ePrivacy and GPDR Cookie Consent by TermsFeed Generator

Apprentissage : une formation par le concret

Partager sur

Apprentissage : une formation par le concret

L’entretien et la conduite du matériel ont été moteurs dans la décision du groupe d'embaucher. Aujourd'hui, le salarié en CDI travaille pour la cuma mais aussi dans les exploitations des adhérents.

Les formations par apprentissage sont de plus en plus prisées. Encore faut –il trouver des entreprises prêtes à accueillir les futurs candidats, malgré les contraintes propres à cet exercice. Le point sur l’apprentissage en cuma avec Isabelle Corbineau et Arnaud Bourgeais, de l’Union des cuma des Pays de la Loire.

L’apprentissage concerne-t-il beaucoup de cuma ?

Peu recrutent un apprenti. Pour un jeune, l’apprentissage dans une cuma est pourtant la voie royale pour être ensuite recruté à un poste de chauffeur-mécanicien en ETA ou en cuma. En général,  on compte plus de candidats apprentis que de cuma prêtes à les accueillir.

Quels sont les freins ?

D’abord, il est nécessaire que la cuma dispose d’un hangar-atelier avec salarié(s). Attention à  s’organiser pour encadrer le jeune, y compris pendant les périodes de congés ou d’absence du ou des salariés. De plus, la cuma doit être bien organisée  pour accueillir de manière sereine l’apprenti. Ensuite, il faut désigner un tuteur, souvent le chef d’atelier en présence de plusieurs salariés dans la cuma.  Obligations pour celui-ci : justifier d’un diplôme dans le domaine d’activité en lien avec la formation de l’apprenti ou trois années d’activité professionnelle. Ce tuteur doit avoir la fibre pédagogique, savoir transmettre ses connaissances au jeune. Cette responsabilité peut d’ailleurs être une source de re-motivation pour lui dans son métier.

Et la sécurité ?

L’employeur doit garantir que les techniques, équipements et conditions de travail soient conformes aux normes d’hygiène et de sécurité. Un DUER (Document Unique d’Evaluation des Risques) à jour est indispensable. Toutes les obligations du code du travail s’appliquent, comme à tout salarié. Sachant qu’un contrat d’apprentissage, qui dure entre 1 et 3 ans, est ouvert aux jeunes de 16 à 25 ans, il arrive souvent que l’apprenti soit mineur. Dans ce cas, des règles particulières s’appliquent, mais la procédure s’est assouplie. Pour obtenir des dérogations à l’interdiction d’effectuer des travaux dangereux, l’autorisation préalable de l’inspection du travail n’est plus requise, seulement une déclaration. Le président de la cuma doit être vigilant sur la sécurité (ex : vérification de l’aptitude médicale, formation de l’apprenti sur la sécurité…). C’est lui en effet qui est responsable devant la loi en cas d’accident.  Plusieurs études montrent à ce propos que les taux d’accident du travail sont plus élevés en présence d’employés récemment recrutés.

Quels conseils donnez-vous aux cuma intéressées ?

C’est une démarche similaire au recrutement d’un salarié. Le conseil d’administration de la cuma doit avoir préalablement défini un cahier des charges puis réunir une commission d’embauche de deux à trois personnes. On doit aussi prévoir une période d’essai de deux mois, sachant qu’à raison d’une présence à mi-temps dans l’entreprise, cela ne fait  en réalité qu’un mois. Les recruteurs doivent mettre l’accent sur le «savoir-être» du candidat autant que son savoir-faire car en général le postulant a peu d’expérience professionnelle. On demande à l’apprenti de la motivation, de l’écoute, une attitude participative, qu’il reconnaisse ses erreurs et n’hésite pas à demander à son tuteur les explications nécessaires lorsqu’il n’a pas compris.
Du côté de la cuma, celle-ci doit vérifier que les périodes de formation en établissements s’articulent le mieux possible avec les périodes de travaux de la cuma où la présence de l’apprenti est particulièrement utile. Le tuteur ou le maître d’apprentissage désigné qui peut être aussi le président de la cuma, doit également se rendre disponible pour les rencontres tripartite CFA- apprenti-employeur, et participer éventuellement à une journée de formation.

Apprenti : quelle rémunération et quelles aides ?

Ancienneté du contratMoins de 18 ansDe 18 à 20 ans21 ans et plus
1ère année25% du Smic41% du Smic53% du Smic
2e année37% du Smic49% du Smic61% du Smic
3e année53% du Smic65% du Smic78% du Smic
Aides
Aide aux TPE forfaitaire de 1 100 € versée chaque trimestre, soit 4 400 € pendant la première année du contrat, pour le recrutement d’un apprenti mineur.
Exonération de charges sociales (sauf la cotisation patronale accidents du travail et maladie professionnelle) pendant toute le durée du contrat.
Prime régionale d’apprentissage au minimum de 1000 € par année de formation.
Source : Service Public Pro - septembre 2015

Retour d'expérience

Point de vue de Christophe Orain, responsable d’atelier à la cuma du Sillon à Campbon et tuteur
Lorsque le jeune est mineur, il n’effectue pas de trajet sur la route. On l’accompagne au champ. Puis on passe le temps qu’il faut avec l’apprenti ou le stagiaire sur la parcelle de l’agriculteur et avec lui en cabine, pour lui expliquer tous les réglages des matériels. Notre souhait est que le jeune passe partout. La première année d’apprentissage et lorsqu’il est encore mineur, il devra être régulièrement accompagné et sa contribution restera modeste. En troisième année, il sera beaucoup plus autonome d’autant plus qu’il est majeur. Jusqu’ici, nous n’avons pas été déçus de l’ensemble des apprentis et des stagiaires qui ont intégré la cuma. Celle-ci est maintenant bien connue par les établissements de formation et l’administration, pour accueillir des apprentis ou des stagiaires. On remarque que les jeunes sont plus attentifs et même parfois force de proposition pour tout ce qui relève de la sécurité, par exemple le port de lunettes de protection ou de masques anti-poussière. La cuma souhaite continuer ainsi à pouvoir former des jeunes. Et de mon côté, j’apprécie les formations que je suis amené à suivre en tant que tuteur.