Quel coût de production avec 2 SMIC?

L’Idele en lien avec les Chambres d’agriculture (réseau Inosys), proposent une méthode pour connaître précisément son coût de production en élevage herbivore, intégrant une rémunération indicative de l‘exploitant de 2 SMIC.

Dans ses coûts de production, il ne faut pas omettre de tout compter, y compris sa propre main d’oeuvre. Dans ce cas-là, les produits (prix de vente, aides et produits joints) ne couvrent pas toujours les coûts ...

Connaître son coût de production présente deux avantages essentiels. D’une part, pouvoir se comparer avec d’autres éleveurs ayant le même système de production et chercher des pistes d’améliorations. Deuxio: être en capacité de juger de la rentabilité économique de son activité en comparant le coût de production par unité à son prix de vente. La méthode COUPROD conçue par l’Idele permet justement à chaque éleveur de calculer son coût de production.

Tout compter!

Pour que le calcul du coût de production soit vraiment objectif, tout doit être compté! Les charges courantes de l’exploitation sont assez faciles à comptabiliser dans la mesure où il s’agit de dépenses donnant lieu à des paiements. Pour être précis dans le calcul, il faut les corriger des variations de stocks (aliments, engrais, etc.)
Dans un second temps, les «amortissements» sont à prendre en compte: bâtiments, matériels, équipements, améliorations foncières.
Enfin, on recense les «charges supplétives». Celles qui correspondent à la rémunération des facteurs de production que l’exploitant met à disposition. Il s’agit des terres en propriété susceptibles d’être rémunérées au prix du fermage, les capitaux propres susceptibles d’être comptés aux taux du livret A, et bien sûr le travail de l’exploitant. Ce qui est trop souvent sous-évalué, voire ignoré!

 

La méthode des COUPROD élaborée par l’Institut de l’Elevage permet à chaque éleveur de calculer ses coûts de production en élevage

Coût de production des élevages bovins laitiers, résultats en 2018 et estimation en 2019.

Objectif 2 SMIC

Le décompte précis du nombre d’heures travaillées par l’éleveur est difficile à effectuer. Pour rappel, un salarié à temps plein réalise officiellement 1607 heures par an, hors heures supplémentaires. Et le niveau de compétences exigées et le degré pénibilité de l’activité, posent également débat… Par convention, les responsables du réseau Inosys ont convenu qu’un travail à «plein temps» d’un exploitant serait rémunéré forfaitairement sur la base de 2 SMIC bruts/UMO. «Pour simplifier, le SMIC brut est obtenu en multipliant le SMIC net annuel par 1, 30» détaille le réseau Inosys qui a publié tous les coûts de production estimés en 2019 pour chacune des filières d’élevage herbivore.
Ainsi, pour l’année 2019, le nombre de SMIC/exploitant et le taux d’élevages à plus de 2 SMIC/exploitant étaient respectivement de:

  • en caprins laitiers (sud Ouest et Ouest), 2 et 38 %,  soit 594 €/1000 l de coût de production total atelier,
  • en bovins-viande, naisseurs spécialisés, 0,9 et 7 % , soit 491 €/ 100 kg de viande vive produite
  • en bovins-viande, naisseurs-engraisseurs spécialisés, 2 et 21 %, soit, soit 368 €/ 100 kg de viande vive produite
  • en bovins-lait spécialisé plaine, 1,8 et 45 %, soit 469 €/1000 l
  • en élevage bovins-lait de montagne, 1 et 14 %, soit 613 €/1000 l.

Même pour les fermes de références INOSYS, il apparaît que le plus souvent l’ensemble des produits (prix de vente, aides et produits joints) ne couvre pas le coût de production intégrant une rémunération forfaitaire des exploitants à 2 SMIC (voir les résultats des groupes d’exploitations suivis dans le cadre du réseau de fermes de référence INOSYS)

Juste affectation

Le calcul des coûts de production en élevage se complique lorsqu’une exploitation est diversifiée. Pour répartir au mieux entre les différents ateliers les charges difficilement affectables, un jeu de clés est proposé. On estime par exemple qu’en plaine 1 UGB en système bovin viande naisseur consomme 38% de charges de mécanisation en moins et 49% de main-d’œuvre en moins qu’1 UGB bovin lait. Des coefficients sont disponibles pour:

  • les grands postes de charges de structure (mécanisation, bâtiments, frais financiers, frais généraux et main d’œuvre – voir tableau), voire les charges opérationnelles des surfaces (engrais et amendements, semences, produits de défense des végétaux) et certaines charges opérationnelles animales (frais d’élevage et frais vétérinaires), si elles n’ont pu être affectées directement.
  • Les principaux types d’ateliers ruminants (bovins, ovins, caprins, conventionnels et bios) et de cultures (cultures fourragères, grandes cultures, cultures industrielles…)

Clés de répartition par atelier

La méthode d’affectation de ces charges se déroule en trois temps.
1) calcul du nombre total d’unités pondérées (équivalents UGB bovins lait) pour l’ensemble de l’exploitation, en comptabilisant les animaux et les surfaces hors prairies (les prairies sont prises en compte via les UGB des ateliers animaux).
2) calcul du nombre d’unités pondérée pour le ou les ateliers étudiés (UGB et surfaces de cultures rattachées à l’atelier considéré).
3) calcul du rapport entre les unités pondérées de l’atelier et du total de l’exploitation. Le pourcentage obtenu servira de base pour proportionner les charges non affectées.

Approche trésorerie

Une autre approche «coût de production trésorerie» peut être mise en œuvre dans le cadre d’un conseil individuel d’éleveur. Les amortissements sont alors remplacés par le capital d’emprunts remboursés et la rémunération du capital propre et des terres en propriété n’est pas prise en compte. «On ne parle plus de rémunération forfaitaire (2 SMIC), mais de besoins en trésorerie pour couvrir les prélèvements privés, les cotisations sociales de l’exploitant et les besoins en autofinancement de l’exploitation» détaille le réseau Inosys.

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