Formation aux règles de sécurité sur le terrain

C’est l’une des manières les plus concrètes de se former à la sécurité au long de son parcours professionnel: le terrain. Exemple à la cuma de l’Abergement-Clémenciat, dans l’Ain, qui accueillait fin 2019 une journée dédiée aux questions de sécurité, à destination des employeurs en cuma et de leurs salariés.

Le groupe de participants composé de plusieurs représentants de cuma qui emploient des salariés.

Préparation aux travaux physiques, procédures de chantier, protections individuelles, prévention des chutes, rappel des règles de circulation: voici quelques uns des thèmes abordés. Une journée d’information initiée par la fédération des cuma de l’Ain et animée par Estelle Leibundgut du service ‘Santé et Sécurité au Travail’ de la MSA Ain-Rhône.

«L’évaluation et la prévention des risques est l’une des nombreuses thématiques abordées dans le plan annuel de formation, explique Nicolas Boinon, directeur de la fdcuma. Nous faisons en sorte de mettre en place des sessions mixtes, salariés et employeurs, pour instaurer un échange constructif entre eux. C’est un bon moyen de mieux impliquer les employés dans le bon fonctionnement de la cuma. Dans l’Ain, sur 190 cuma, 40 emploient des salariés».

Règles de sécurité - journée de formation dans l'Ain

Nicolas Clair (2e à dr.) expose à l’assemblée la façon dont procède la cuma de l’Abergement Clémenciat pour communiquer les procédures de chantiers, l’organisation du travail, etc

 

Se préparer

Cette journée s’est déroulée sur le site de la cuma de l’Abergement-Clémenciat qui emploie dix salariés. «Quand on est aussi nombreux, il est impératif d’observer une grande rigueur à tous les niveaux, sinon on prend des risques, a expliqué à l’assemblée Nicolas Clair, directeur de la cuma. Aussi, depuis quelques années, nous organisons en février une journée de préparation de la saison. Nous abordons chaque poste (fumier, lisier, semis, moisson, ensilage, fauche…) afin de développer une même technique de travail pour qu’il n’y ait pas de changement d’un chauffeur à l’autre» explique-t-il.

«Pour chaque chantier, nous détaillons le type de procédure: comment aborder une parcelle pour un semis de maïs, la profondeur, etc. Des consignes de travail sont données ainsi que la façon de fonctionner lorsque l’on intervient à plusieurs sur une parcelle pour l’ensilage par exemple. Nous sommes également très rigoureux sur l’entretien du matériel. Chaque chauffeur est responsable de son engin, qu’il veille à remettre en état. Chacun a ses propres outils.»

Au sein de la cuma de l’Abergement, les dirigeants misent sur la communication, le partage d’expériences, la transmission entre les plus expérimentés et les débutants. «La cuma a l’habitude de prendre des apprentis que l’on peut former à nos techniques de travail. Je m’appuie beaucoup sur les plus anciens pour qu’ils transmettent leurs connaissances et rappellent aux plus jeunes les règles de sécurité, le port des équipements de protection individuelle…, poursuit-il. Lors des interventions, ce sont les chauffeurs qui informent les adhérents de la façon dont le chantier va se dérouler. Ce sont aussi eux qui fixent le temps de travail. On a mis du temps pour imposer ce dernier point.»

Cet exposé a suscité beaucoup de réactions parmi les participants qui ont évoqué les procédures ‘attelage-dételage’. De l’avis de tous, ces procédures doivent être prises en charge par une seule personne, lorsque l’on travaille à plusieurs.

A propos du port des protections lors de la manipulation des produits phyto, la plupart ont reconnu que les règles de sécurité n’étaient pas forcément respectées. «J’ai trouvé que ces échanges étaient très riches et constructifs, a déclaré Nicolas Clair. D’habitude les réunions consacrées à la sécurité sont moins bien suivies».

Règles de sécurité - formation dans l'Ain

En visite dans l’atelier, (de g. à dr.) Estelle Leibundgut du service ‘Santé et Sécurité au Travail’ de la MSA Ain-Rhône, Nicolas Clair, directeur de la cuma de l’Abergement Clémenciat, et Nicolas Boinon, directeur de la fédération des cuma de l’Ain.

 

Ce qu’ils en pensent

Philippe Chaume, président de la cuma du Val de Saône de Chaleins, assistait pour la première fois à ce type de journée. «Nous venons d’embaucher un responsable mécanicien, nous avons donc assisté ensemble à cette réunion d’information. J’ai apprécié de voir abordées les règles de circulation des engins, la signalisation» déclare-t-il. «Le chapitre ‘visite médicale’ était très instructif aussi. Je suis président depuis trois ans et il faut que je vérifie si nos cinq salariés ont bien passé leurs visites. Désormais, nous allons prendre modèle sur la cuma de l’Abergement qui fixe un rendez-vous annuel.»

Il dit toutefois avoir regretté la brièveté de cette session d’information. «Les risques sont tellement nombreux ; j’aurais aimé que l’on puisse aller plus loin dans le détail et qu’il y ait une partie pratique. D’autre part, j’ai été surpris de la faible participation. Il n’y avait que cinq cuma représentées alors que c’est une période où l’on est un peu plus disponible. C’est dommage, car les échanges qui ont eu lieu étaient vraiment constructifs ; chacun a pu évoquer ses propres expériences et parler de ses pratiques ; c’est toujours très enrichissant.»

Benoit Perdrix, trésorier de la cuma de Foissiat, reconnaît que les règles de sécurité ne sont pas un sujet très mobilisateur. «C’est très important d’organiser une réunion pour évoquer les risques de sécurité, sinon on en parle que lorsqu’il y a un accident et c’est bien dommage. La présentation de divers risques et des solutions pour les prévenir est un moyen efficace pour faire prendre conscience du problème.»

Nouveau responsable mécanicien à la cuma du Val de Saône, Donovan Chanel a apprécié cette matinée d’information. «Je viens du secteur du BTP ; j’ai pu ainsi découvrir toutes les spécificités propres au monde agricole en termes de règles de circulation, de signalisation, de dimensions des convois…»

Jeune chauffeur de la cuma de Biziat, Florian Frendo a précisé que ce sont les responsables de la cuma qui l’ont encouragé à venir. « Pour ma part, cela m’a permis de bien me remettre en tête toutes les questions de longueurs et de largeurs des convois, toute la signalisation également, indique-il. Je suis également très intéressé par la formation aux premiers secours qui va être proposée par la fédération des cuma.».

Règles de sécurité - formation dans l'Ain

Ces réunions permettent à chacun de s’inspirer des méthodes de communication en vigueur chez les autres.

 

Santé et règles de sécurité: c’est simple et pour tout le monde

Les employeurs-agriculteurs sont responsables de la santé et de la sécurité de leurs salariés, mais aussi de la leur. Ces dossiers peuvent être traités de manière assez simple, a rappelé Estelle Leibundgut, du service ‘Santé et Sécurité au Travail’ de la MSA Ain-Rhône.

Echauffements et étirements quotidiens

En préambule, Estelle Leibundgut a invité l’assistance à procéder à un échauffement, une série de mouvements à faire en équipe avant de débuter la journée, afin de préparer son corps aux exigences physiques du métier. Elle a rappelé également qu’il est bon de terminer une longue journée de conduite par des séries d’étirements du dos, des bras et des jambes pour éviter les douleurs liées à des positions statiques.

Visites médicales: une responsabilité employeur

Abordant le sujet des visites médicales, elle a bien souligné que les employeurs sont responsables de la surveillance de l’état de santé de leur salariés, à la prise de poste avec une visite d’information et de prévention, et tout au long de la carrière du salarié ainsi que lors d’accident ou de maladie. Il revient à l’employeur d’organiser les rendez-vous.

La conduite, ça s’apprend

Concernant la conduite d’engins, Estelle Leibundgut a rappelé que l’employeur doit évaluer la capacité de son salarié à conduire un engin agricole et le former si nécessaire. A cette occasion, elle a évoqué les règles du code de la route s’appliquant aux engins agricoles.

Risques: utilité des protocoles quotidiens

Elle a ensuite cité un certain nombre d’exemples et de circonstances pouvant entrainer des chutes, et a apporté diverses solutions pour éviter ce type d’accident. Le sujet des protocoles quotidiens, procédures de chantier, consignes, règles de sécurité, techniques ‘attelage-dételage’, ou encore utilisation d’engrais ont donné libre cours à un échange entre les responsables et salariés de cuma.

Document unique: logiciel facilitateur

Patrick Niclausse de l’association de Conseil Rural de l’Ain, pôle juridique de la Maison de l’agriculture a rappelé que Systera (système d’évaluation des risques en agriculture) est un logiciel ouvert qui permet d’élaborer facilement un document unique d’évaluation des risques. «Il est nécessaire toutefois de le mettre à jour dès qu’il y a un nouveau risque.» précise-t-il. Ce qui fait dire à Nicolas Clair qu’il était déterminant de remplir ce document en associant chaque salarié. «C’est un bon moyen de leur faire identifier les risques et de les sensibiliser à la prévention.»

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