Récolter à part les feuilles de la luzerne

Les feuilles de luzerne peuvent remplacer le soja dans la ration des porcs et volailles. Une technique de récolte fractionnée ouvre la voie à cette source de protéines locales.

La machine exposée au Salon aux Champs.

Au dernier Salon aux Champs, une petite machine intriguait dans l’espace dédié aux fourrages, précisément sur le stand d’Eric Junker, de la société Trust’ing. Il s’agissait de la version démonstration d’une machine de récolte fractionnée de la luzerne. L’idée : récolter à part les feuilles des tiges. Pourquoi ? Parce que les feuilles sont très riches en protéines, chacun le sait, mais surtout peuvent en plus être administrées à des monogastriques. Une alternative locale au soja, avec un rendement à l’hectare bien supérieur.

récolte fractionnée de luzerne Trust'ing

La fraction appelée « parèp ».

Cueillir les feuilles

La machine de récolte comprend un tambour rotatif muni de dents fines en acier. Il arrache les parties tendres de la plante, soit 90% de feuilles. Cette fraction qu’Eric Juncker a baptisée « parèp » affiche une teneur en MAT de 27%. Le reste, dit « alfib », peut être fauché pour offrir un fourrage riche en fibres. La dernière version de la machine de récolte conçue pour cette technique réalise d’ailleurs les deux opérations simultanément.
Les feuilles peuvent être séchées, ou ensilées, pour dans ce cas il faut les complémenter pour assurer la conservation (seulement 25% de MS et un fort pouvoir tampon). Les tiges peuvent quant à elles être fanées ou enrubannées.

récolte fractionnée de luzerne Trust'ing

Le combiné de récolte simultanée des deux fractions, feuilles et tiges (photo Eric Juncker).

Une filière aliment en vue

A ce stade, la société Trust’ing ne vend pas de machine de récolte fractionnée. Elle s’oriente plutôt vers l’exploitation de son procédé et la vente d’aliments à base de luzerne. A suivre…L’idée de séparer les feuilles des tiges de la luzerne a également été explorée aux Etats-Unis, mais sans suites concrètes, comme en témoigne cet article de Farm Equipment. Elle est également explorée récemment en Allemagne (Université de Freising), en particulier pour l’alimentation de porcs et de volailles en bio, et différents additifs pour l’ensilage (mélasse, céréales, pulpe de betterave) y ont été testés.

En complément : une étude sur le coût des chantiers de récolte de la luzerne, trois conseils d’expert sur la récolte de la luzerne, un essai comparatif de faucheuses pour réduire les pertes de feuilles.

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