Agriculture de conservation : « la recherche ne nous aide pas »

Ils étaient 4 à témoigner lors du Colloque Agriculture de conservation des sols à Toulouse. Quatre agriculteurs qui ont pu exposer pendant deux bonnes heures–c’est assez rare- le pourquoi, le comment, les erreurs, les tâtonnements, l’économie, mais aussi la solitude, et surtout le manque de références.

Une démonstration de semis sous couvert dans le Calvados.

Les chercheurs leur ont donné la parole, et ils n’ont pas boudé leur plaisir : les quatre agriculteurs invités à témoigner le 16 septembre se sont rejoints sur des points aussi divers que la nécessité de fertiliser leurs couverts, le plaisir de retrouver de la liberté dans leur métier, les relations avec leurs comptables et le besoin de solutions techniques.

Ils ? Quatre exploitants qui, par choix, histoire familiale ou nécessité, travaillent depuis plus de 15 ans sur les trois piliers de l’agriculture de conservation : diversification des rotations, passage à des couverts végétaux de plus en plus sophistiqués et diminution du travail du sol jusqu’à l’abandon.

  • Christian Abadie, polyculteur-éleveur dans le Gers
  • François Mandin, polyculteur-éleveur et accueil touristique en lisière du Marais Poitevin
  • Sarah Singla, céréalière dans l’Aveyron
  • et David Vincent, viticulteur et céréalier dans l’Aude, en zone méditerranéenne

« Ils nous expliquent ce qu’on fait ! »

Parmi les sujets sur lesquels les agriculteurs attendent des réponses : des solutions pour remplacer les molécules qui vont être interdites sous peu, pour répondre au parasitisme engendré par les pratiques de conservation des sols, des bioproduits également envisagés pour la fertilité. Dans leur viseur, également, la sélection variétale notamment pour les semis sous couvert végétal, « très en retard en France ».

Plus d’information sur : Agriculture de conservation en cliquant sur ACS

Intervention particulièrement applaudie, celle de François Mandin : « Il y en a marre qu’ils [les chercheurs, ndlr] viennent nous expliquer qu’on est bons, et nous apporter des résultats qui ne nous servent à rien. Ils nous expliquent ce qu’on a fait ! Mais dites-nous comment ! C’est l’enjeu pour nos groupes. Nous, nous donnons tout ce qu’on fait, nous sommes les seuls à le faire. Nous voulons que cela serve à des agriculteurs, pas à des structures qui le vendent.  (…) C’est l’enjeu n°1 : comment ces chercheurs sont capables de mettre des outils à notre disposition pour nous apporter des réponses pratiques à court et moyen termes ? »

Le colloque, intitulé « Agriculture de conservation des sols ; une gestion agro-écologique pour une triple performance économique, sociale et environnementale », se déroulait le 16 septembre à l’École nationale supérieure de formation de l’enseignement agricole. Il était organisé par l’INP ENSAT, l’Inra Toulouse Midi-Pyrénées, le Sicoval, Toulouse Agri Campus, Agronutrition, l’APAD, Agro Projets Services et la Région Occitanie Pyrénées Méditerranée.

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