Prairies : l’important c’est le stade !

La prairie, naturelle ou semée, représente 50 % de la surface agricole utile en France. Les éleveurs sont capables, grâce à leurs animaux, de fournir une alimentation de haute qualité, viande et produits laitiers, parfois même dans des conditions difficiles.

Le trèfle blanc et les vers de terre sont 2 alliés incontournables de l’éleveur. Le trèfle blanc est un véritable booster pour la prairie avec ses 1,08 UF et sa teneur de 25 % de protéines !

En élevage conventionnel ou en bio, en système intensif ou avec un chargement d’animaux moins important, la qualité de l’herbe est essentielle. Le rendement annuel va également de pair avec la qualité. Une prairie exploitée avec un rythme fréquent aura un meilleur bilan, quantitatif et qualitatif, qu’une prairie exploitée à un rythme lent, et ce avec le même niveau de fertilité.  La qualité de l’herbe dépend de multiples facteurs. La ou les espèces végétales dominantes constituent le premier d’entre eux. Ensuite, la valeur de l’herbe est liée au rapport feuilles/tiges, à la proportion de feuilles sénescentes et à l’état sanitaire. Le mode d’exploitation et la précocité des espèces et variétés se trouvant dans la prairie, vont jouer un rôle prépondérant selon le GNIS.

Rechercher le bon rapport feuilles/tiges

Ce sont bien sûr les feuilles jeunes qui ont davantage de valeur alimentaire grâce à leur richesse en sucre. En effet, au bout d’un certain nombre de jours, si les feuilles ne sont pas broutées ou récoltées, elles meurent et sont remplacées par de nouvelles. Plus la proportion de feuilles mortes est importante, plus la valeur alimentaire diminue. En outre, ces feuilles mortes sont souvent porteuses de maladies et réduisent encore l’appétence et la valeur globale du fourrage. La présence de tiges et d’épis diminue également l’ingestion et donc également la valeur alimentaire. Plus pénalisant encore, si la graminée est en graines, la productivité de la plante cesse quasiment jusqu’au printemps suivant, car la plante termine son cycle de végétation. Bien souvent les racines meurent, les feuilles se dessèchent, la plante ne talle plus et les réserves de celle-ci permettant de belles repousses ont migré dans les semences.
Certes le bovin, qui est un ruminant, est capable de digérer de la cellulose brute, voire de la lignine grâce aux bactéries cellulolytiques. Mais c’est au détriment de la quantité ingérée, de la valeur alimentaire et des performances zootechniques.

Suivre sa prairie pour améliorer ses performances

En prairie naturelle ou en prairie semée, l’observation du stade de l’herbe est essentielle. En flore naturelle, on peut citer des espèces très précoces comme le brome mou, la flouve odorante, le vulpin des prés. D’autres sont un peu moins précoces comme le pâturin commun, la houlque laineuse. D’autres encore sont beaucoup plus tardives, comme la crételle ou la fléole. Pour une bonne valorisation des prairies, il est essentiel de faire coïncider le stade des plantes et, de ce fait, la valeur alimentaire, ainsi que la portance du sol et les besoins des animaux. Ce qui n’est pas toujours facile à gérer avec des prairies naturelles à la flore souvent complexe.
En graminées sélectionnées, on dispose de l’information et de références officielles qui sont disponibles, entre autres, sur le site www.herbe-book.org permettant de prévoir son rythme d’exploitation et de concevoir éventuellement des stocks de fourrage sur pied et de qualité, ainsi que des chantiers de récolte.

 

Des actions simples tout au long de l’année

Toute l’année, on peut établir une feuille de route avec quelques points clés pour maintenir des prairies de bonne valeur alimentaire, productives et de bonnes qualités environnementales.
Dès le printemps, quelques interventions peuvent être bénéfiques par exemple :
– Selon l’état du sol, la présence de taupinières, de dégâts de gel ou de dégâts de gibier, passer une herse à pâture et éventuellement un rouleau.
– Si des espaces vides sont observés, réaliser au moins ponctuellement un sursemis. La nature ayant horreur du vide, si les espaces vides ne sont pas comblés par des espèces intéressantes, ce seront des adventices qui s’implanteront.
– Faire un apport azoté dès que la base des 200° cumulés est atteinte (base zéro-1er janvier).
– Si possible, faire déprimer l’ensemble des prairies avant la mi-avril pour favoriser le tallage et consommer les espèces précoces à un bon stade.
– Pour les parcelles prévues pour la constitution de stocks d’herbe sur pied à faire pâturer en été, faire pâturer une seconde fois pour réduire la présence d’épis. La présence de légumineuses y est, alors, essentielle.
– Pour les parcelles destinées à la constitution des stocks, observer les stades : épis à 10 cm, début épiaison et épiaison ; début épiaison, stade optimum pour l’enrubannage, et épiaison pour les foins.
– En situation de pâturage, éviter le surpâturage (< 5 cm) et le sous pâturage (> 20 cm), si l’herbe est plus haute, envisager le pâturage au fil.

Favoriser le trèfle blanc et les vers de terre

Le trèfle blanc et les vers de terre sont 2 alliés incontournables de l’éleveur. Le trèfle blanc est un véritable booster pour la prairie avec ses 1,08 UF et sa teneur de 25 % de protéines ! Pour le favoriser, ses exigences sont : maintenir une hauteur d’herbe basse, limiter les apports d’azote dès que le trèfle blanc est poussant, favoriser un sol sain et s’assurer que le pH est supérieur à 6,2.
Quant aux vers de terre, qui brassent les différents horizons de sol, ceux-ci favorisent un enracinement profond des plantes, drainent et aèrent le sol. Pour favoriser leur présence, un apport de matière organique sous forme de compost peut être nécessaire. Un passage de herse en travaillant les premiers centimètres du sol est bénéfique, favorise une zone plus aérée et limite l’accumulation d’un mulch de surface. La gestion réfléchie des prairies représente une somme de petites astuces peu coûteuses qui permettent d’améliorer les résultats technico-économiques et de gérer l’environnement.

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