Cap sur les 160 ha. Tenir la barre pour rentabiliser la machine à vendanger, au-delà du gros temps économique et climatique. C’est le défi que relèvent les sept adhérents de la cuma des Coteaux Saint-Macaire (Gironde), dont Guillaume Le Moing, son président. Retour sur une façon de rentabiliser la machine à vendanger en cuma.
Tarif à 320 €/ha : l’équation pour rentabiliser la machine à vendanger en cuma
Achetée en 2025, et devant être amortie en 8 ans, la machine doit tourner pour garantir une tarification raisonnable, pour les adhérents comme pour la cuma. « La crise viticole pousse des viticulteurs à réduire leurs engagements, voire à les annuler, explique Guillaume Le Moing. Lorsque nous avons perdu deux adhérents, nous devions les remplacer. »
Un numéro d’équilibriste, qui demande temps et diplomatie. Contre vents et marées, garder un tarif de 320 €/ha. « Ni trop haut pour être attractif, ni trop bas pour ne pas distordre la concurrence avec les autres acteurs locaux de la vendange. Et, bien sûr, suffisant pour les finances de la cuma », détaille le président.
Viser 160 ha/an malgré la baisse des surfaces
Cela équivaut à naviguer autour des 160 ha à vendanger par an. « Nous avons trouvé trois adhérents en 2026, en évitant de concurrencer les ETA. Il s’agit de garder une bonne intégration dans le territoire, justifie le président. Ces viticulteurs ne pouvaient pas renouveler leur machine vieillissante, l’investissement étant trop cher. Intégrer notre groupe était une solution pour eux. »
Bilan, la cuma des Coteaux Saint-Macaire a vendangé 180 ha en 2026. Pas un jackpot pour autant : « C’est une provision pour 2027, qui s’annonce incertaine », redoute Guillaume Le Moing.

Guillaume Le Moing se démène pour maintenir la rentabilité de l’activité machine à vendanger de la cuma des Coteaux Saint Macaire.
En effet, le nombre de viticulteurs et les surfaces à vendanger fluctuent presque au jour le jour. Certains travaillent leurs vignes avec soin avant de subitement renoncer à poursuivre, quelques semaines avant la récolte. Peut-être faudra-t-il de nouveau recruter des adhérents ces prochains mois…
Vendanges rapides
Voilà pour le cap à garder. Mais quand le capitaine quitte la salle des cartes pour prendre la barre de la machine à vendanger, la tâche n’est pas plus simple. À ce poste aussi, la crise viticole fait tanguer le navire. « Il faut que l’activité vendanges de la cuma assure un prix raisonnable, une disponibilité satisfaisante et un travail de qualité, rappelle Guillaume Le Moing. C’est la condition pour garder les adhérents. »
La lame de fond de la crise soulève alors la vague du paradoxe. « Du fait du climat et de la météo, le raisin mûrit plus vite. La période de vendange rétrécit, commente-t-il. Pour vendanger nos 150 à 180 ha avec notre New Holland 8.5 pourtant moderne, nous devons quasiment tourner 24h/24. Or ce n’est pas possible, puisque les caves coopératives ouvrent moins de jours que les années précédentes, et sur des plages horaires réduites. Elles aussi s’adaptent aux moindres quantités à traiter », regrette le viticulteur.
Travail jour et nuit

Les conditions incitent parfois à recourir à une seconde machine en prestation. Un paradoxe alors que l’enjeu consiste à rentabiliser celle de la cuma.
Alors il faut vendanger en mettant plein gaz lorsque les caves peuvent recevoir le raisin. Tant que la logistique aval suit, le salarié vendange le jour, dans le respect des horaires légaux. Guillaume pilote la nuit. « L’entraide de la cuma est très appréciable dans ces moments », sourit le président.
Mais parfois cela ne suffit pas, tant et si bien qu’en fin de vendanges, la machine de la cuma ne fournit plus assez. « Nous avons payé une prestation pour disposer d’une vendangeuse supplémentaire pendant 6 heures, témoigne le président. C’est très frustrant de recourir à cette solution alors que nous nous démenons pour trouver des hectares pour notre propre machine. »
Les enjeux, en chiffres
Tarif aux adhérents pour la machine à vendanger New Holland 8.5 de la cuma des Coteaux Saint-Macaire : 320 €/ha, comprenant :
- le remboursement des 26 000 € d’emprunt ;
- le lavage (eau, électricité, produit) ;
- le salaire des deux chauffeurs ;
- le carburant et l’AdBlue ;
- l’entretien ;
- objectif de surface pour maintenir ce tarif : 160 ha ;
- nombre d’adhérents actuels : 7.
La sécheresse met à mal la technologie
Pour limiter les risques de panne, la cuma des Coteaux Saint-Macaire soigne l’entretien de la machine à vendanger en le confiant au concessionnaire. Elle la renouvelle jusqu’alors tous les 5 à 6 ans. Une belle médaille qui présente quelquefois son revers.
« Soumise à une météo comme celle d’août 2026, la fiabilité de certains équipements est discutable, euphémise Guillaume Le Moing. Avec le peu de jus des raisins, les capteurs de trémie donnaient des informations fausses qui poussaient à des manœuvres de déchargement superflues. D’autres fois, sous forte chaleur, le système de dépollution avec AdBlue menaçait d’immobiliser l’automotrice. »
Même les composants plus classiques pâtissent des conditions sèches. « Les pertes normales de jus refroidissent et lubrifient les bâtons, les biellettes et les guides en téflon de la noria. Lorsque le jus manque, comme en août dernier, ces composants s’usent plus vite, voire se cassent », constate Guillaume.
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