Que sont-ils devenus 5 ans après ?

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Que sont-ils devenus 5 ans après ?

Penser l’avenir oblige à sortir le nez du guidon et à transcender les différences d’âge, d’origine, de système… qui distinguent les associés coopérateurs. Ci-dessus, rencontre à la cuma de la Vaige.

Entraid revient sur le parcours de quelques groupes repérés il y a cinq ans, pour leur audace à lancer des projets agro-environnementaux, technologiques ou organisationnels.

Le temps s’accélère dans les entreprises et la transition des cuma aussi. L’obsolescence rapide des outils et des processus les obligent à réinvestir régulièrement pour préserver leur compétitivité. Elles réinventent sans cesse leurs stratégies de développement pour tenir. Ces restructurations s’opèrent dans un environnement concurrentiel soumis à l’accélération technologique et aux brusques retournements de marchés, liés à des crises sanitaires, climatiques économiques ou géopolitiques, souvent imprévisibles. Ces ruptures de cycles économiques, conceptualisées par l’économiste Joseph Schumpeter avec la théorie de la « destruction créatrice» génèrent un turn-over important des métiers et des emplois. Le secteur primaire n’est pas épargné par ces remises en cause quasi permanentes des systèmes de production.

De puissants facteurs de changement

En agriculture, différents vecteurs du changement s’imposent.

Enjeu démographique

En 2020, selon le ministère de l’Agriculture, la moitié des exploitations étaient dirigées par des chefs d’exploitation de plus de 50 ans. Les repreneurs seront de moins en moins des enfants d’agriculteurs. Mais des jeunes aux profils variés, qui auront déjà vécu, pour une partie d’entre eux, d’autres expériences professionnelles.

Transition climatique et énergétique

Le réchauffement climatique, attesté par les scientifiques, affecte sévèrement les agriculteurs, qui seront contraints de changer leurs pratiques. Et contraints en même temps de trouver des alternatives aux énergies fossiles.

Exigence environnementale

La pression des ONG, des consommateurs, des pouvoirs publics, va crescendo en faveur de la diminution des intrants. On considère que 50 % des matières actives utilisées dans les phytos devraient disparaître dans les 10 prochaines années.

Financiarisation

Le capital nécessaire à l’activité agricole risque d’écarter des candidats à la reprise d’exploitations, au profit de l’agrandissement. Mais aussi de compromettre la modernisation de certaines exploitations qui ne disposent pas de moyens suffisants.

Ruptures technologiques

Les robots s’incrustent dans le paysage agricole. Selon l’Observatoire des usages numériques en agriculture, on compterait en 2023 environ 18 000 robots en activité dédiés à la production animale en France. En lien avec la numérisation croissante de l’activité agricole, on voit maintenant poindre l’intelligence artificielle. L’appropriation de ces nouveaux outils par les chefs d’exploitations, notamment les plus âgés, est un vrai défi.

Verdict : les cuma contraintes d’anticiper

Un groupe d’agriculteurs charentais, suivi par la fédération des cuma des Charentes, avance ensemble vers la transition agroécologique.

Alors que se dessinent de profonds changements dans le monde agricole, les cuma doivent se hâter de proposer à leurs adhérents des scénarios réalistes. Une partie des réponses aux questions que se posent les exploitations, peuvent en effet être envisagées à l’échelle collective. Tous les projets collectifs n’atteignent pas leur but initial. Néanmoins, l’important est d’agir, de rebondir et d’adapter les solutions à son environnement. Avancer collectivement peut paraître contraignant par moments, mais nous sommes convaincus de son intérêt et de sa pertinence.

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