Auberge paysanne d’Ally : une histoire de femmes

Valoriser les produits des exploitations tout en redonnant vie à un village, c'était le pari de l'auberge paysanne d'Ally en Haute-Loire. Aujourd’hui, 16 associés continuent à faire vivre ce projet.

L'auberge paysanne d'Ally en Haute-Loire.

Il y a 100 ans, Ally (Haute-Loire) était une plaque tournante entre la vallée et les monts d’Auvergne. Pas un mois sans une foire où se retrouvaient des centaines de personnes venues vendre ou acheter. A cette époque, le village comptait près de 800 habitants et une dizaine d’auberges. Dans les années 60, les foires ont disparu, les exploitations se sont agrandies, le nombre d’habitants est tombé à une centaine et les auberges ont fermé. « C’est une association de femmes, participant au Groupe de Vulgarisation Agricole local (GVA), qui a eu l’idée de faire renaitre une auberge » explique Marie-Paule Olagnol, agricultrice à la retraite et associée à l’histoire de l’auberge depuis près de 35 ans. « Elles savaient faire de la charcuterie et avaient envie de sortir de leurs fermes pour valoriser leurs produits autour d’une activité touristique. » Avec l’aide du GVA, elles créent un GIE. Elles louent une ancienne auberge et ouvrent uniquement le dimanche. « Peu de gens y croyaient mais ça a marché. Il y a eu des touristes et aussi pas mal de gens ayant quitté la région pour aller travailler ailleurs et qui revenaient vers leurs racines le temps d’un week-end. » Peu à peu, l’activité s’est développée par le bouche-à-oreilles. En 1974, le groupe achète un terrain dominant le village et construit l’auberge actuelle.

Investir pour durer

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Les produits transformés à l’atelier proviennent tous des exploitations des associés ou des communes environnantes.

Dans les années 90, le GIE se transforme en SARL et le nombre d’associés monte à 16. « Cela nous a permis d’accueillir des non-agriculteurs de la région à la recherche d’emploi. » C’est aussi l’époque de la mise aux normes. Pour cela, il y a eu la construction d’un atelier de transformation pour toute la charcuterie ainsi que des séchoirs pour les jambons et les saucissons. « C’était un investissement important et il fallait rentabiliser l’outil. On a donc raisonné plus économiquement, en chefs d’entreprise. » La décision a été prise d’ouvrir plus souvent l’auberge et notamment tous les jours de juillet-août. « Nous faisons aussi des marchés dans la région chaque semaine et quelques foires. Nous sommes en train de développer une activité buffet pour les fêtes d’entreprises ou les événements familiaux, et nous allons nous atteler à développer notre site internet pour la vente par correspondance. » Tous les membres du groupe sont rémunérés en fonction des heures réalisées à l’auberge ou dans l’atelier de transformation, « ce qui représente tout de même un complément de revenu pour les exploitations. »

Renouveler le groupe ou disparaître

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Marie-Paule Olagnol : « Pour que l’auberge continue, nous devons trouver de nouveaux associés. »

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Aujourd’hui, 16 associés provenant de 10 familles composent le groupe de l’auberge paysanne d’Ally.

Aujourd’hui, l’auberge a 40 ans. « La contrainte de l’accueil touristique couplé avec une activité agricole est importante. Nous avons la chance d’être un groupe et c’est pour cela que le concept perdure. Chacun fait des efforts et nous avons tous le même objectif : que l’auberge continue. » Pourtant d’ici 10 ans,  le groupe devra être en grande partie renouvelé car de nombreux départs à la retraite s’annoncent. La quête de nouveaux associés est engagée depuis déjà quelques années. « Nous sommes très attachés au développement local. Nous souhaiterions trouver des personnes qui habitent dans la région. » Chez les exploitants fraîchement installés, on ne se bouscule pas pour s’engager. « Les jeunes n’ont plus le temps de quitter leurs exploitations, ils sont trop pris par leurs productions et sont beaucoup plus individualistes qu’avant. » Pour la survie de l’auberge d’Ally, le compte à rebours est lancé.

 

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