Déchaumer n’est pas jouer. Opération culturale plus que courante, le déchaumage nécessite parfois plusieurs passages et autant de multiplication de ses coûts. Connaître ses charges de chantier constitue donc un enjeu essentiel. Pour cerner ces variations de prix, nous avons exploré des variations de plusieurs paramètres : le débit de chantier, le prix du carburant, et enfin la taille des parcelles. Nous partons d’un déchaumeur travaillant sur environ 5 m de large. L’outil est semi-porté ou traîné. Il est acheté au prix moyen de 50 000 € et utilisé durant 8 ans à hauteur de 500 ha/an. Son coût de détention s’élève à 11,50 €/ha. À surface et durée d’utilisation équivalente, c’est 60 centimes de plus que le même outil en 4,5 m. Retour sur le coût du déchaumage à l’hectare en 2025.
Coût du déchaumage à l’hectare : 25% du coût de chantier
Pour le chantier visé, ce déchaumeur de 5 m de large est attelé à un tracteur de 220 ch utilisé 700 heures/an, qui coûte 29,11 €/h hors carburant. Cette puissance est un choix de compromis. Nombre d’utilisateurs faisant part de 180 à 200 ch devant le déchaumeur.
Mais la traction passe rapidement à 250 voire 280ch dans les secteurs à fortes pentes et à dévers, comme témoigné et partagé par exemple dans le Gers cet automne 2025.
Le tracteur 220 ch consomme 27,9 l/h d’un GNR à 1,10 €/l. Le débit de chantier dans la parcelle est positionné plutôt optimiste à 3,8 ha/h. C’est le débit brut obtenu dans l’analyse de compteurs connectés relevant l’activité à l’intérieur de parcelles.
Enfin, nous considérons un coût de main-d’œuvre à 24 €/h. Attention, ce coût ne comprend pas les heures à la préparation, à l’entretien, etc.

Coût moyen d’un chantier de déchaumage en France en 2025. (©Entraid)
Sur cette base, le chantier en parcelle sans tenir compte de la main-d’œuvre coûte 40,20 €/ha, soit 11,50 €/ha de déchaumeur, 20,60 € de tracteur et 8,10 €/ha de carburant.
Si l’on ajoute le chauffeur, le coût total monte à 46,50 €/ha. Sur cette somme, le poste déchaumeur s’avère être à 24,73 %, suivi de la consommation à 17,4 % Viennent ensuite la main-d’œuvre à 13,54 % et la traction à 44,3 %.
Si l’on ajoute la phase de transport, le coût de chantier atteint 54,60 €/ha. Soit un peu plus de 8 €/ha juste pour amener l’ensemble à la parcelle, chauffeur compris. Un alourdissement conséquent de 17 % de la note. Il y a intérêt à minimiser ces phases.
D’autant que l’effet surface ne pèse pas tant que ça dans le coût de chantier. En effet, en parcelle avec coût du chauffeur et du carburant compris, déchaumer 650 ha/an au lieu de 500 ha ne fait baisser le coût de chantier que de 0,60 €/ha. Soit quand même 390 €/an. Cet effet à la baisse s’affaisse un peu quand on va chercher les 800 ha/an. On gagne 30 centimes à l’hectare pour 150 ha déchaumés en plus. Soit 45,60 €/ha au lieu de 46,50 €/ha pour 500 ha/an.
Ces faibles écarts ne sont pas si surprenants. Le déchaumeur ne pèse que 25 % du coût de chantier. L’optimisation de l’organisation de chantier a un meilleur impact sur le coût du déchaumage, plutôt que d’aller chercher des surfaces sur des parcelles éloignées pour augmenter la surface travaillée.
Effet débit de chantier
Essentiel, le débit de chantier joue sur le coût de chantier final. Ce dernier sera d’autant plus bas que les heures de traction et de conduite seront optimisées. Nous sommes partis d’une hypothèse plutôt optimiste de 3,8 ha/h au déchaumage avec des outils de 5 m. Ce chiffre nous est notamment donné par l’exploitation de données issues de compteurs connectés.
Pour observer l’effet débit de chantier sur le coût de chantier, nous le faisons varier de plus ou moins 0,5 ha/h.

Effet débit sur le coût de chantier. (©Entraid)
Imaginons que l’exploitant doive faire face à un parcellaire défavorable ou même à des conditions météo et culturales elles-mêmes défavorables, obligeant à l’extrême à des arrêts de travaux. À 3,3 ha/h, le chantier à la parcelle coûte alors 49,20 €/ha au lieu de 46,50 €/ha, soit 6 % de hausse. Cela fait donc cher les bourrages.
À l’inverse, parce que le parcellaire le permet et/ou que les conditions agro-climatiques sont optimales, le débit de chantier peut être bien meilleur. Partons alors sur un débit de chantier de 4,3 ha/h. Dans ce cas, le chantier complet passe à un coût de 50,50 €/ha. C’est 7,5 % de baisse ! Et autant d’équivalents euros gardés dans la poche.
Effet carburant sur le coût du déchaumage à l’hectare
Nous l’avons vu encore cette année 2025, le prix du GNR peut avoir tendance à jouer au yo-yo. Et malheureusement, on ne remplit pas forcément sa cuve au meilleur moment.
Alors simulons l’effet de variations de prix du carburant, GNR et Adblue additionnés, sur le coût de chantier. La valeur de 1,10 €/l retenue comme référence moyenne correspond au prix constaté dans la plupart des régions à la fin de l’été et en début d’automne. Nous chiffrons ici l’effet d’un passage à 1,32 €/l, déjà vu par le passé.
Le chantier à la parcelle avec notre tracteur de 220 ch prend alors 1,70 €/ha. À l’inverse, le plein à l’aide de carburant au prix de 0,88 €/l provoque une économie sur le coût de chantier de 1,60 €/ha. Toujours bon à prendre.

Effet du prix du carburant sur le coût de chantier (©Entraid)
Effet taille des parcelles
Revenons à un paramètre connu de l’exploitation, son parcellaire. Car les données dont nous disposons nous permettent de faire un focus sur différentes catégories de taille de parcelles. Cela précise donc les variations de débit de chantier sur ce seul paramètre.
Nous distinguons ainsi les coûts de chantiers pour les parcelles de moins de 5 ha, pour celles de 5 à 10 ha, pour celles de 10 à 15 ha et pour celles de plus de 15 ha.

Effet taille des parcelles sur le coût de chantier (©Entraid)
Globalement, si l’on compare les extrêmes, le coût de chantier tout compris, avec transport, main-d’œuvre et carburant, est d’au minimum 49,60 €/ha si l’on ne cultive que des parcelles de plus de 15 ha.
À l’inverse, si l’on ne dispose que de parcelles faisant toutes moins de 5 ha, notre coût de chantier atteint 64,80 €/ha. Ce coût-là, très élevé, correspond pourtant très certainement à de nombreuses situations de l’ouest et du sud-ouest de la France. Alors que le quart nord-est du pays, les plaines céréalières des Landes et de Gironde, est plutôt sur des plus grandes parcelles. Mais pas forcément majoritairement de plus de 15 ha.
Pour ces secteurs, les coûts de chantier sont plutôt à observer dans les catégories 5 à 10 et 10 à 15 ha. La première donne un coût de chantier à 54,10 €/ha tandis que la seconde les donne à 51,40 €/ha. On se rapproche alors de notre moyenne de départ à 54,60 €/ha.
Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com :





