« Depuis février 2025, l’épandage du lisier et du digestat s’effectue désormais à l’aide de trois tonnes de 21 000 l, explique Damien Hautière, salarié des cuma de Trégueux et du Gouet. Ces deux structures sont actuellement en cours de fusion. L’achat de la troisième machine s’est imposé avec l’arrivée d’une seconde unité de méthanisation dans le groupe, portant le volume annuel épandu à près de 80 000 m³ ».
Une rampe de 27 mètres et des pneus de 800 mm

La rampe de 27 mètres dispose de deux broyeurs répartiteurs. (©Michel Portier)
La nouvelle Mauguin Citagri Tornade se distingue par ses pneumatiques 800/65 R32, d’un diamètre de 1,85 m et de 800 mm de large. Sa cuve rallongée (11 m), de faible diamètre (1,90 m), autorise le montage d’un long bras tourelle et d’une rampe à pendillards Vogelsang de 27 m, envergure habituellement réservée aux plus grosses et coûteuses machines à trois essieux. Cette largeur correspond à celle des pulvérisateurs utilisés par le nouvel adhérent méthaniseur et par un éleveur de porc. « Nous avons épandu 180 ha à la largeur maximale. Pour les autres adhérents, qui apportent du lisier de porc sur céréales, nous travaillons en 24 ou 21 m », précise le salarié.
Attelée à un Fendt 826 doté d’un système de télégonflage, la tonne bénéficie d’une bonne portance. « L’idéal serait d’avoir aussi le télégonflage sur la tonne, mais le coût reste élevé. Malgré tout, avec ses pneus larges gonflés à 3 bars, elle marque nettement moins le sol que les deux autres tonnes montées en 710 mm. Nous valorisons ainsi au maximum la courte fenêtre d’intervention pour passer dans les cultures la première quinzaine de mars. »
Épandage lisier et digestat : le chantier décomposé privilégié
Pour tirer le meilleur parti de ce nouvel outil, les cuma privilégient désormais le chantier décomposé lorsque les conditions sont réunies. « Nous louons un caisson de transfert, et les deux autres tonnes assurent le transport.
Selon la distance, nous faisons parfois appel à une troisième tonne routière en prestation. Cette organisation nous permet d’atteindre un débit de 700 à 800 m³/jour avec une distance de plus d’une heure au tour, pour un coût de 5 €/m³ », détaille Damien Hautière.
Des valeurs obtenues en roulant entre 4 et 4,5 km/h pour appliquer une dose de 25 à 30 m³/ha. « À cette allure, la rampe suit parfaitement les dénivellations grâce à son système de compensation de dévers. Et dans les pointes, la coupure de demi-rampe limite les surdosages. »
Un pompage hybride et deux broyeurs
Afin de garantir un débit uniforme à la sortie de chaque pendillard, la rampe dispose de deux broyeurs répartiteurs. Chacun alimentant une demi-largeur. « Le tracteur manquait de débit hydraulique pour entraîner efficacement les broyeurs. Le constructeur a corrigé cela en ajoutant une pompe hydraulique embarquée », indique le salarié.
L’association d’un compresseur à lobes et d’une turbine assure par ailleurs un bon transfert du lisier de la tonne à la rampe, tout en améliorant le remplissage : « la tonne se charge en seulement deux minutes trente. Le grand bras de pompage de 11 mètres à trois articulations facilite le transfert avec les tonnes ravitailleuses et permet de vider les fosses les plus profondes. »
Un enfouisseur à disques pour limiter les pertes

L’enfouisseur à disques indépendants de 6 m génère beaucoup de poids sur l’arrière de la machine, au détriment du report de charge sur le tracteur. (©Michel Portier)
Pour les épandages réalisés avant l’implantation du seigle et des maïs, les cuma se sont récemment équipées d’un enfouisseur à disques indépendants de 6 m. Limitant ainsi les pertes par volatilisation.
« C’est aussi un moyen d’éviter les nuisances de voisinage et de gagner du temps avant de revenir sur la parcelle », ajoute Damien Hautière.
Plus tirant, cet équipement autorise un débit de 60 m³/h en roulant à 10 km/h. Affichant un poids de 3,3 t, équivalent à celui de la rampe, ce déchaumeur met en évidence la principale contrainte de cette longue tonne. « Même sans rouleau, lorsqu’il est relevé, son important porte-à-faux supprime le report de charge sur l’essieu arrière du tracteur. Ce phénomène est moins marqué avec la rampe, mais il faut rester vigilant. Heureusement, la tonne dispose d’une cloison de report de charge et d’une double vidange, très utiles dans les parcelles en pente. »
En chiffres
- 2 cuma en cours de fusion
- 5 salariés
- 3 tonnes à lisier de 21 000 l
- 80 000 m³/an de lisier et digestat épandus
- 700 à 800 m³/j épandus sur céréales en chantier décomposé pour un coût de 5 €/m³
- 250 000 € pour la dernière tonne équipé de la rampe de 27 m
- 46 000 € pour l’enfouisseur à disques indépendants de 6 m
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