Objet étendu et entrée facilitée : de nouvelles possibilités

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A gauche, Hervé Kervadec, adhérent de la cuma Tri lan, à Landévant et Thierry Le Corre, trésorier de la fdcuma et trésorier de la cuma des 4 Ecluses de Lanouée.

09/08/2018 - 10:46

Les derniers statuts parus courant 2017 prévoient deux mesures favorables au développement des cuma.

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Ces deux opportunités à saisir pour évoluer sont une réalité depuis 2017. Il s’agit d’une part de la reconnaissance dans l’objet cuma de la possibilité de mise à disposition de main d’œuvre seule à ses adhérents, c’est-à-dire sans matériel, comme un groupement d’employeurs, et d’autre part la possibilité d’être coopérateur à titre provisoire pendant une période probatoire de un an. Les cuma avec salariés peuvent s’ouvrir d’avantage. Il est désormais possible pour des nouveaux adhérents d’intégrer le groupe à titre provisoire. Cela permet au nouvel adhérent comme à la cuma, de faire un «essai» avant de s’engager réciproquement sur la durée. « Pendant cette période, on valide les possibilités de travail ensemble. Cela doit donc faciliter l’entrée de nouveaux adhérents dans nos cuma », apprécie Jean-Michel Roger, président de la fdcuma du Morbihan.

Constat des attentes et des besoins

Thierry Le Corre est trésorier de la fdcuma et trésorier de la cuma des 4 Ecluses de Lanouée. Associé du gaec Beauséjour à Lanouée (940 000 l ; 100 ha ; 2 associés et 1 salarié).

‘‘Je suis adhérent d’une cuma matériels créée en 2000, qui a bien évolué depuis et offre une palette d’outils attelés par les adhérents qui nous correspond bien. Cependant, sur notre exploitation laitière, mon associé et moi, nous constatons la limite de cette forme de cuma. A savoir : sa difficulté à satisfaire nos besoins en main-d’œuvre puisqu’elle ne dispose pas de salarié. Nous sommes de plus en plus pris par l’élevage et les activités annexes que nous avons développées, comme  le photovoltaïque et la méthanisation, tout juste mise en œuvre en mars sur la ferme. Aussi, je fais appel à de la prestation complète tracteur-chauffeur-outil depuis un ou deux ans pour certains travaux comme l’épandage de lisier  (tonne Pichon de 22 m3) à la cuma Carhaix de Bréhan, ou à la cuma Espoir de Saint-Gérand pour les semis de couverts et de céréales (semoir Vaderstad Rapid 4 m). Les débits de chantier sont très intéressants avec ce type de matériels et au final, les tarifs sont plus avantageux que si je le faisais moi-même. Je valorise beaucoup mieux mon temps à rester sur notre élevage qu’à monter sur un tracteur.

Pour moi, les cuma avec salarié ont tout intérêt à simplifier les modes d’accès à leurs prestations pour les exploitations comme la nôtre. En l’occurrence, c’est appréciable de pouvoir accéder à certaines activités seulement. Car pour un adhérent de cuma matériels, il lui faut pouvoir continuer de respecter ses engagements pris sur les outils avec les collègues.’’

Ils l’ont fait

Hervé Kervadec est adhérent de la  cuma Tri lan, à Landévant. « Notre cuma a démarré son activité en 1996 avec 9 adhérents sous la forme d’un fonctionnement à l’origine dit ‘cuma intégrale’ proposant labour, semis, déchaumage, épandage et pressage. »

A l’époque, une exploitation entrait pour toutes les activités, et les modalités de facturation se composaient de parts fixes à l’hectare de Sau. Assez rapidement, nous avons revu ce critère pour tenir compte des différents systèmes des adhérents, part d’herbe et part de cultures annuelles, dans l’appel de ces parts fixes. Ensuite, le cap le plus marquant a été l’adhésion du gaec du Golhud de Camors(1) à notre cuma. Celui-ci était intéressé pour une partie des activités proposées. D’une part, il disposait en propre de matériels en état correct et d’autre part, les volumes apportés auraient compliqué sérieusement notre organisation, notamment pour le semis. C’est ainsi que nous avons dérogé à notre principe initial de cuma intégrale pour valider l’adhésion partielle du gaec du Golhud. Depuis, nous avons continué d’adapter nos modalités aux nouvelles adhésions de manière à être équitable dans la facturation de chacun en fonction des utilisations.’’

Faire connaître son ouverture

« Les évolutions des matériels sont continues et, à chaque renouvellement, les capacités de travail se trouvent améliorées et augmentées », constate Pascal Avenier, président de la cuma de l’Oust (La Chapelle-Caro). C’est pourquoi « il faut faire savoir ce qu’on propose comme outils et prestations à nos collègues agriculteurs du secteur, adhérents ou pas aux cuma matériels locales », précise Patrick Guéguen, président de la cuma Deus bro ar Gourin. « D’autant plus dans un contexte de travail tendu sur les exploitations de manière générale », ajoute enfin Olivier Renaud, président de la cuma des Cinq clochers (Le Roc-Saint-André).

Effectivement, les cuma avec un ou plusieurs salariés ont de réels atouts en matière de qualité et de coûts de prestation à faire valoir auprès d’un plus grand nombre d’exploitations encore.

Comme les agriculteurs non adhérents ne connaissent généralement pas les possibilités d’accès à ces services « complets », des opérations portes ouvertes de communication et d’information sont indispensables pour faire bouger(2). 

(1) Le gaec du Golhud de Camors (4 associés ; 1 300 000 l ; 200 ha) sera une des étapes des Portes Ouvertes Innov’action 2018.

(2) article à lire sur entraid.com : Une rencontre utile et efficace pour montrer les prestations des cuma 


Retrouvez  votre supplément spécial Morbihan sur entraid.com dans notre rubrique éditions départementales.

Par Dominique Guého
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