Robots : des obstacles à franchir avant d’arriver dans les champs

Quand on parle de robots agricoles viennent d’abord des objections de coût et de sécurité. Mais d’autres aspects pratiques ou agronomiques méritent réflexion.

Ici un robot issu du projet Adap2e d'Irstea (Crédit Clarisse Fayet).

Lors des 3èmes Rendez-Vous Techniques Axema (dans le cadre du Sima 2019), Michel Berducat, chercheur à Irstea, a dressé un panorama des difficultés à résoudre pour la prochaine génération de robots agricoles. Certaines, de bon sens, ont pu déjà être pressenties, et d’autres sont plus subtiles.

Reliefs

Les robots des champs évoluent aujourd’hui sur des terrains plats, la situation la plus facile. Mais il leur faudra aussi affronter les pentes, les terrains glissants et encombrés d’obstacles. Et le tout avec des vitesses de travail suffisantes.

Coût

Le prix et le retour sur investissement sont encore peu pris en compte au stade de la recherche. Il faut d’abord résoudre un challenge technique. Mais au stade industriel, les robots trop complexes seront économiquement hors d’atteinte pour les agriculteurs. Une certaines simplicité sera nécessaire, comme sur ce cueilleur de pommes (vidéo).

Cohérence

Une approche globale est également souhaitable, estime Michel Berducat, comme par exemple le fait de semer ou de planter selon une disposition qui facilite ensuite l’action du robot de désherbage. Ainsi, une disposition au carré permet de biner dans les deux sens. Un binage entre les rangs et ensuite entre les plants par un passage en travers.

Polyvalence

Autre dimension dans la notion d’approche globale: on voit aujourd’hui au stade recherche des robots spécialisés dans une tâche précise, par exemple le semis. Il faut alors garder un tracteur pour réaliser les autres opérations, comme le travail du sol, avec un risque de surinvestissement. Y aura-t-il des robots polyvalents?

Robots agricoles : Michel Berducat, Irstea

Michel Berducat Directeur adjoint de l’unité de recherche Technologies et systèmes d’information pour les agrosystèmes à Irstea.

Avant et après le chantier

Les robots peuvent aujourd’hui réaliser certaines tâches de manière fiable une fois mis en route dans la parcelle. Mais avant d’y arriver, il faut un moyen de transport par la route, lequel? Il faut atteler et dételer l’outil, s’il y en a plusieurs: qui le fera? Il faut refaire le plein de carburant ou recharger les batteries:qui le fera ?

Respect du sol

La préservation du sol sera aussi un enjeu. Certes, il semble clair qu’un robot très lourd avec une grande largeur de travail peut s’avérer nocif pour les couches profondes du sol, en raison de son poids à l’essieu. Mais des petits robots à faible largeur de travail et fonctionnant en troupeau peuvent aussi être amenés à passer plus ou moins partout dans la parcelle, et donc à causer un tassement de surface généralisé. Un robot de taille moyenne, comme chez Swarm Farm, pourrait-il constituer un compromis? En sachant également que les questions soulevées au point précédent (déplacement, attelage, maintenance) se multiplient avec le nombre de robots sollicités.

Sécurité

Les questions de sécurité demandent encore de l’attention, estime Michel Berducat: détecter les obstacles, rester dans la parcelle, être capable de ne pas de renverser dans les pentes ou les virages.

Pilotage

Qui dit robot dit logiciel pour le piloter. Voilà un élément de plus à intégrer dans les plateformes de gestion des exploitations agricoles. D’autant plus compliqué à résoudre quand plusieurs marques se côtoieront.

Cultures associées

Dans l’hypothèse de petits robots agiles et multitâches, Michel Berducat entrevoit des facilités à développer des systèmes de cultures associées, pour tirer bénéfice des interactions entre espèces.

Pour en savoir plus sur les robots: les tendances au dernier FIRA, l’avenir du robot vu par Michael Horsch, les solutions aujourd’hui opérationnelles en vigne.

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