir cette cohésion, la branche moisson nomme chaque année un responsable de coupe différent. « Comme ça, chacun se rend compte des impératifs du groupe. » Une technique qui semble faire ses preuves dans cette cuma à l’impressionnante longévité.


Fiche identité de la cuma

  • Cuma moisson battage
  • Nombre d’adhérents: 60
  • Matériels: tracteurs, tonneau à lisier, épandeur à fumier, broyeur branches et interceps, broyeur de végétaux, écrotteuse, bineuses, herse étrille, strip till, semoir semis direct, boudineuse, remorques de transport de céréales, bétaillère, balayeuse.

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