Une filière décidée à ne pas se laisser tondre

Les éleveurs de moutons réunis à Tech Ovin les 4 et 5 décembre à Bellac (Haute-Vienne) entendent résister aux nombreux périls qui pèsent sur la filière.

La production ovine française décélère depuis plusieurs années. La profession est notamment inquiète par les nombreux départs en retraites qui s’annoncent dans les prochaines années et cherche à attirer des jeunes éleveurs.

Lors de l’inauguration officielle du salon Tech Ovin à Bellac le 4 septembre, Michèle Boudoin, présidente de la fédération nationale ovine (FNO), a énuméré les diverses préoccupations des éleveurs: la sécheresse estivale et le manque de fourrage, le fléau de la mouche wohlfahrtia magnifica et les attaques incessantes du loup, l’impact redouté du CETA conjugué à l’incertitude du Brexit, les difficultés de renouvellement des générations…   Béatrice Eon de Chezelles, du Crédit agricole, a précisé tous ces enjeux lors d’une conférence consacrée à cette filière.

Moitié moins d’exploitations en 20 ans

En 2018, on ne compte plus que 41 000 exploitation ovines. Soit, une diminution de 57% depuis 2000. L’hémorragie des effectifs est moins dramatique que celles du nombre d’exploitations, puisque les troupeaux se sont agrandis. Néanmoins, si le nombre de brebis laitières demeure stable (1,6millions), celui des brebis allaitantes ne cesse de baisser (5,4millions de brebis saillies en 2018, soit moins 26% depuis 2000).

Les observateurs craignent même par endroit la désertification des zones pastorales non-cultivables, si l’exode se poursuit. Certes, les revenus ont redressé la tête ces dernières année situés: entre 1, 5 et 2 Smic par unité de main d’œuvre. Mais ils demeurent très dépendants des aides publiques. Les contours de la prochaine PAC seront donc déterminants.

En contrepoint, on voit timidement réapparaître des troupeaux d’ovins dans certaines exploitations céréalières. Une mixité qui offre des complémentarités favorables aux deux activités. (voir le témoignage sur ce sujet présenté à Tech Ovin).

Des outils de transformation en sous-régime

En aval, la rentabilité des abattoirs souffre par endroit de cette diminution d’effectifs. Ce qui contribue à alourdir les coûts d’abattage. Côté consommateur, la viande d’agneau n’échappe aux controverses actuelles sur l’excès de consommation de produits carnés. Les amateurs de viande de moutons sont moitié moins nombreux qu’il y a 20ans. Et 47% de ceux qui restent ont plus de 65 ans! En cause: une viande réputée assez difficile à cuisiner. La viande de mouton est exposée à la rude concurrence de la viande de volaille et à la place croissante occupée par l’alimentation végétale.

Haché d’agneau et boulettes

Si les gigots d’agneaux sont bien valorisés, les autres produits sont moins prisés. D’où l’opportunité de segmenter la commercialisation et clarifier l’offre pour mettre en avant la production française. Près de 60% de la consommation française provient actuellement d’importations. La volonté est aussi de développer les signes de qualité et d’origine (SIQO). Près de 20% de la production est aujourd’hui en SIQO. L’objectif est de doubler cette proportion dans un plan de relance ovine. L’enjeu est notamment de faciliter l’offre de viande ovine dans les cantines scolaires et les rayons des magasins. Les efforts se portent aussi sur la recherche de diversification des débouchés. Par exemple en désaisonnalisant la consommation au travers de solutions de snaking ou de consommation apéritive. Il est question aussi d’adapter l’offre vers d’autres types de plats tels que la viande hachée d’agneaux ou des morceaux faciles à cuisiner comme les boulettes…

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