Tracteur en cuma: 25 ans d’attente

Arrivé depuis un an, le tracteur de 140 ch de la cuma de Puy Dondon dans le Cantal rassemble six adhérents sur un total de 32. Un investissement long à mettre en place mais aussi des questions sur l’avenir.

Un tracteur attendu depuis longtemps mais déjà des questions se posent sur la pérennisation de l’activité. Un défi à relever pour la cuma de Puy Dondon.

« Ce tracteur, cela faisait 25 ans qu’on en parlait dans la cuma. Le sujet est revenu régulièrement sur le tapis sans jamais être concrétisé. Au final, chacun renouvelait son tracteur » récapitulent les adhérents du groupe tracteur de la cuma de Puy Dondon. « Ce qui a permis de sauter le pas, c’est l’augmentation constante du prix des matériels, dont les tracteurs que certains devaient renouveler, et aussi la subvention. » Une subvention de 35% pour un investissement de 75 000 €.

Tracteur de la cuma de Puy Dondon : le DiNA en étape préparatoire

Durant l’année 2019, la cuma s’est lancé dans un DiNA. L’un des objectifs était de bien cadrer l’activité tracteur avant de se lancer. Ces réunions ont permis de définir des règles de fonctionnement du futur groupe tracteur. Au niveau de l’organisation, de la communication ou du règlement des engagements.

Une visite dans une cuma qui avait déjà une activité tracteur depuis plusieurs années a aussi permis d’échanger et d’apporter certaines réponses pour la finalisation de ce projet. Des devis ont ensuite été réalisés. « Nous voulions un tracteur simple d’utilisation pour que tout le monde puisse s’en servir, et nous avons appuyé sur le confort qui est aussi un élément important. »

Des engagements difficiles

Pour valider l’achat du tracteur, il fallait des engagements à hauteur de 500h/an pour arriver à un tarif souhaité de 18€/h hors GNR. « A chaque fois que nous faisions un tour de table pour recueillir les engagements des personnes concernées, nous étions trop loin de ce chiffre. On a donc pris le problème à l’envers et demandé à chacun combien il était prêt à payer pour utiliser le tracteur.

En additionnant les sommes et en divisant par le tarif souhaité nous sommes juste arrivés à avoir les 500h demandées. Les engagements sur un nombre d’heures font peur. Les transformer en euros, c’est beaucoup plus concret. » Au bout d’un an d’utilisation, l’objectif des 500h est atteint et même un peu dépassé car un adhérent est venu se greffer au groupe, ce qui amène quelques heures supplémentaires.

Assurer une pérennité

La vision à long terme pour ce groupe tracteur est tout de même floue. « Le souci est que, dans le groupe, certains vont partir à la retraite et se sont engagés sur une période plus courte que la période d’amortissement de sept ans. Ceux qui souhaiteraient éventuellement rentrer dans le groupe tracteur s’engageraient sur une vingtaine d’heures.

Cela ne sera pas assez. Le tracteur est arrivé il y a seulement un an. Certains attendent aussi de voir si cela fonctionne avant de s’engager. » « La cuma reste indispensable pour nos exploitations. Elle l’est aussi pour les jeunes qui s’installent. Nous avons un parc matériel étoffé. Mais d’ici dix ans, les départs à la retraite ne seront peut-être pas compensés par de nouveaux arrivants. On risque de ne plus avoir les moyens de renouveler.

C’est aussi pour cela que les subventions, comme celle accordée pour l’achat du tracteur, sont importantes. Elles favorisent la pérennité de nos exploitations. Elles permettent à la cuma d’investir dans du matériel performant tout en faisant fonctionner le tissu économique local. »

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