Echanges interdépartementaux sur le chanvre: deux groupes, deux organisations

En région
la fibre de chanvre est recherchée pour sa solidité

La paille de chanvre, recherché pour sa solidité, est particulièrement coriace et peut vite abîmer la presse. Elle fait d’ailleurs de la récolte un moment particulièrement délicat.

22/03/2017 - 18:00

Rien de mieux que les visites et les échanges entre cumistes pour paramétrer son organisation et réfléchir à ses investissements.

Partagez cet article: Echanges interdépartementaux sur le chanvre: deux groupes, deux organisations

Un groupe de l’Yonne devrait récolter, en 2017, 100ha de chanvre pour la filière bio de la Chanvrière de l’Aube et projette de passer à 120ha en 2018. Le 10 février, les adhérents se sont donc rendus dans le berceau de la coopérative pour visiter deux cuma qui cultivent du chanvre depuis 1997.

La cuma de Faux Villecerf mise sur un bon débit de chantier

«Notre mode de fonctionnement s’est orienté vers un suréquipement car nous voulons intervenir rapidement en septembre afin de ne pas entrer trop en concurrence avec le chantier betterave qui commence en même temps», indique Francis Legrand, président de la cuma de Faux Villecerf.  Jusqu’en 2013, le groupe devait gérer la récolte de 7adhérents sur 130ha mais, depuis trois ans, seules deux exploitations pour une surface de 60ha sont concernées. Pour la récolte des fibres et du chènevis, quatre personnes travaillent sur le chantier. La cuma de Faux Villecerf utilise une moissonneuse Laverda avec une élévatrice sur le pont avant permettant de moissonner le chènevis jusqu’à 2mètres de hauteur. Le groupe est également équipé de deux faucheuses Busatis, de deux andaineurs et de deux presses Claas. «Nous faisons intervenir le concessionnaire tous les ans pour la révision des presses. Cela a un coût mais nous ne voulons pas tomber en panne pendant les travaux», signale le président.

presse pour chanvre

La presse John Deere 862 a fait l’objet de toutes les attentions des cumistes bourguignons venus se renseigner dans l’Aube.

L’entretien de la presse doit faire l’objet d’une attention toute particulière. La paille de chanvre, recherché pour sa solidité, est en effet particulièrement coriace et peut vite abîmer la machine. Elle fait d’ailleurs de la récole un moment particulièrement délicat. «Chaque jour, il est indispensable d’éliminer la paille qui s’accumule dans le pick-up et les organes tournants», prévient Francis Legrand. En entretien préventif, les adhérents de la cuma effectuent des vérifications sur les roulements et les chaines de transmission. Ils ont également réfléchi à la création de protections et d’adaptations pour éviter les enroulements de paille de chanvre.

En termes d’itinéraires, la cuma de Faux Villecerf moissonne le chènevis au 15 septembre, puis fauche les pailles à la sortie de la machine et, au plus tard, le lendemain afin que le processus de jaunissement démarre. Le groupe effectue ensuite un premier andainage, «selon le temps disponible», puis un second afin de faire jaunir le reste de paille verte. Le pressage se déroule un à deux jours après le second andainage. «La faneuse remplace le premier andainage, précise Francis Legrand. Elle offre un gain de temps sur le jaunissement car la paille est décollée du sol et reçoit ainsi plus de lumière qu’en andain.»

Enfin, pour les chanvres de grande hauteur (la plante peut mesurer jusqu’à 4 mètres certaines années), le président préconise de les couper en deux afin d’éviter les enroulements au fanage et au pressage. Ils seront alors orientés vers un débouché «non-battu».

La cuma des Dolmens travaille sur les coûts de pressage

A la cuma des Dolmens, les surfaces ont progressé en 2017, passant de 4 exploitations sur 80ha à 6 exploitations sur 110ha.

Avec la presse John Deere 862, le débit de chantier est d’environ 20 à 25 ballots à l’heure, soit environ 1 ha/h. «Nous n’avons pas édicté de règles pour le renouvellement du matériel», indique Jean Marie Camut, le trésorier.

Le groupe fauche deux jours après fanage, «afin de ramasser moins de cailloux». Pour le chanvre «roui» (non-battu), il utilise des variétés tardives et coupe la plante avec une faucheuse à double étage. «Cette technique permet le passage de la faneuse.» Enfin, une banque de travail permet de bien comptabiliser le travail de chacun afin d’éviter, en principe, les conflits.

 

Publicité
Simple Share Buttons