Epandage à la buse? T’abuses?

En région
cuma épandage, débat dans le Finistère

Lors de son AG, la fdcuma du Finistère a planché sur l'épandage de lisier et accueilli deux nouveaux administrateurs: Philippe le Hir (2e à gauche) et Guy Kergoat (à droite).

04/02/2019 - 13:49

Le thème, lancé depuis l’estrade de l’AG de la fédération des cuma du Finistère, était un brin provoquant. L’organisation a mis l’accent sur ce qui se profile en termes de réglementation pour les cuma épandage, avec un impact sur la technique, plus positif qu’on ne le croit.

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Les deux cuma, invitées à témoigner sur le sujet ce 1er février, ont pleinement joué leur rôle en démontrant toutes les difficultés que peuvent rencontrer les groupes pour abandonner leur «pelle». Car au moment de l’investissement, ses alternatives représentent un surcoût certain. A la cuma des Genêts, la rampe pendillards 18m qui équipe la nouvelle tonne 21 m3 a plombé l’investissement de plus de 25.000 €. Face à la peur de bouchage des tuyaux avec des lisiers pailleux, le représentant de la cuma, située à Rédéné, précise dans sa présentation que la solution «buse palette» reste possible. Pour les adhérents, le changement d’équipement se traduit par une hausse du coût du matériel, qui passe de 0,55 €/m3 à 1,35 €/m3 pour un travail avec pendillards (0,95 €/m3 sans la rampe).

Hervé Masserot au micro

Hervé Masserot est venu présenter des éléments chiffrés sur l’épandage avec pendillards et enfouisseurs.

La cuma de Pleyber-Christ illustre, s’il le fallait, que cette question du tarif est sensible, «malgré les investissements, nous souhaitons conserver le tarif à son niveau actuel de 0,60 €/m3». Ici, l’équation intègre un atout de taille pour réussir la prouesse. En 4 ans, l’activité du parc de 3 véhicules est passée de 25.000 à 40.000 m3. Toujours est-il que la loi Prepa en cours de construction et qui devrait signifier un terme à l’utilisation des «pelles», amène son lot d’inquiétudes et d’interrogations. Le président de la fdcuma du Finistère, Ronan Le Bourhis, réagit, en partageant sa propre expérience: «Dans notre cuma, nous en sommes à la troisième tonne avec pendillards et, aujourd’hui, les adhérents la prennent naturellement, pour faire des économies d’azote et pour son débit de chantier.»

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Valoriser son lisier

Hervé Masserot, conseiller machinisme du réseau des cuma, confirme: «Epandre à 12°C à la buse palette, c’est environ 40% d’azote ammoniacale perdue.» L’expert souligne que dans le même contexte, un dispositif enfouisseur réduira ce ratio à 3%, avant d’insister: «Quand on passe à 20°C, c’est 80% de pertes.» Ainsi, il conclut le débat avec un exemple de calcul du coût total de l’épandage qui additionne le coût du chantier (investissement, travail…) et les pertes économiques des unités d’azote volatilisées. Pour la même tonne, la modalité «buse palette» est celle qui ressort au coût le plus élevé face à la rampe pendillards 15m ou l’enfouisseur à disques 4m. Dans ces conditions, rester avec sa buse semble bel et bien être «abusé».

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