Les plantes font plus de travail que le cover-crop

Lorsqu’il reprend le domaine viticole de 24 hectares en appellation Saint-Mont, Fabrice Fort veut inscrire son action dans une tradition familiale riche de quatre générations.

Couverts végétaux : Fabrice Fort met l'agronomie au cœur de sa stratégie pour ses vignes.

Après avoir été salarié agricole dans une exploitation maraîchère des Hautes-Landes qui lui ont causé un mal de dos chronique, Fabrice sait ce qu’il ne veut pas : passer son temps sur un tracteur ! C’est en partie dans cet objectif qu’il réfléchit l’organisation de son exploitation. Un objectif en parfaite adéquation avec sa vision de la conduite de la vigne et son désir de placer l’agronomie au cœur de son itinéraire technique. «Agronomiquement, je suis persuadé que les plantes font plus de travail que le cover-crop. Depuis plus de 25 ans, mon père travaille uniquement un rang de vigne sur deux. L’autre est semé avec de la fétuque.» En faisant le choix d’implanter des couverts végétaux sur la totalité de la surface, Fabrice cible plusieurs objectifs.

Il cherche à améliorer la structure de ses sols argileux et argilo-limoneux, souvent sujets à de la battance, et à contrôler la vigueur de la vigne. La lutte contre l’érosion constitue également un enjeu important dans cette région très vallonnée.

Couverts végétaux : un gain agronomique

Fort de l’expérience de son père, il sait que l’installation de couverts végétaux ne représente pas de risque dans une appellation où le rendement autorisé est compris entre 45 et 60 hl/ha. «Les couverts végétaux permettent de contrôler la vigueur ce qui, dans notre zone, est un avantage. En outre, en réduisant le nombre de passages de tracteur, ils entrainent une économie substantielle et me permettent de préserver mon dos.»

C’est ainsi que dans les parcelles de cépages blancs, il a implanté des féveroles pour favoriser des apports azotés, et des graminées (dactyle, ray-grass, avoine) dans les parcelles de rouges. Tous les couverts végétaux sont implantés dès que possible après les vendanges grâce à une herse rotative combinée à un semoir à disques IH que Fabrice Fort a adapté à la largeur de ses vignes.

Deux ans après, le constat est sans appel. «Je n’apporte plus d’engrais azotés sur les parcelles de blancs et, d’ores et déjà, les rangs sont beaucoup plus roulants, ce qui occasionne moins de secousses pour le tractoriste. D’un point de vue agronomique, la réalisation de profils sur les fétuques de plus de quinze ans a confirmé l’intérêt incontestable des couverts végétaux pour la vie du sol et sa bonne colonisation par les racines de la vigne», conclut-il. Un constat qui pourrait convaincre d’autres adhérents de la cuma Cuvée 93 où, à ce jour, il est le seul à s’être engagé dans cette pratique.


Viti 2017 supplément Entraid paru en Novembre 2017.

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Lire les articles précédents issus du hors-série Viti paru en novembre 2017 :

Vigne : redonner de la fertilité aux sols avec les couverts végétaux

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