Lors des transmissions d’exploitations, la cuma a son rôle à jouer. C’est ce qu’ont rappelé les intervenants de la table ronde organisée à l’occasion de l’assemblée générale de la frcuma de Bourgogne Franche-Comté le 5 février. En effet, la région vit un tournant démographique et la survie des territoires dépend des reprises des exploitations. « La cuma est le premier rempart aux coûts financiers élevés d’une reprise », lance Hervé Delacroix, président de la fédération des cuma de Bourgogne Franche-Comté. En effet, avec la reprise de parts sociales plutôt que du matériel, le montant lié à la mécanisation s’amoindrie significativement. La cuma est un outil pour faciliter la reprise des exploitations.
La cuma pour baisser le coût de la reprise des exploitations
Le collectif et plus précisément les cuma sont des avantages dans le parcours à l’installation. Que ce soit d’un point de vue financier ou social. « Pour cela, nos cuma doivent être ouvertes et accueillantes envers les jeunes installés, même s’ils ne sont pas issus du monde agricole ou du territoire, insiste le président. En accueillant des jeunes, vous pérennisez vos cuma. »
Pour cela, les exemples sont nombreux et les témoignages fusent dans la salle. Certains mettent en place des périodes probatoires pour que ces nouveaux installés puissent avoir accès au matériel dont ils ont besoin, sans s’engager financièrement dès le début. D’autres, facilitent les rachats de parts sociales voire même les diffèrent.
S’insérer dans un territoire
Tant de moyens pour dépasser les aprioris sur des jeunes entrants. « Certaines cuma sont un peu fermés, ou ont des groupes restreints, avoue Thomas Lemée, président des Jeunes Agriculteurs de la région. Ils ne faut pas hésiter à s’ouvrir, bousculer un peu son organisation pour faire une place aux jeunes, leur donner une chance. »
Car selon lui, c’est en travaillant avec son voisin que l’on se connaît mieux et qu’on peut s’intégrer dans un territoire, voire même partager de la main d’œuvre. Comme l’illustre le témoignage de Sébastien Viennot, adhérent à la cuma des deux vallées qui n’était pas de la région. « Travailler en groupe, ça facilite l’insertion dans un territoire. » Forcément, qui dit nouveau, dit parcours d’intégration. « Nous devons prendre le temps d’expliquer la cuma ses règles, ses spécificités et ses statuts, sans quoi, cela pourrait porter préjudice aux groupes », estime le président des JA.
Parler davantage de cuma lors des reprises d’exploitations
Faire preuve de pédagogie, c’est bien là où les cuma veulent agir. « Nous devons parler davantage et très tôt des bénéfices des cuma lors du parcours à l’installation », plaide Hervé Delacroix. Ce dernier insiste auprès de sa fédération pour diffuser le plus largement possible le modèle des cuma dans les établissements scolaires de la région. « Le raisonnement des charges de mécanisation est déjà présent dans les parcours de Côte d’Or, explique Baptiste Colson, élu à la chambre d’agriculture en charge de la formation, l’installation et la transmission. Quatre jours sont dédiés et un suivi post installation grâce aux Geda est prévu. L’occasion de revoir les stratégies de mécanisation si besoin. » Il faut aussi que le repreneur soit réceptif.
Cédants responsables
Toutefois, si les jeunes doivent être moteurs et montrer leur motivation à adhérer à une cuma pour faciliter leur installation, les cédants ont aussi un rôle à jouer. » Il est possible aux cédants qui arrivent en fin de carrière d’adhérer à une cuma », juge l’élu de la chambre d’agriculture. C’est un bon plan pour lever le pied en travaillant en groupe mais aussi pour soulager le montant de la reprise de son exploitation. Pour inciter les agriculteurs, futurs cédants, la chambre d’agriculture propose un accompagnement des cédant spour qu’ils définissent une orientation technique afin que leur exploitation soit plus aisément reprenable.
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