Répondre au manque de main d’oeuvre

L’assemblée générale de la fdcuma de l'Indre du 20 novembre a consacré ses débats au développement de l’emploi partagé face au manque de main-d’œuvre qui accable de plus en d’exploitations agricoles, notamment en élevage.

Les cuma de l’Indre en assemblée générale le 20 novembre ont planché sur l’emploi partagé après avoir passé en revue les activités déployées par le réseau cuma en 2019.

A défaut de pouvoir créer seul un emploi à plein temps sur son exploitation, il est possible de se grouper pour embaucher. C’est le cas du groupement d’employeurs du Ptit’ bonheur qui rassemble 7 agriculteurs du côté de Parnac.

Ce type d’organisation pourrait se développer à l’avenir car elle permet de pallier la quantité importante de travail sur les exploitations. Cette solution offre aussi l’opportunité de sécuriser l’exploitation en cas d’absence de l’exploitant. Et ceci, grâce à la présence d’un salarié qui connaît suffisamment les lieux: troupeau, parcelles, bâtiments, matériels.

La formule du groupement d’employeurs (GE) peut également être déclinée au sein d’une cuma. Ainsi en a témoigné Bernard Maillet de la cuma des Ronces qui est employeur. Cette cuma met à disposition son salarié à une cuma adhérente. Ses missions: conduite de la débroussailleuse, entretien courant des matériels de la cuma et intervention ponctuelle dans les exploitations adhérentes.

Des charges d’entretien du matériel qui diminuent

A la clé, des charges d’entretien et de réparation du matériel qui ont diminué dans la cuma! De son côté, Benoît Charbonnier de la cuma du Chêne a relaté son expérience d’employeur via le service de remplacement. L’un des salariés est détaché au service d’un groupe de sept exploitations. «Certes, l’élaboration du planning n’est pas toujours facile mais nous sommes satisfaits du travail effectué par le salarié. Il a d’abord été stagiaire avant que nous l’embauchions en CDI. En quelque sorte, c’est nous qui l’avons formé! D’autre part, toutes les démarches administratives sont assurées par le service de remplacement.» 

Trouver le salarié qui convient n’est pas toujours une sinécure cependant… La cuma des Ronces a essuyé un échec avant de trouver le bon profil. «Nous ne sommes pas formés pour recruter», relate son trésorier.

« Pas formés à recruter »

Un point de vue sur lequel Michel Lhéritier, responsable formation à la chambre d’agriculture, est revenu. Il a détaillé les pré-requis au lancement d’un recrutement: définition du temps et des conditions de travail proposées, compétences recherchées, règles communes de fonctionnement dans le groupe, fiche de poste, classification de l’emploi dans la convention collective…

Quand le salarié est en poste, l’employeur doit veiller aussi à préserver des relations sereines, évaluer l’exécution du travail, expliquer la raison des tâches à effectuer. Il doit donner du sens au travail du salarié. «Je ne lui fais pas faire les choses que je n’aime pas faire moi-même», explique ainsi Benoît Charbonnier.

Dernier élément encourageant pour embaucher, individuellement ou collectivement: la possibilité de prétendre à un crédit d’impôt de 50% du coût du salarié (maximum de 14 jours par an). Dans les cas où l’agriculteur quitte l’exploitation pour assurer des responsabilités professionnelles, en cas de maladie ou pour simplement partir quelques jours en vacances…

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