En quête de valeur ajoutée

Gestion économique
Les prix des produits agricoles ont augmenté en moyenne en 2018. Mais cela ne suffit pas dans certaines filières à couvrir l’ensemble des coûts de production.

"Les prix agricoles, et donc le revenu des producteurs, ne dépendent pas ou bien peu des prix payés par les consommateurs pour des produits alimentaires dont la composante agricole est de plus en plus faible», selon l’Observatoire des prix et des marges.

27/06/2019 - 14:00

Dans son rapport 2019, l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires dresse un panorama 2018 pas vraiment satisfaisant pour les producteurs….

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En 2018, les prix des produits agricoles ont globalement progressé de + 2,2% en moyenne. Avec des différences entre les familles de produits. Malgré cette hausse, «…la rémunération de la plupart des éleveurs s’est dégradée par rapport à 2017, en raison de la hausse quasi-générale des coûts de production que l’évolution des prix à la production n’a pas permis de compenser», indique le rapport. En effet, les coûts de production des produits agricoles ne sont pas tous couverts dès l’instant on l’on intègre le coût réel du travail et du capital.

Prix d’appel !

En parallèle, l’Observatoire constate le faible niveau de marge nette dégagée dans les rayons alimentaires des GMS, «rapportée au chiffre d’affaires, elle ressort à 1,2% avant impôt, en baisse par rapport à 2016 (1,7%). Elle s’établit à 0,8% après impôt.» On constate même que certains rayons alimentaires dégagent une marge… négative, comme la boulangerie et la boucherie (contrairement aux volailles et à la charcuterie). Cela conforte l’idée que certains prix de vente affichés représentent en quelque sorte pour les distributeurs un prix d’appel. Objectif: attirer le consommateur dans le magasin, avec l’espoir de le convaincre ensuite d’effectuer d’autres achats, hors secteur alimentaire.

Davantage de produits importés

Les prix relevés dans les GMS concernent 2017, ceux de 2018 n’étant pas encore totalement disponibles. En conséquence, difficile de savoir si la Loi Egalim a porté ses fruits… Ce que l’Observatoire détecte en revanche, c’est la part croissante des importations dans les dépenses alimentaires… Analyse de Philippe Chalmin, le président de l’Observatoire de la formation des prix et des marges de produits alimentaires, en conclusion de ce rapport 2019: «Les prix agricoles, et donc le revenu des producteurs, ne dépendent pas ou bien peu des prix payés par les consommateurs pour des produits alimentaires dont la composante agricole est de plus en plus faible. Les prix des matières premières sont désormais, pour l’essentiel, en prise directe avec le marché mondial et ses fluctuations.»

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