En chantier complet sur les betteraves

En région
Semoir et tracteur de la Cuma de Belloy-sur-Somme.

Semoir et tracteur de la cuma de Belloy-sur-Somme.

23/05/2017 - 09:04

La cuma de Belloy-sur-Somme réfléchit son chantier betterave pour le gérer du semis à la récolte. Après l’arrivée du tracteur avec guidage RTK, elle a investi dans une «petite » intégrale.

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A bientôt 35 ans, la cuma de Belloy-sur-Somme, créée en 1984, a vu passer plusieurs générations d’agriculteurs. Les 7 fondateurs sont aujourd’hui en retraite, mais les exploitations de polyculture-élevage ont toutes été reprises. La section betteraves de la cuma compte aujourd’hui un peu moins de 400 hectares de chantier pour une vingtaine d’exploitations adhérentes. «Certains sèment eux-mêmes et arrachent avec la cuma ou inversement», explique Domice d’Hautefeuille, jeune adhérent.

Il y a 20 ans, la cuma travaillait en chantier complet pour les betteraves. En se rapprochant des prix pratiqués par les entrepreneurs pour l’arrachage et avec le départ en retraite du chauffeur en 2009, la cuma s’est tournée vers un entrepreneur. Mais en 2015, la question d’arracher à nouveau en investissant dans une machine est revenue sur le tapis.

«La maîtrise du chantier en fonction des besoins des adhérents, l’indépendance vis-à-vis de l’entreprise et le besoin de qualité grandissant avec l’augmentation des surfaces en 2017» ont mis en marche la réflexion. «Il y avait aussi l’idée de remédier au problème de tassement des sols tout en restant sur des tarifs compétitifs», précise Domice. Un argument mis en avant par 70% des adhérents, «même s’il y a toujours des sceptiques».

Repartir sur un chantier complet

«D’un point de vue agronomique, on a d’abord regardé du côté d’un chantier décomposé, mais le débit était moins bon, pour une différence de coûts pas significative», raconte Vincent Lepers. Le vice-président de la cuma, ainsi que trois autres adhérents, ont été moteurs sur le sujet. La décision a finalement été prise d’investir dans une petite intégrale «légère» d’occasion (révisée avec 900 heures): la Vervaet 617.

A 19 sur l’arracheuse pour une surface de 370 ha, le groupe espère être à un coût en-dessous du prévisionnel, établi à 220 €/ha, contre environ 245 €/ha en entreprise. En 2017, le groupe a réalisé de gros investissements. En plus de l’arracheuse, un semoir Monosem repliable avec disque ouvreur et un tracteur équipé du guidage RTK sont venus gonfler le parc matériel de la section.

La cuma a opté pour une petite intégrale légère, la Vervaet 617.

La cuma a opté pour une petite intégrale légère, la Vervaet 617.

S’engager dès la première année

«Le projet a été mûrement réfléchi (voir ci-dessous). On a cherché des références dans d’autres cuma et chez des entrepreneurs», raconte Vincent Lepers, qui appuie: «on n’a forcé personne, chacun est venu en connaissance de cause». Pour les moteurs de ce projet, il est important que les gens s’engagent dès la première année». Il faut que tout le monde prenne le même risque, c’est la clé pour qu’une cuma soit active.

Il a été décidé que les parts sociales seraient déterminées en fonction du tonnage de chaque exploitation engagée auprès de la sucrerie, contrat à l’appui. «Il faut être le plus carré possible quand l’engagement se réfère à des coûts aussi importants que l’investissement dans une arracheuse», confirme Vincent Lepers. L’autre clé de la réussite réside dans l’efficacité de la machine au moment de l’arrachage.

«Les bennes doivent être en bout de champs pour de ne pas perdre de temps.» Autrement dit : pas de livraison au silo. «Il faut que ça tourne quand les conditions sont là; c’est le levier pour baisser les coûts», tranche le vice-président. La sucrerie effectue de son côté un planning de livraison pour tous les adhérents de la cuma car elle est consciente que «tout le monde doit marcher ensemble».

Projet mûrement réfléchi cuma hauts-de-france spécial départemental«Pendant les réunions d’hiver, afin d’impliquer tout le monde, on demande s’il y a des besoins et on les étudie », explique Vincent Lepers. Même si le nerf de la guerre demeure le coût des projets, le bureau de la cuma de Belloy-sur-Somme observe que «l’esprit cuma rentre de plus en plus chez les adhérents». La qualité du travail et des services rendus est saluée par l’ensemble des cumistes. «C’est motivant de voir des gens qui veulent repartir vers du travail en commun» souffle le vice-président. Pour 2018, un projet de bineuse autoguidée se dessine.


Laurent Carpentier, animateur secteur Picardie.

Laurent Carpentier, animateur secteur Picardie.

Avis de Laurent Carpentier, animateur secteur Picardie.

Mon rôle a consisté à rassurer la cuma sur les aspects économiques : calcul de la durée d’amortissement, estimation du prix de revient, définition du plan de financement, simulation de l’évolution de la trésorerie. Plus que calculer, l’animateur doit expliquer ce qui rend possible l’investissement.

Il est important que les responsables s’approprient les logiques économiques rendant possible le projet afin d’être, le cas échéant, en capacité de les présenter aux adhérents. Les responsables de la Cuma de Belloy ont compris pourquoi les conditions habituelles d’emprunt ne leur étaient pas adaptées. Ils ont donc négocié et obtenu de leur banque une durée d’emprunt plus longue et un remboursement anticipé du capital lors du renouvellement de l’arracheuse.

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