Viande bovine: les recettes de l’efficacité

Gestion économique

L'idele a identifié quatre profils parmi les éleveurs économiquement performants: « l’Animalier », « l’Econome », le « Productif » et « le Prudent".

01/12/2015 - 15:54

Tous les élevages très efficaces économiquement, en viande bovine, ne se ressemblent pas. L’Institut de l’Elevage a toutefois déterminé ce qui fonde leur performance. Parmi les critères importants : la maîtrise des charges de mécanisation. Ça vous surprend?

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On pourrait les baptiser « l’Animalier », « l’Econome », le « Productif » et « le Prudent » : ce sont les quatre profils d’éleveurs dégagés par l’Idele au terme d’une étude portant sur 20 exploitations en viande bovine, sélectionnées pour leur performance économique (Cf tableau ci-dessous) et réparties dans toutes la France.  « La variabilité, en termes de rémunération permise par l’atelier Bovins viande, est vraiment plus importante à l’intérieur d’un système de production qu’entre les différents systèmes, indique Emma Sanne, qui anime le réseau d’élevages de l’Idele dans le Bassin Limousin. Ce qui nous laisse dire qu’il existe des marges de progrès importantes d’un élevage à l’autre ». D’où l’intérêt d’identifier et de comprendre les pratiques des élevages très performants.

Efficaces comment ?

L’Idele a sélectionné les 20 éleveurs qui ont participé à cette étude sur 4 critères se cumulant, relevés sur 3 ans.

Définition des critèresMoyenne des 20 exploitations retenuesMoyennes des 461 exploitations des Réseaux d’élevage Bovins viande
Efficacité économique (exploitation) : Excédent brut d’exploitation (EBE hors foncier et MO*)/ Produit brut54%
(de 45% à 73%)
48%
Rentabilité (expl.): EBE/UMO*79 644€
(43 293€-179 460€)
57600€
Rentabilité de l’atelier BV : nombre de SMIC/UMO*2,2
(1,60-3,95)
0,8
Rotation du capital : capital actif foncier hors foncier /EBE hors foncier et MO*4,6
(2,7-5,8)
5,8

*MO : main d’œuvre et UMO : unité de main d’œuvre

NB : Pour écarter toute exploitation « hors normes », l’Institut s’est également appuyé sur l’expertise de ses conseillers.

« Des marges de progrès importantes »

Si l’efficacité n’est pas liée à un seul mode de conduite, ces exploitations ont un socle commun. Les enquêtes ont permis de déterminer que ces éleveurs, techniquement affûtés dans la gestion de leur troupeau et de leurs surfaces, perçoivent le territoire et le reste de la société comme sources d’opportunités (diversification de types tourisme, énergies renouvelables, transformation, services environnementaux).

« Ce sont des éleveurs très complets : animaux, surfaces, équipements : tout est maîtrisé »

Un sur deux a recours au salariat avec moins de 2 UMO par exploitant, et « le travail d’astreinte n’y est pas plus important que dans nos références », souligne Emma Sanne, ce qui implique une meilleure efficacité dans le travail. Ce sont des élevages où l’organisation est réfléchie, par exemple au travers des formes collectives : certains se répartissent les rôles, d’autres au contraire souhaitent que chacun puisse être en mesure de tout faire ». Toujours à la recherche d’améliorations techniques ou organisationnelle, la totalité de ces éleveurs étudie les alternatives à l’achat de matériel, « que ce soit le recours au matériel en cuma, à l’entreprise, à la copropriété », note la chercheuse.

François Dumont, dans l’Indre (161ha en système herbager, une centaine de mères charolaises)  « J’essaie de rester dans un système simple et efficace, avec un minimum de mécanisation. L’objectif est de chercher de la valeur ajoutée sur la vente des animaux. » Sur la mécanisation : «  Les ensilages sont faits en entraide avec le voisin, on fait intervenir l’entrepreneur. Pour les faucheuses conditionneuses, l’épandeur à fumier, des choses comme ça, on achète en copropriété, le reste en individuel en essayant d’amortir. »

François Dumont, dans l’Indre (161ha en système herbager, une centaine de mères charolaises)

François Dumont, de l’Indre, témoignait lors de la conférence du Sommet de l’élevage :

« J’essaie de rester dans un système simple et efficace, avec un minimum de mécanisation. L’objectif est de chercher de la valeur ajoutée sur la vente des animaux. » Sur la mécanisation : «  Les ensilages sont faits en entraide avec le voisin, on fait intervenir l’entrepreneur. Pour les faucheuses conditionneuses, l’épandeur à fumier, des choses comme ça, on achète en copropriété, le reste en individuel en essayant d’amortir. »

 

Thierry Berton, naisseur engraisseur dans la Haute-Vienne (97ha, 80 mères limousines)

Thierry Berton, naisseur engraisseur dans la Haute-Vienne (97ha, 80 mères limousines)

Thierry Berton, venu de la Haute-Vienne:

« J’ai recours à l’entreprise, et je fais beaucoup appel à la cuma, ça me permet de faire de belles économies. Mon objectif est de produire le plus possible de viande au moindre coût. Ça passe par un bon troupeau, une bonne conduite et la maîtrise des charges au maximum », ce qui se traduit par l’achat d’engrais et de semences avec d’autres agriculteurs, des prairies de mélange et un ensilage maïs de bonne qualité.

Vous voulez en savoir plus sur les quatre profils d’éleveurs et les leviers à actionner? Emma Sanne et Patrick Sarzaud, de l’Idele, vont plus loin dans les vidéo qui suivent.

Emman Sanne, sur les 4 profils d’éleveurs identifiés:

 

Patrick Sarzaud, sur les leviers à mobiliser:

 

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