Dans le Tarn, les projets invitent à l’optimisme

L’année 2021 sera riche en essais et journées techniques dans le Tarn, a-t-on appris lors de l'AG de la fédération. Au programme: du robot, de la fenaison et de l’agroécologie. La fédération avait présenté auparavant les lauréats de son Challenge cuma.

45 personnes étaient réunies ce 1er mars pour découvrir non loin d'Albi le robot Bakus de Vitibot.

Dans le Tarn le 18 février dernier, la fédération des cuma a présenté ses objectifs et projets pour 2021 à l’occasion de son assemblée générale. Organisée en visioconférence, le président Emile Fabriès est revenu sur l’engagement de ses équipes durant l’année 2020 pour accompagner les cuma malgré le contexte sanitaire.

« C’est difficile de faire un constat sur l’impact de la crise » relève t-il en ajoutant qu’à l’avenir « la visioconférence est un bon moyen pour rester en contact ». Néanmoins, bien conscient des réalités, il insiste sur l’importance de renforcer l’animation des cuma. « C’est autant plus d’actualité pour mettre du lien avec les agriculteurs, maintenir, entretenir et développer la dynamique de l’agriculture ».

Trois jours d’essai robot

Au-delà de ce constat, la programmation technique de la fédération donne du dynamisme. D’un point de vue technique, trois temps forts viendront rythmés l’année. L’équipe de professionnels prévoit d’organiser au printemps un suivi de chantier sur le désherbage mécanique avec la chambre d’agriculture concernant les bineuses, herses et houes rotatives. L’objectif, suivre leur utilisation et faire une restitution à l’autonome aux agriculteurs.

Bakus, robot viticole

Côté nouvelles technologies, un essai sur trois jours du robot viticole Bakus est prévu en juin. Il complète une première démonstration de présentation organisée le 1er mars sur le domaine Labarthe à Castanet. Il a mobilisé 45 viticulteurs curieux de découvrir l’un des successeurs du tracteur.

Enfin d’autres journées et sessions d’informations seront organisées au cours de l’année sur la mise en place et l’entretien des clôtures, les faucheuses andaineuse, l’entretien des praires, etc.

Les lauréats du Challenge cuma

Pour la quinzième année consécutive, le Challenge cuma a été mis en place par la Caisse Régionale de Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées, en partenariat avec la Fédération Départementale des cuma du Tarn, pour récompenser des projets et réalisations concrets et innovants portés par les cuma du département.

Des initiatives qui permettent de visualiser concrètement la dynamique des cuma du Tarn.

Du froid pour valoriser l’ail

Depuis sa création en 2003, la cuma du Lautrécois a développé des activités pour le travail du sol et la culture de l’ail. Au fil des ans, une demande plus axée sur le conditionnement et son appui technique est apparue. C’est une démarche de groupe ambitieuse qui se met en place en place dès 2018.

Dans sa démarche, le groupe s’est appuyé sur les compétences de quelques adhérents pratiquant la technique du froid depuis une dizaine d’années.

Aussi, c’est dans un contexte commercial tendu, ou la qualité est de mise et les créneaux de vente courts, que la cuma décide de mettre en œuvre une chambre froide collective à proximité de la zone de séchage afin de gagner en efficacité, en temps de travail, et en autonomie.

En 2020, la cuma agrandit un premier hangar pour loger les matériels et installer des tours de séchage supplémentaires et construit un second hangar qui accueille une chambre froide collective d’une capacité de 800 palox soit environ 650 tonnes d’ail mises au froid qui sera couvert de panneaux photovoltaïques.

Inauguration des chambres froides de la cuma de Lautrec pour la conservation de l’ail.

A lire sur ce sujet: « Une chambre froide collective de 200m² pour l’ail du Lautrecois »

Création d’un premier service complet

En 2020, la cuma d’Andouque crée son 1er service complet en achetant une presse enrubanneuse pour 9 adhérents.

La presse est tractée par le tracteur de la cuma et conduite par un jeune salarié en Tesa pour 70 heures. 1450 balles ont été réalisées pour la première campagne ( pour 1100 engagées).

En 2021, les 2 responsables d’activité entrevoient déjà 1600 à 1700 balles.

Cette combinaison (1 chauffeur-1 tracteur- 1 activité) a permis aux adhérents de gagner du temps, de diminuer le stress et d’améliorer la qualité des fourrages : sitôt pressés, sitôt emballés.

Convaincus des avantages du service complet, les responsables l’envisagent pour d’autres activités.

En 2020, la cuma d’Andouque crée son 1er service complet en achetant une presse enrubanneuse pour 9 adhérents.

A lire sur ce sujet: « Gain d’efficacité: le service complet à moins de 3€/h »

Embauche d’un salarié

Accompagnée par la Fdcuma dans sa réflexion, la Cuma de Cabanes franchit le cap en 2020 en embauchant un salarié pour 100h mensuelles.

Ce dernier répond aux besoins des adhérents pour de la mise à disposition et de l’entretien de matériel ; et de la cuma pour l’entretien-réparation des matériels, l’organisation et le suivi des chantiers et la conduite des outils en service complet.

La cuma est d’ailleurs passée de la location à l’achat de son premier télescopique en 2020, proposé du coup en service complet.

Face à l’augmentation des besoins et à la satisfaction du groupe, la cuma passe le salarié à 130 heures par mois en janvier 2021. De plus, elle envisage à moyen terme une embauche à temps plein.

En 2020, la cuma de Cabanes franchit le cap en 2020 en embauchant un salarié pour 100h mensuelles.

A lire sur ce sujet, le dossier « Emploi en cuma, mode d’emploi »

Deux hangars en construction pour une cuma

Depuis quelques années, la cuma de Castelnau de Brassac louait un bâtiment situé dans le village à un agriculteur retraité. L’exploitation de ce dernier vient d’être vendue. La Cuma devait donc trouver une alternative à cette nouvelle situation. Avoir des outils à l’abri avec un lieu de remisage centralisé et commun était le principal objectif.

La cuma a pu acheter un terrain de 65 ares à un de ses adhérents. Situé au centre géographique de l’activité de la cuma, 2 hangars sont en cours de construction. D’une part un hangar de 320 m² qui va abriter les matériels portés. D’autre part un hangar photovoltaïque de 600 m² construit avec un tiers investisseur pour le remisage de tous les matériels trainés et les remorques

Ensuite, forte de cette dynamique, la cuma a également créé une activité semis direct. Cette dernière rassemble 7 adhérents pour 100 ha. Ainsi la cuma confirme son rôle essentiel dans l’agriculture locale.

A lire sur ce sujet : Un hangar pratique à coût réduit.

Une reprise en main qui porte ses fruits

La nouvelle équipe mise en place en 2018 a déployé beaucoup d’énergie pour remettre la cuma de Fauch sur pied. Après 10 ans de latence, une nouvelle dynamique s’amorce, avec des projets qui se concrétisent et de la bonne entente.

Pari gagné pour cette équipe volontaire et mobilisée. Avec des responsables qui suivent les projets et leur concrétisation, la cuma a reconstitué un parc matériel. Tout d’abord, l’épandeur et le télescopique en 2018. Puis en 2019 une remorque plateau et un pulvérisateur. Enfin, le renouvellement du broyeur en 2020 avec l’accueil de 2 nouveaux adhérents.

Ainsi la nouvelle équipe atteint ses premiers objectifs : rajeunir le parc matériel et assainir le poste créances. Mais aussi remobiliser les adhérents sur les bases du fonctionnement cuma.

A lire: « Des baby-boomers aux générations X, Y et Z »

Premier groupe tracteur

En 2018, un bon nombre des administrateurs est renouvelé avec l’arrivée de jeunes au sein du bureau de la cuma de Labastide de Levis. Ces jeunes sont des amis d’enfance. Ils se retrouvent sur des activités de loisirs : foot, comité des fêtes. En outre, une dynamique s’installe avec l’expression de nouveaux besoins en traction et en matériel spécifique vigne.

Avec les tracteurs personnels (80 ch), les exploitations manquent de puissance pour certains travaux. Il devient impératif de diminuer le temps de travail et de ne pas augmenter les charges de mécanisation sur les exploitations. De plus, la mutualisation de cet outil a une portée économique, technique et sociale. Le président et le trésorier en sont convaincus et poussent ainsi à la création du groupe tracteur.

Finalement, le groupe expérimente depuis juillet 2020 le partage du tracteur acheté d’occasion pour 300 heures engagées. Utilisé pour les travaux d’automne 2020, le tracteur a déjà fait 200 heures. Le groupe se donne deux campagnes pour faire le bilan. Si les heures et le nombre d’adhérents augmentent le renouvellement par un tracteur neuf pourrait être envisagé.

A la cuma de Labastide de Lévis, le groupe expérimente depuis juillet 2020 le partage du tracteur.

A lire également: « Le groupe « tracteurs », moteur de développement »

5 nouveaux matériels en un an!

Par ailleurs, fin 2018, plusieurs projets émergent à la cuma de Saint-Cirgue. Les responsables de chaque branche d’activité s’impliquent avec les membres du bureau dans l’organisation de réunions. Ils multiplient les contacts téléphoniques et les SMS pour être au plus près des besoins des adhérents. Résultat : 2 épandeurs renouvelés équipés du système DPAE avec gestion de dosage en t/ha et l’accueil de 4 nouveaux adhérents.

En complément, le groupe a aussi renouvelé la presse balles carrées après 13 campagnes sans que le coût augmente. Une satisfaction pour les 4 adhérents. Enfin, dans le même temps, la cuma créé une activité bineuse pour supprimer le désherbage chimique chez 7 adhérents et une remorque plateau pour limiter le temps de transport de 5 exploitations.

Ainsi, pour chacun des projets, les responsables de la cuma de Saint-Cirgue ont tenu leurs 3 objectifs. Premièrement, améliorer les conditions de travail des adhérents par la qualité des services. Deuxièmement baisser les coûts de production en diminuants notamment les intrants. Troisièmement renforcer le lien social en permettant aux adhérents de se rencontrer et d’échanger.

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