[Résultat d’expérimentation] L’essai penche en faveur de l’association pois-orge

Avec une productivité supérieure de ses mélanges pois-orge par rapport à son pois pur, Vincent Grégoire se montre convaincu. Malgré quelques interrogations à lever par rapport au tri, au matériel de semis ou à la coïncidence de maturité, il envisage de cultiver 50%, voire 100% de sa surface de pois en association de cultures dès l’année prochaine.

Le rendement supérieur en association par rapport à la culture pure et l’itinéraire nécessitant moins de passages du pulvérisateur sont des arguments plutôt convaincants, en attendant les conclusions définitives de l’essai.

Chez Vincent Grégoire, la moisson 2019 passe par un champ expérimental sur une parcelle en dernière année d’exploitation avant urbanisation. L’éleveur de porcs est habitué à cultiver du pois de printemps, qu’il valorise avec ses lots de charcutiers. « L’intérêt que je vois est que cela apporte de la variété dans les ingrédients de mes rations, et de le faire sans OGM. »

De la protéine ‘maison’

Son essai (1) vise à évaluer l’effet d’une association de ce pois avec de l’orge sur la pression des adventices notamment. Car la réduction de l’IFT est un objectif que l’éleveur poursuit. « L’itinéraire normal pour le pois ici comprend un desherbage en pré-levée doublé d’un passage en post-levée », précise Quentin Levieux, conseiller du Ceta 35.

La batteuse hybride Massey Ferguson avance mieux dans les mélanges que dans la culture pure

Aux commandes de la batteuse de l’ETA Aubrée, Jean-Michel constate que la moisson semble plus facile dans les modalités de mélange que lorsque le pois est en culture pure, avec moins de phénomènes de bourrage dans le bec. Les réglages ont été les mêmes que pour la culture pure.

De l’orge dans le pois

Ainsi, au milieu de la parcelle conduite avec cet itinéraire classique, l’agriculteur a disposé quatre bandes qui n’ont reçu qu’un seul traitement en post-levée. Leur autre particularité, c’est qu’entre les pieds de protéagineux se sont épanouis des épis d’orge. « L’essai a porté sur les densités de semis optimales du pois et de l’orge », précise le conseiller qui a trouvé des ressources en Suisse et auprès de l’Inra du Rheu pour définir le protocole.

« Nous avons fait une bande avec 50% de la dose de pois préconisée, plus 50% de la dose d’orge, parce que c’est une répartition qui s’impose un peu instinctivement. » Un deuxième passage a été opéré pour semer 80% de la dose de pois plus 40% de celle d’orge, ce qui correspond aux références de l’Institut bio en Suisse qui est « un référent en matière de cultures associées. » Une modalité préconisée par l’Inra de Le Rheu (75% du pois + 50% de l’orge) a aussi intégré le dispositif complété par une modalité 100% pois (80 grains/m²) + 30% orge (90 grains/m²). La dernière « visait à assurer un maximum l’effet couverture du sol au démarrage », justifie Quentin Levieux. De prime abord, c’est dans ces proportions que le mélange semble avoir été le plus satisfaisant sur le pont bascule, avec un rendement évalué à 59 q/ha, contre un résultat global pour l’ensemble de mélanges de 55 q/ha.

Conditions défavorables à la levée et au démarrage

Avec cette moyenne, les mélanges affichent une productivité améliorée de 30% par rapport à la culture pure (témoin). Mais avant de tirer des conclusions, il reste encore de nombreux paramètres à évaluer, tels que les proportions entre la céréale et le protéagineux dans la récolte. Quentin nuance aussi : « Il faut voir tout de même que la levée et le démarrage de la culture ont été compliqués cette année, entre autres à cause des oiseaux », ce qui a été moins défavorable au mélange ‘couverture’. Le taux de levée global, environ 60%, a été décevant.

Grains de pois et d'orge à la récolte

Les maturités du pois et de l’orge de printemps semblent avoir bien coïncidé dans cet essai. Il reste désormais à trier les grains pour évaluer la réussite de cet essai.

30% de biomasse récoltée en plus avec les mélanges

Pour l’an prochain, l’agriculteur envisage déjà d’entendre la technique à 50% voire 100% de sa sole de pois. D’ici là, il aura aussi eu des premières réponses par rapport au tri. Car c’est aussi un sujet que soulève ces associations qui fleurissent dans la région, chez plusieurs éleveurs de porcs produisant eux-mêmes leur alimentation. A l’automne, l’animateur du Ceta 35 prévoit en effet d’organiser une démonstration de tri grâce à la récolte réalisée sur l’essai.

La recherche d’autonomie protéique en élevage fait l’objet d’un numéro Entraid’ – spécial Space.

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