Soigner ses récoltes de légumineuses

Fourrages
Démonstration d'andainage de luzerne pure

En matière de récolte herbagère, chaque coupe est un peu unique en termes de rendement et valeurs.

14/08/2018 - 18:11

Toutes les espèces de légumineuses fourragères sont capables de faire un fourrage très bon ou très mauvais. Tout dépend de la manière de s’y prendre. Et ça se joue aussi à la récolte et avec la conservation.

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En ensilage, enrubannage ou fourrage sec, la culture de légumineuses est une option pertinente à condition de mettre en œuvre des pratiques respectueuses de leurs exigences, notamment lors de la récolte. Et c’est sans compter sur les contraintes liées au besoin de main-d’œuvre avec la multiplicité des coupes ou de la nécessaire maîtrise de la grande hétérogénéité en termes de valeurs alimentaires notamment, car « chaque coupe est unique et il faudra ensuite s’y adapter dans le rationnement des animaux. »

Néanmoins, pour des éleveurs qui souhaitent concilier des bons niveaux de performance zootechnique et d’autonomie protéique, « viser 19% de protéines est un objectif souhaitable » qui s’atteint en intervenant à des stades jeunes : « début de bourgeonnement, bourgeonnement », analyse Anthony Uijttewaal, ingénieur récolte des fourrages chez Arvalis. En images, il précise quelques idées de bonnes pratiques pour optimiser la valorisation de cette mine de protéines.

A la récolte, la mauvaise habitude serait de conduire une luzerne comme une graminée, plus facile à stocker en ensilage. Bien que même en graminée l’optimum se situe toujours à 35% de MS, « dès 25%, un RGI va pouvoir se conserver correctement. Dans le cas d’une luzerne, à ce taux, on aura en revanche un risque de développement de butyrique beaucoup trop élevé. » Et ce n’est qu’un exemple de la particularité des légumineuses.


Exigences en amont aussi

Si l’acte de récolte est décisionnel dans la réussite du fourrage obtenu d’une culture de légumineuses, Anthony Uijttewaal souligne d’autres facteurs de risques d’échec trop souvent sous-estimés par les éleveurs qui s’initient à ces exigeantes cultures. « La luzerne est sensible à l’hydromorphie et c’est un paramètre sur lequel l’agriculteur ne peut avoir une grande maîtrise. » Ainsi, toutes les parcelles ne peuvent pas être incluses dans la liste des aspirantes luzernières. En revanche, des interventions ou choix d’itinéraires peuvent s’avérer efficaces vis-à-vis de ses exigences termes de pH (6,5 mini à l’implantation est gage d’une bonne productivité), de fertilisation P et K, ou de faible concurrence.


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