[Moisson 2019] Guillaume, en SD : “Tous les ans, je bats mes records de rendement”

Après deux campagnes test -une en démo et l’autre en location- Guillaume Prunier s’est décidé en 2019 à investir en copropriété dans un semoir de SD Weaving. Sur ses 210ha bien préparés, les résultats sont là: il a encore crevé son plafond de rendement.

Le seul facteur limitant cette année pour l'organisation des chantiers: le mûrissement des cultures. La campagne est si sèche que les moissons de nuit n’ont pas posé de problème (©Guillaume Prunier).

Guillaume Prunier exploite aujourd’hui seul 210 ha de terres à Balnot-la-Grange, dans l’Aube. En récupérant les surfaces de son père, il a multiplié par plus de cinq sa surface initiale. Le tout, en non-labour depuis 25 ans, est aujourd’hui emblavé en orge et blé, lentilles, pois, pois chiches, orge de printemps, tournesol, plus les couverts (notamment Biomax et sarrasin).

“Les terres étaient prêtes à passer au semis direct. On avait déjà beaucoup de matière organique. Jusqu’à présent, je n’ai eu aucun perte de rendement liée au semis direct”, explique-t-il. “Cette perte est plutôt intervenue quand je suis passé en TCS ‘ultra-light’. On ne laboure plus depuis 25 ans mais mon père avait l’habitude de déchaumer un peu profond. Quand j’ai commencé à déchaumer légèrement moins profond, on a constaté une petite baisse à ce moment-là, sur trois ans. Et depuis non, on a même réussi à débloquer les plafonds de rendement plutôt que l’inverse. Maintenant, tous les ans, je bats mes records de rendement.”

Des grains plus petits

Il moissonne également les surfaces de l’agriculteur avec lequel il a acheté la moiss’ batt’, et travaille en prestation sur une autre exploitation. Au total, ce sont 400 ha qui passent sous la coupe de leur machine John Deere, achetée l’année dernière. Peu de spécificité pour ces chantiers: « Je moissonne juste avec une coupe assez haute. Puis, je sème et, soit je roule, soit je broie les pailles. »

Matériels de récolte pour la moisson 2019.

Les matériels au champ.

Jusqu’à présent, il estime son rendement en orge compris en 70 et 75 quintaux, contre 69 à 70 autour. “Ces différences de rendement s’expliquent aussi par l’effet parcellaire et des précédents différents!”, précise-t-il.  “Au final, il n’y a pas d’écart en qualité entre le conventionnel et le SD. Et au niveau du rendement, cette année, je fais un peu au-dessus du conventionnel.”

Une bonne récolte d'orge, bon rendement, propreté au top.

Les écrans de contrôle lors d’une moisson d’orge nocturne.

“Les grains sont légèrement plus petits que l’année dernière, en raison du manque d’eau qui perdure. L’année dernière, on était à 92-93 de calibrage, cette année on est vers les 85-88”, explique Guillaume Prunier. “Par contre, au niveau protéique, c’est bien.”

Des charges réduites

Les orges ont bénéficié cette année de 160 unités d’azote et de 40 de soufre. “Je mettais un peu moins quand j’étais en TCS, mais il faut compter avec la dégradation des pailles”, détaille Guillaume Prunier.

“En engrais de fond, quand j’ai semé, j’ai mis 80kg/ha de Super45,  histoire d’écouler mon stock… Ça faisait 6 ans que je faisais l’impasse, sans baisse, ni de rendement, ni d’éléments fertilisants dans le sol… Mais les analyses que je fais ne sont pas très poussées pour le moment. Elles ne m’indiquent pas ce qui est vraiment assimilable. Donc j’ai écoulé mon stock, mais j’ai aussi sécurisé tout ça.”

Même traitement pour les blés (9 variétés en mélanges). « J’estime mon rendement à 70-75 q/ha, ce qui correspond aux rendements sur le secteur. »

En direct de la cabine de la batteuse pour la moisson des blés.

« Les PS tournent autour de 82 et les protéines se situent entre 11,5 et 12,5 », détaille-t-il, avant de revenir sur ses charges, « que je réduis au maximum: le SD a un peu limité l’enherbement, même si ce n’était pas parfait. Avant ça, 1l/ha de glypho avant semis, puis 3,8l/ha de GNR pour le semoir. Pas d’insecticide, ni à l’automne, ni au printemps. Je n’en fais plus depuis des années pour préserver la biodiversité des auxiliaires. Un demi-fongicide. Pas de régulateur ni d’anti-limace. »

Cette année, l’agriculteur a adhéré à la cuma de la Marve pour pouvoir bénéficier de l’épandeur qui lui servira à la fertilisation organique, “du compost et les fientes que j’achète à des élevages”.

“Bouger le moins de terre possible”

Après avoir testé le semoir de SD Weaving pendant deux campagnes, il a donc investi avec un autre agriculteur en copropriété: “Je voulais un semoir simple à régler au niveau des profondeurs. Je souhaitais aussi pouvoir disposer de trois cuves, une pour l’engrais et deux pour mes mélanges de couverts pour pouvoir les dissocier. Et surtout, je voulais un semoir qui bouge le moins de terre possible pour éliminer le plus de levées d’adventices.”

Ce semoir, qui fait passer des disques inclinés et insère les graines sous les rubans de terre, avant de les rappuyer, nécessite une puissance assez faible. “140ch suffiraient pour 6 mètres”, précise l’agriculteur.

Travail sur les semences

Le jeune céréalier, très actif sur la page facebook l’Agriculture de Conservation,  crée lui même ses mélanges d’espèces de couverts. “Ce sont des Biomax, qui comptent une vingtaines d’espèces de plantes”, détaille-t-il.

Même travail sur mesures pour ses cultures de vente: “Pour les blés, je fais des mélanges de variétés aussi, en fonction des dates d’épiaison, de la précocité. Pour les orges, jusqu’à présent, je fais principalement de l’Isocel parce que ça fonctionne bien chez moi et c’est de la semence que je réutilise, avec un renouvellement de temps en temps. Mais plus je les réutilise, et meilleur est le rendement!”

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