« Les viticulteurs montent des pulvérisateurs sur des quads pour les traitements antifongiques », résume Christophe Auvergne, de la Chambre d’agriculture de l’Hérault. « Mais cela nécessite quelques précautions », souligne-t-il. D’abord, il s’agit de monter sur le quad, un pulvérisateur en règle, c’est-à-dire passé au contrôle pulvérisation au bout de 5 ans pour un appareil acheté neuf, puis tous les trois ans ensuite.
Pulvérisation de vigne en quad : à 30 ou 40 cm des feuilles

Les distances à respecter pour une pulvérisation de vigne en quad. (©Chambre de l’Agriculture Hérault)
Une fois cela acquis, « l’objectif est de toucher ce début de végétation, sans dériver. On peut intervenir en quad, avec un pulvérisateur à jet porté, jusqu’au stade 7 ou 8 feuilles étalées, avec des buses à fente produisant des gouttes intermédiaires. Celles à 200 microns fonctionnent très bien », note Christophe Auvergne, conseiller agroéquipement au sein de la Chambre d’agriculture de l’Hérault.
Il met en garde les viticulteurs: « pour éviter toute dérive, il faut pulvériser très près, à 30 ou 40 cm des feuilles. »
Un pulvérisateur sur un quad est « un dispositif ultra-efficace en termes de pulvérisation », pointe-t-il, qui nécessite de réduire de manière importante les doses de produits appliqués. Le risque sinon ? Brûler les feuilles avec une quantité de produit trop importante et concentrée.
Des tests effectués sur le banc d’essai de l’IFV, EvaSprayViti, ont en effet confirmé l’efficacité de la technique en termes d’application du produit.
Christophe Auvergne a écrit une fiche décrivant en détail comment travailler avec un pulvérisateur sur un quad, décrivant :
- La bonne vitesse d’avancement (avec une application gratuite créée par la Chambre d’agriculture de l’Hérault) ;
- Comment équiper son pulvérisateur et quelles buses choisir ;
- Comment positionner les buses sur la rampe.
Le quad, avec les chenilles… et les les canards
Maxime Vigroux, viticulteur à Villeveyrac dans l’Hérault, a carrément sorti le quad à chenilles. « J’ai pu traiter 3 ha de Chardonnay et de Muscat, dans des conditions où, ni le tracteur, ni le quad à roues ne seraient passés », résume-t-il. « Je suis passé dans des secteurs où il y avait 30 cm d’eau, et où, à pied, je m’enfonçais jusqu’au tibia. Il y avait même des canards! »
« Dans certains secteurs, le sol est carrément liquide. Ce n’est plus le manque de portance, c’est que la nappe remonte », analyse-t-il.
Maxime Vigroux a choisi de traiter à 1/5e de la dose pleine, à 30l/ha. « Je suis intervenu au stade d’éclatement du bourgeon, voire à une feuille. J’ai utilisé une cuve classique de 100l, une pompe à 8l/min et des buses à injection d’air de chaque côté. Franchement, c’est super en termes de qualité de pulvérisation.
Il estime que le traitement lui est revenu à 6€ de l’hectare, « ce qui est relativement intéressant », estime-t-il. En revanche, côté carburant, le quad consomme de l’essence, et non du GNR. Un petit bémol pour cette technique, au moment où les coûts de tous les carburants flambent.
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