Les effluents sont une ressource à valoriser sur le maïs

Fourrages
Chantier d'épendage du fumier en Maine-et-Loire

Les effluents d’élevage s’avèrent précieux pour maîtriser les charges de fertilisation du maïs fourrage (©Gérard Poujol).

28/03/2018 - 16:22

Les effluents d’élevage peuvent couvrir de 30 à 80 % des besoins en fertilisants du maïs fourrage. Dans un contexte où la recherche de la compétitivité est au cœur des préoccupations des éleveurs, ils sont une ressource précieuse à valoriser, à bon escient.

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Le maïs est une culture particulièrement intéressante pour valoriser les engrais de ferme. Plus de 80% des parcelles de maïs fourrage reçoivent une fumure organique. Il convient néanmoins de rappeler quelques principes d’ajustement de la fertilisation. Les besoins en azote du maïs s’expriment essentiellement de la mi-juin à fin août et peuvent être satisfaits en grande partie par l’azote des engrais de ferme apportés avant le semis. Il en est de même des besoins en phosphore et en potassium.

Les apports répétés modifient les fournitures par minéralisation, à long terme

Tous types d’engrais de ferme peuvent être épandus avant une culture de maïs à condition de respecter les périodes conseillées pour l’épandage de chaque produit et de respecter la réglementation. La principale contrainte est, naturellement, de ne pas apporter de doses d’engrais de ferme fournissant des quantités d’azote minéral supérieures aux besoins du maïs qui suit. Les effets des engrais de ferme l’année de l’apport dépendent du type d’effluent et de la date d’épandage. Ainsi, l’azote apporté par un fumier de bovins épandu au printemps est valorisé à 30% par le maïs et les effets constatés l’année suivante sont faibles mais, sur le long terme, les apports répétés d’engrais de ferme modifient la teneur en matière organique et, par conséquent, les fournitures d’azote par la minéralisation du sol. Pour le phosphore et le potassium, l’apport des engrais de ferme peut se substituer parfois en totalité à l’apport par les engrais minéraux.

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Source : Arvalis.

Dans la plupart des situations, la gestion des engrais de ferme sur maïs pourra se faire comme suit: apport d’une dose d’engrais de ferme satisfaisant les besoins en phosphore et en potassium du maïs puis si besoin, épandage d’engrais minéral azoté en complément. Pour l’azote et le phosphore, il faut aussi prendre en compte les quantités d’éléments apportés par une éventuelle fumure starter. Et dans le cas d’un précédent prairie: pas d’apport d’engrais de ferme!

A titre d’exemple, un apport de 25 à 30t de fumier de bovin pourra couvrir les besoins en phosphore et en potasse d’un maïs fourrage à 15tMS/ha. Un complément d’azote devra être apporté sous forme minérale.

Des stratégies différentes selon la nature des effluents organiques


•Apporter les fumiers frais pailleux se fait au moins deux mois avant l’implantation du maïs. La remobilisation de l’azote du sol mis en jeu par la dégradation du fumier frais épandu trop près du semis peut nuire à l’installation et à la croissance du maïs (phénomène de «faim d’azote»).
•Les fientes, les fumiers stockés de volailles, les lisiers de bovins, les lisiers de porcs et les lisiers de volailles s’appliquent le plus près possible du semis, voire après le semis (lisier de porcs ou de volaille sur maïs). Le lisier apporté au stade 6-8 feuilles est très bien valorisé par le maïs. Afin de limiter les pertes d’azote par volatilisation, il est préconisé de réaliser l’intervention en évitant les conditions favorables au phénomène (temps venté et chaud, sol sec). Un enfouissement, par exemple par binage, doit être réalisé rapidement (dans les 2 ou 3h), le mieux étant une injection directe dans l’inter-rang.
Bertrand Carpentier et Michel Moquet (Arvalis)
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