Petits tracteurs à roues ou gros tracteurs à chenilles ? La question s’est posée dès 1944

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Petits tracteurs à roues ou gros tracteurs à chenilles ? La question s’est posée dès 1944

Adapter la taille des machines à celle des fermes ou l'inverse ? La question s'est posée dès 1945. (©Fncuma/Entraid)

En termes d'efficacité, en agriculture, faudrait-il une armée de petits tracteurs à roues ou bien de gros tracteurs à chenilles évoluant sur des territoires plus vastes? La question s'est posée... à la Libération, en 1944.

Imaginez une France où les agriculteurs mutualisent les travaux pour laisser évoluer dessus de puissants tracteurs à chenilles. Une organisation agricole calée sur les capacités des machines, pour une efficacité maximale. Voici l’ambitieux plan imaginé au sortir de la seconde guerre mondiale, et décrit par les auteurs de « Comment les machines ont pris la terre« . Retour sur l’histoire du tracteur à chenille en France.

Le court règne des puissants tracteurs à chenilles

La Libération, et les nouvelles élites politiques de l’époque, de gauche, font souffler un vent de radicalité économique.

Au sortir de la guerre, avec des références d’efficacité agricole soviétique, américaine, mais aussi allemande, André Philip, ministre de l’Economie en 1944, défend un modèle de motorisation impliquant d’adapter les structures agricoles aux capacités des machines, et non l’inverse.

Une « thérapie de choc »

Une « thérapie de choc » écrit Christophe Bonneuil, qui implique selon le gouvernement provisoire, les experts et les nouvelles élites agricoles, de faire travailler les exploitations ensemble pour y faire évoluer de puissants tracteurs… à chenilles.

Des tracteurs français, puisque l’idée est également de bâtir une industrie tricolore en reconvertissant les usines de guerre, et en appliquant une dose de protectionnisme. C’est bien sûr l’époque de la création des cuma, par le ministre de l’Agriculture de l’époque, Tanguy Prigent.

Pas touche à la propriété privée !

Le soufflé retombera dès 1948, les anciens cadres conservateurs reprenant les choses en main. La motorisation oui, mais pas touche à la propriété privée ! Les Américains ont bon dos, eux qui auraient jugé « irrationnel d’attenter au droit de la famille en imposant des groupements de propriété façonnés à la taille des machines ».

Le Plan Marshall est officiellement signé, les constructeurs étrangers s’implantent, les distributeurs approuvent. Il est plus facile de vendre de petites unités en grand nombre. Dans le même temps, les compagnies pétrolières bâtissent avec l’aide du gouvernement une structure complète d’approvisionnement et d’incitations fiscales.

Les questions que l’on se posait déjà à l’époque :

  • Un système agricole doit-il reposer uniquement sur l’efficacité technique ?
  • Les terres agricoles relèvent-elles du bien commun ou de la propriété privée ?
  • Faut-il protéger favoriser et protéger une industrie hexagonale ou au contraire s’ouvrir au capitalisme ?

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