La désileuse ne fait pas de vieux os en cuma

Sur le terrain
Le groupe des responsables de cuma devant la désileuse.

Dans la cour de la ferme du lycée, la nouvelle automotrice de la cuma du Mesnil a été un support pour illustrer les propos.

16/09/2016 - 10:26

Désileuse en cuma: matériel complexe et qui doit impérativement être en état de fonctionnement tous les jours, toute l’année. La solution que les groupes privilégient le plus souvent est de la renouveler rapidement.

Partagez cet article: La désileuse ne fait pas de vieux os en cuma

Et elle coûte cher. Réunis au lycée agricole de Vire (14) pour une première rencontre régionale, les responsables de cuma de désilage en Basse-Normandie ont largement échangé sur la question du renouvellement de leur matériel. Le cas de la cuma locale a servi d’exemple puisque la Lucas de 18m3 garée dans la cour n’a été mise en service que cette année, en remplacement d’une machine âgée de 5ans et de moins de 4.000heures, seuil auquel les frais d’entretien augmentent significativement.

Sécurités indispensables car pannes interdites

Avril 2009, avec un lait «à 210€/1.000l, nous étions au fond du trou.» James Louvet se souvient de la situation qui a mis sur les rails son groupe de désilage. L’activité démarre en 2011 pour la cuma du Mesnil, soit «deux ans de travail jusqu’à la livraison de la machine», une Storti de 175ch financée grâce à un emprunt courant sur 9ans et qui a donc été remplacée avant la fin du remboursement. La situation est loin d’être inédite pour les cuma de désilage. Elles ne peuvent se permettre de compter sur un outil très exposé au risque de panne. Avant d’avoir à engager des frais conséquents de maintenance, beaucoup font le choix d’investir dans un engin neuf. Ainsi, les conseillers de la fédération des cuma relèvent un âge moyen à la réforme de l’ordre de 3,5 à 4ans pour les distributrices partagées dans la région.

La désileuse Lucas 18m3 de la cuma du Mesnil.

James Louvet (en chemisette bleue) et Valery Jacqueline (à sa droite) ont présenté leur groupe qui, après 5 ans de fonctionnement, a changé son outil de travail.

Un service noté 5 sur 5

Après 5 ans de vie, le groupe tire un premier bilan que James Louvet résume par: «Nous étions 5 élevages au départ», et après le renouvellement qui engage les adhérents pour 5 nouveaux exercices, «nous sommes toujours tous les 5».

S’ils ont choisi cette machine, au-delà des contraintes de gabarit ou de côté de distribution, c’est parce qu’ils ont eu un coup de foudre lors de la démonstration. James Louvet et Valery Jacqueline, autre éleveur du groupe, lui concèdent pourtant quelques défauts: «On est un peu moins propre qu’avant en haut et en bas du silo»; avec une puissance accrue, la consommation a augmenté, de l’ordre de 2l/h, tandis que la visibilité depuis le poste de conduite semble aussi un peu moins bonne. Mais «les chauffeurs ont pris leurs marques», aussi pour s’habituer au véhicule à quatre roues directrices. Après 6 mois de service, les usagers n’émettent pas de regret.

Prix à débattre

Comme les autres responsables autour de la table, les adhérents de la cuma du Mesnil constatent que le billet à céder en contrepartie d’une machine neuve, homologuée pour rouler à 40km/h, enfle. Á l’arrivée, l’investissement leur est revenu à environ 100.000€ (reprise de l’ancienne automotrice déduite) alors que les premières propositions qui leur avaient été faites dépassaient largement 120.000€. «Il faut absolument faire jouer la concurrence», s’accordent à dire les éleveurs concernés par un renouvellement de désileuse.

Les groupes discutent

Chaque responsable de cuma présent a pu décrire son groupe et ses originalités, en précisant où celui-ci en était par rapport au sujet du renouvellement des machines. Beaucoup songent déjà au prochain achat qu’ils auront à faire.

Le groupe désilage de la cuma du Mesnil
L’EARL de Bény, le Gaec Louvet, l’EPLEFPA de Vire, le Gaec Jacqueline et l’EARL Gournay composent le groupe de la cuma du Mesnil. L’ensemble des 5 élevages produisait 1,8Ml en 2011, produit 2,3Ml en 2015 et prévoit 2,6Ml à l’horizon 2019. Le coût moyen facturé de la prestation est de l’ordre de 20€/1.000l. Il inclut le chauffeur, les adhérents ne touchant jamais le volant, et est supérieur à la moyenne constatée dans la région (16,55€/1.000l).
Publicité
Simple Share Buttons