Désherbage mécanique : ça n’intéresse pas que les bio !

Les cuma sont de plus en plus nombreuses à investir dans une herse ou une bineuse. Leurs motivations sont multiples : accompagner la conversion bio des adhérents ou diminuer le recours aux produits chimiques.

La rencontre était organisée dans le cadre du projet Scar'AB.

Le désherbage mécanique n’est pas l’apanage des agriculteurs biologiques. La dernière rencontre, organisée par la frcuma du Nord Pas-de- Calais Picardie à la cuma la Verloossoise, le démontre. Le 11 mars dernier, ils étaient une quinzaine d’agriculteurs à échanger sur la thématique, au pied des machines. Parmi ceux-ci, des agriculteurs bio mais aussi des exploitants engagés dans la réduction des doses phytosanitaires. D’emblée, Charles-Edouard Lévèque, animateur, a posé les bases de la rencontre : «Aujourd’hui, le but n’est pas de courir après le matériel dans les champs. On est là pour discuter des choix techniques, économiques et d’organisation.»

Large gamme de matériels

Pierre Damageux, administrateur de la cuma la Verloossoise, a passé en revue les équipements de ce groupe : une herse étrille, une houe rotative, deux bineuses et un désherbeur thermique. «Je me suis converti en bio en 2008, j’étais le premier dans la cuma. Le bureau a alors fait le pari d’investir collectivement dans du désherbage mécanique», raconte-t-il.

Il fait office de pionnier en matière de lutte alternative contre les adventices. En choisissant de le soutenir, la cuma a financé en quelque sorte de la recherche et développement. De son côté, l’agriculteur bio a bénéficié d’un parc matériel diversifié et performant. Au final, chacun y trouve son compte.

«Nous avons investi dans une herse de marque Treffler, dont les dents sont plus agressives et montées sur ressort, pour épouser la forme du terrain», présente Pierre Damageux. «Quand les conditions ne permettent pas de passer avec la herse étrille, nous utilisons une houe rotative.» Cette houe présente une particularité : ses dents sont montées en sens inverse,  pour une attaque avec le dos de la cuillère. Les bineuses, pour leur part, sont équipées de caméras. Elles sont conduites par un salarié de la cuma, car cette technologie nécessite un certain temps d’appropriation. «Avec la caméra, le prix de la bineuse passe du simple au double. Mais nous gagnons en précision et cela nous permet d’augmenter la vitesse, qui varie entre 10 et 15km/h. De plus, plus besoin de poster un opérateur à l’arrière», explique Pierre Damageux.

Sans oublier l’agronomie…

Pour autant, Pierre Damageux reste lucide : «La solution ne passe pas que par le matériel. La date de semis, le choix des variétés…, tous ces facteurs agronomiques sont très importants pour réussir son désherbage.» Par exemple, en maïs, il a pris l’habitude de semer à une profondeur de 5cm. Il provoque ainsi un décalage entre la levée des mauvaises herbes et celle du maïs. Ce qui lui permet de passer la herse étrille. Là encore, le collectif joue un rôle décisif : celui de diffuser les bonnes pratiques.

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En chiffres : le parc matériel dans le Nord Pas de Calais

Bineuses
- Une quarantaine dans le Nord Pas de Calais
- Prix d’achat : entre 5000 € (bineuse simple 6 rangs) et 28000 € (bineuse 18 rangs autoguidée )
- Coût de revient : à peu près 20 – 25€/ha
- Volume d’activité annuel : 50 à 200 ha/an

Houes rotatives
- Une petite dizaine dans le Nord Pas de Calais
- Prix d’achat : 12 000 à 16 000 €
- Coût de revient : à peu près 15 € /ha
- Volume d’activité annuel : 50 à 200 ha/an

Herse étrille
- Une quinzaine dans le Nord Pas de Calais
- Prix d’achat : entre 12 000 et 26 000 €
- Coût de revient : à peu près 15 € /ha
- Volume d’activité annuel : 15 à 60 ha/an

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