Ni exceptionnel, ni catastrophique. Le printemps herbager 2026 restera néanmoins atypique. En effet, les prairies n’ont jusqu’ici pas constaté leur habituel pic de croissance saisonnier. Aussi, « les cumuls de pluies importants en mai, associés à la remontée des températures en fin de mois, devraient permettre de relancer nettement la pousse de l’herbe en 2026», indique la dernière note agro-climatique et prairies publiées par le RMT Horizons prairies. Autant dire que la fenêtre actuelle s’annonce propice à la constitution de stocks.
Favoriser la reprise
C’est surtout l’occasion de « relancer son cycle de pâturage sur de bonnes bases. Le principal conseil, c’est de se donner une chance de voir les pousses d’herbe exploser sur la période actuelle. » Soline Schetelat, chargée d’études au service Fourrages et Pastoralisme Idele, traduit son commentaire : « L’idée est donc d’éviter le surpâturage, quitte à consommer un peu de stock. » Et en cas de récolte mécanique, « il ne faudra pas faucher trop ras. »
Faucher haut, c’est-à-dire à 8 cm (voire 10 cm pour les luzerne), « favorise la repousse rapide de la prairie », insiste la note. « La perte de rendement est faible. » Et d’autant moins conséquente que la biomasse en deçà se compose principalement de tiges « dont la valeur alimentaire est faible. »
Pousse de l’herbe en 2026 : Attention au risque d’échauffement des fourrages
Sur le créneau actuel favorable aux récoltes y compris de foin, les observateurs signalent toutefois à propos du risque d’échauffement. « Les végétations sont particulièrement humides actuellement », explique Soline Schetelat. Attention donc à atteindre un taux de matière sèche suffisant au pressage (85 %).
La note conseille en même temps la vigilance vis-à-vis de la densité : « Opter pour des balles rondes », peut-on lire. Elle insiste enfin sur le respect du temps de séjour à l’extérieur : au moins 3 semaines, en surveillant leur température entre les 2ème et 10ème jours après pressage.
En outre, flécher la fauche vers des paddocks de fétuque ou dactyle permet en même temps de réserver le raygrass plus appétant au pâturage.
Le printemps a escamoté le pic d’herbe jusqu’ici
L’ingénieure Idele analyse : « On constate que les éleveurs, qui ont démarré leur pâturage tardivement, ont pu un peu se faire dépasser. » C’est particulièrement dans les situations inverses qu’il sera bénéfique de retrouver un peu de hauteurs d’herbe. « Ceux qui ont démarré tôt, voire qui ont fait pâturer pendant l’hiver, ont toujours un peu couru après l’herbe dans la mesure où il n’y a pas eu de pic printanier. »
En effet, dans plusieurs régions, les croissances constatées restaient inférieure à 30 kg MS/ha/j, à une période où elles s’établissent d’ordinaire plutôt au-delà de 60 kg. Après l’hiver doux et le beau mois de mars, le ressuyage long puis le déficit de rayonnement et de températures sur avril ont, tour à tour, freiné les croissances. Elles pourraient cette fois exploser, à moins qu’une chaleur excessive vienne bloquer le fonctionnement des plantes.
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