L’agriculteur utilise moins d’engrais chimique quand il dispose de digestat

Entre le début des années 2010 et la fin, une étude en Bretagne indique que les agriculteurs qui ont développé la méthanisation ont eu tendance à consommer moins d’azote minéral. En moyenne –28% sur le blé et au-delà de -50% pour le maïs.

Le développement d'équipements performants accompagne l'essor de la méthanisation. Les agriculteurs disposent de plus d'options, par exemple pour fertiliser des céréales sans trop marquer le terrain.

Des économies d’engrais chimique grâce au digestat, c’est possible. En effet, les agriculteurs méthaniseurs, ou receveurs de digestat, «ont moins recours aux engrais chimiques», relèvent Armelle Damiano (Aile), Pierre Quideau (Crab) et Jean-Marc Onno (AAMB). Une étude statistique en Bretagne (menée par la Draaf en 2019) pointe une réduction de l’apport d’azote minéral de 40 kg/ha sur blé (-28%), de 19 kg (-58%) sur maïs ensilage ou encore de de 17 kg (-50%) sur maïs grain, chez les utilisateurs de digestat.

Les experts de la filière méthanisation identifient plusieurs explications à cette tendance. «En réalisant le recyclage des matières organiques et de déchets sans perte d’éléments fertilisants, les unités de méthanisation disposent de plus de fertilisants d’origine organique.» Ils relèvent la «bonne efficacité du digestat liquide sur céréalesCela est dû au fait qu’il contient «une part d’azote minéral rapidement efficace», et notent un facteur équipement.

Economies d’engrais chimique grâce au digestat, 2 exploitations sur 5 ont diminué leurs achats

En effet, le développement de la méthanisation va de pair avec l’acquisition d’équipements d’épandage performants. Grâce à ces derniers, les agriculteurs ont plus de choix vis-à-vis des cultures avec lesquelles ils valorisent leur effluent organique. De plus, ils gagnent également en souplesse en termes de période. Ayant accès à une solution sans tonne, certains sécurisent par exemple des interventions sur blé en sortie d’hiver. «Sur maïs, le digestat peut suffire à couvrir les besoins de la culture en NPK.» L’intérêt est qu’il dispense du complément minéral qui se pratique notamment dans le cas d’une fumure avec du fumier.

Ainsi, en 2019, l’enquête statistique a porté sur les pratiques 2018 de plus de 4.000 agriculteurs. Un précédent travail réalisé en 2011, fixant un point de départ aux comparaisons. Dans les bassins versants que l’étude prend en compte, 4 exploitants sur 10 ont diminué leurs achats d’engrais. En outre, ils invoquent principalement un objectif économique de réduction des intrants. Pour autant, la fertilisation minérale globale est restée stable entre 2011 et 2018. L’enjeu de la qualité de l’eau dans la région motive ce travail sur l’évolution des pratiques culturales. Bien entendu il comporte d’autres volets que la fertilisation. On apprend ainsi qu’un quart des exploitants de surfaces agricoles pratiquent le désherbage alternatif. En 2011, ils n’étaient que 18%.

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