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Quand l’azote se volatilise, les euros aussi s’envolent !

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Quand l’azote se volatilise, les euros aussi s’envolent !

Que la tonne porte derrière elle une buse classique, une rampe à pendillards ou un enfouisseur... change la donne.

Pour épandre son lisier, a fortiori son digestat, concéder quelques euros en plus pour un chantier qui implique un enfouisseur revient, finalement, à acheter un peu d’engrais à bon prix. À vos calculettes!

Le lisier a de merveilleux qu’un service d’épandage facturé plus cher peut pourtant s’avérer plus économique. Car le calcul des conseillers du réseau cuma (dans le cadre du programme Teplis) est clair. Chercher à limiter les pertes d’azote au moment de l’épandage ne coûte pas plus cher. Et ça peut finalement rapporter des économies. Alors, quid du coût de l’enfouissement du lisier ?

Début mars, lors d’une journée technique spéciale sur l’épandage, Anne-Laure Duhaut (Fédération Bretagne Ille-Armor) prend ainsi l’exemple d’une tonne de 15,5m3, pour une activité annuelle de 10.000m3.

Coût de l’enfouissement du lisier : les pertes d’azote à intégrer dans l’équation

Avec un enfouisseur à disques 4m, le coût du service s’élève à 3,22€ et les pertes par volatilisation sont négligeables. Avec une buse classique, la cuma réussirait à ne facturer que 2,25€/m3. Mais il y aurait de l’ordre de 10.000€ de pertes d’azote à faire entrer dans l’équation comparative, en considérant qu’une unité d’azote coûte 0,70€.

Ainsi, le coût global réel de cet exemple s’établit à 3,30€/m3. En conséquence, et sans considérer les impacts environnementaux des émissions produites, à la fin de l’année, l’épandage à la buse coûterait plus cher à l’agriculteur que le même service avec l’enfouisseur.

Sur le même sujet : Combien ça coûte de passer à l’enfouisseur ?

C’est à la fin de l’exercice qu’on compte les sous

Comme les bouses rapportent des unités, autant ne pas les laisser s’envoler. Et à ce petit jeu, c’est le pendillard qui s’en sort le mieux: 3,07€/m3 dans l’exemple donné (et avec une rampe 15m), mais à un détail près. Car comme dans le cas de la buse, il faudra ajouter le coût de l’intervention d’enfouissement. Seule l’hypothèse ‘avec enfouisseur’ intègre en effet les deux actions.

«Le niveau des pertes dépend du délai entre les deux interventions.» Plus l’incorporation est précoce, plus les pertes sont limitées. Pour son exemple, l’animatrice retient les références suivantes: Lisier affichant 3uN/m3, épandu par une température de l’air de 12°C et enfoui dans les 6 heures.

Par ailleurs, l’outil de travail du sol employé joue aussi. Ce qui enraye le mieux le phénomène de volatilisation, c’est le labour. Mais par rapport aux déchaumeurs ou à la herse rotative, le passage de charrue, «c’est aussi ce qui vous coûte le plus cher.»

coût de enfouissement du lisier

Plusieurs cuma bretonnes se sont associées pour investir dans une solution qui facilite la réalisation de leur chantiers éloignés.

la cuma agribocage dispose d'un caisson tampon grâce auquel elle dissocie le transport et l'épandage

La cuma locale dispose d’un caisson mobile. Les tonnes de transport y apportent le lisier. L’engin d’épandage vient s’y approvisionner.

coût de enfouissement du lisier

Deux automoteurs étaient présents.

La citerne routière et le caisson de transfert sont complémentaires

Les outils proposés à la démonstration du 2 mars affichaient leur complémentarité.

coût de enfouissement du lisier

La citerne de transport de 30m3 alimente le caisson tampon. Elle assure ainsi deux pleins de l'automoteur spécialisé dans l'épandage.

coût de enfouissement du lisier

Le poids des engins (et sa répartition) a aussi un impact sur le tassement des sols.

Vers de lourds changements de logiques

Reste la question de concilier cet enjeu avec les questions de réglementation routière, d’agronomie, etc. En effet, ajouter de tels équipements leste un peu plus des ensembles qui n’en ont parfois pas spécialement besoin. Car avec le transport de lisier, les limites (38t total roulant ou 13t par essieu) sont vite atteintes. D’autant que mettre des pendillards ou un enfouisseur pousse à améliorer les performances du matériel.

Dans d’autres cas, la question de l’embauche surgît. Il faut du débit. Donc du volume. La démonstration du 2 mars a Iffendic (35) aura ouvert la porte à des nouvelles idées. Mises en pratique, elles pourraient bien lever quelques freins.

Plus d’information dans un prochain magazine.

Également dans l’actualité de l’épandage :

Interdiction d’épandre des effluents non bio sur des parcelles en bio !

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La cuma de Saint-Hilaire-des-Landes utilise son automoteur.