Histoire heureuse

Après le départ d’un premier salarié, une deuxième embauche se traduit par une montée en puissance du service, complet ou non. Des besoins justifiés par la superficie de la cuma et de ses activités.

La conduite est une part importante de l’activité de Julien Kaddour.

Pour la cuma de Gramat, l’embauche d’un salarié répondait à une nécessité de son périmètre. Sur le plan territorial d’abord, avec deux secteurs, le Causse et le Limargue. Avec des productions diversifiées, élevage bovin et ovin, céréales, noix, etc. En corollaire, la cuma dispose d’un parc particulièrement étoffé avec près de soixante outils, dont deux groupes traction. Une dimension qui justifie le nombre d’adhérents, plus de cinquante, dans une structure particulièrement dynamique qui a réalisé en trois ans plus de 150 000 € d’investissement. «Nous avions embauché fin 2015 un premier salarié, en emploi jeune, qui tournait avec un groupe régulier de dix-sept adhérents. Tout se passait bien, mais en décembre 2017, il nous a brusquement fait faux bond… », explique Thierry Boy, le président.

Un départ impromptu, pour des raisons personnelles, annoncé par un coup de fil lors d’une réunion pour évoquer… son évolution au sein de la cuma. « Compte-tenu des besoins, notamment en service complet, nous avons du rebondir rapidement. » Pour trouver un remplaçant, seront mobilisés tous les moyens, Pôle Emploi, le Bon Coin, les concessionnaires, les réseaux sociaux. En quinze jours, Julien Kaddour était ainsi recruté parmi une douzaine de candidats. « Au-delà de sa motivation, de ses connaissances techniques (artisan électricien dans une autre vie professionnelle), il connaissait le monde agricole en travaillant dans l’exploitation d’un parent. Et à 32 ans, Julien possédait suffisamment de maturité. »

Une organisation bien rodée

Quinze mois après, le choix s’est avéré judicieux. «La conduite et l’entretien du matériel, dès le début, ne me posait pas de problème. En revanche, je pouvais me sentir encore novice en matière de travail sur les exploitations, pour les activités liées à l’élevage », reconnaît Julien. Des craintes aujourd’hui levées. « En travaillant sur un cycle complet, et dans des exploitations différentes, j’ai maintenant fait le tour. Et je suis bien accompagné, les relations avec les membres de la cuma sont autant professionnelles que sympathiques. »

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Julien Kaddour salarié de la cuma.

Julien, il est vrai, a bénéficié d’une organisation mise en place pour son prédécesseur et bien rodée. La gestion de son poste est en effet assurée par deux responsables. L’un, Stéphane Mélou, est chargé des questions administratives, enregistrement des heures, fiches de paye, l’autre, Thierry Vergne, du planning des interventions chez les adhérents. Une responsabilité largement facilité, souligne ce dernier, par l’utilisation du logiciel RésaCuma, une application du portail internet NéoCuma, qui permet de visualiser rapidement la disponibilité d’un outil. Une fonction particulièrement utile, d’autant que le salarié peut aussi y accéder.

De dix-sept adhérents au départ, avec le prédécesseur de Julien Kaddour, une trentaine font aujourd’hui appel aux services de celui-ci. Même si pour certains il ne s’agit que d’une intervention ponctuelle, remplacement ou tâche particulière. Le service complet représente environ 60 % du travail de Julien, le reste résidant dans une mise à disposition auprès des adhérents, pour un coût de 15 € de l’heure, tout compris. « Avec des heures supplémentaires au moment de l’enrubannage, toujours en service complet, pendant trois semaines de la mi-avril à la mi-mai. »

Un hangar-atelier pour une meilleure gestion du matériel

La cuma a cependant été confrontée à un problème financier après le départ du premier salarié. « Nous aurions voulu lisser les aides liées à celui-ci sur la nouvelle embauche, mais ce n’était pas possible. Nous avons cependant réussi à provisionner ces aides sur cinq ou six ans pour constituer une réserve, ce qui permet de rester à un coût horaire acceptable », déclare Thierry Boy. Les adhérents se sont engagés sur des ‘‘journées salarié’’ à partir d’un estimatif prévisionnel. « Nous avons toujours en compte un salaire d’avance. A la fin de l’année, le trésorier fait le bilan des journées réelles par adhérent, et réajuste en remboursant s’il existe un trop-perçu, ou facture la différence si les heures réelles sont supérieures à l’engagement. »

Le fait d’avoir un salarié a largement contribué à l’évolution de la cuma, assure son président. «En fait nous aurions besoin d’un emploi supplémentaire, au moins à mi-temps, mais ce n’est pas encore d’actualité. » A l’ordre du jour en revanche, la réalisation d’un hangar (après une étude préalable assurée par la fdcuma dans le cadre d’un DiNA) . Qui doit prendre forme à travers l’aménagement une ancienne bergerie achetée 30 000 €, auxquels s’ajoutent 50 000 € pour l’aménagement, avec 20 000 € de subventions espérés. Après divers avatars, comme une autorisation difficilement obtenue auprès de l’architecte des bâtiments de France pour cause de site classé, l’aboutissement du projet doit intervenir d’ici la fin de l’année. « En regroupant le matériel dispersé chez divers adhérents et en disposant sur place d’un atelier, je gagnerai en efficacité et en confort de travail », se réjouit Julien Kaddour. 


Cet article est issu du spécial Entraid Lot de mai 2019.

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