Hérault: des dizaines de vignerons dans la détresse après le passage de la grêle

"Il ne nous reste que les yeux pour pleurer": deux jours après un violent orage de grêle, des viticulteurs du Pic Saint Loup et de Vendargues, près de Montpellier, ont clamé leur détresse aux représentants de l'Etat.

Parmi les plus durement touchés par l'orage de grêle de la semaine dernière, les jeunes viticulteurs.

Mercredi, ce sont plus de 2.200ha de vignoble de l’Hérault qui ont été touchés. Près de Valflaunès, dans l’appellation du Pic Saint Loup, viticulteurs, élus, représentants de la préfecture et de la chambre d’agriculture se sont rendus vendredi au chevet de vignes dont les raisins ont été hachés et les feuilles totalement arrachées à quelques jours des vendanges. Jérôme Despey, président de la chambre d’agriculture de l’Hérault, parle d’un « orage dévastateur », qui a touché 60 exploitations du Pic Saint Loup, et affecté 150 emplois. « Ce que nous voyons ici à quelques jours des vendanges nous laisse sans voix », dit-il, soulignant que certains viticulteurs sont touchés « à 100% »« Il n’y a plus de feuilles, certains raisins ont été hachés et sont tombés, d’autres ne sont pas mûrs et vont pourrir donc même si on essaie de vinifier maintenant, ça ne donnera pas du vin, la teneur en alcool sera trop faible », se désole Régis Valentin, président du syndicat des vignerons du Pic Saint Loup.

« Certains viticulteurs sont tentés d’employer du cuivre pour favoriser la cicatrisation des raisins, mais le cuivre se retrouve dans les cuves », avertit Jean-René Canbournac, technicien viticole à la chambre d’agriculture de l’Hérault. « Il ne nous reste que les yeux pour pleurer », murmure un viticulteur touché. Dans la salle municipale de Valflaunès, plusieurs viticulteurs ont exprimé désarroi et colère. Parmi les plus touchés, figurent des jeunes venant de s’installer. Ils ont notamment demandé un report des cotisations sociales et fiscales, une exonération des taxes sur le foncier, des mesures de chômage technique et des aides pour les jeunes agriculteurs.

Arbo et maraîchers touchés également

La grêle est un évènement climatique qui ne donne pas lieu à l’état de catastrophe naturelle dans la mesure où il est couvert par les assurances. Les représentants de la préfecture se sont employés à rassurer les viticulteurs. On pouvait également noter une forte présente des élus, parmi lesquels Philippe Saurel, maire et président de la métropole de Montpellier, Kléber Mesquida, président PS du département, ou encore le sénateur Jean-Pierre Grand (LR).

Même opération un peu plus tard dans l’après-midi à la cave coopérative de Vendargues, à l’est de Montpellier, qui accuse des pertes de 40% selon son président Jean-Paul Chauchon. Cette fois des arboriculteurs et des maraîchers touchés étaient également présents. A Vendargues, certains viticulteurs ont fait le choix de faire des vendanges prématurées pour récupérer ce qui peut encore l’être.  Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a annoncé des mesures de chômage partiel et de dégrèvement des taxes foncières pour les viticulteurs touchés.

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