Grand différentiel et petit écartement pour un éclateur performant

En 2019, les conseillers ensilage du réseau des cuma dans l’Ouest organisaient un essai comparatif sur les éclateurs, le deuxième du genre. Il se confirme qu’un différentiel de vitesse important entre les rouleaux est favorable à l’obtention d’un travail satisfaisant.

Les chances d’obtenir des grains suffisamment éclatés augmentent avec des rouleaux d’éclateurs serrés et tournant à des vitesses très différentes (@Ronan Lombard).

Le taux éclatement des grains du maïs ensilé augmente nettement lorsque la différence des vitesses de rotation des deux rouleaux de l’éclateur croît et que l’espace laissé entre ces derniers se réduit. Depuis deux ans, le réseau des cuma de l’Ouest organise des essais comparatifs sur les réglages d’éclateurs et les tendances se confirment. Avec 32, 40 et 50 % de différentiel de vitesse, passer de 2 à 1 mm d’écartement conduit à une augmentation du taux éclatement du grain du Corn sillage processing score (CSPS) mesurée entre 5 et 8 points. Avec un différentiel de vitesse de 24 %, le gain induit par le serrage des rouleaux est moindre. D’une manière générale, plus le différentiel est important, plus l’effet d’éclatement sera réactif à un resserrage de l’éclateur.

L’impact du réglage s’accroît

En 2019, comme l’année précédente, l’essai du réseau cuma se basait sur un éclateur ‘Premium KP’, anciennement nommé ‘US Intensif’, un modèle couramment monté sur les machines de cette série en service dans les cuma. Dans différentes configurations de réglages, il était cette année comparé à l’éclateur ‘X stream’ qui équipe la John Deere 8400 de l’Udcuma du Morbihan mobilisée pour l’occasion. En dehors des 8 configurations d’éclateur testées, les réglages de l’ensileuse ont été inchangés: longueur de coupe de 17mm avec un rotor à 40 couteaux.

L’excellence à 70 %

Réglé avec un écartement de 1mm, le X stream de la cuma départementale atteignait un CSPS de 72,6% ce jour-là. Il franchissait donc la barre de l’excellence fixée à 70%. Notons que le maïs récolté dans une parcelle de la cuma de Saint-Jean-de-Breizh (à Séglien dans le Morbihan) affichait un taux de matière sèche de 37%, plus proche des conditions moyennes rencontrées dans les chantiers que celui de l’essai réalisé en Vendée l’année précédente (40 % MS).

Avec les éclateurs à 32% de différentiel on parvient à passer la barre des 50% de CSPS, niveau à partir duquel on commence à considérer que l’éclatement est bon. Ce constat alerte quant aux limites des éclateurs d’ancienne génération, encore proposés il y a 4 ou 5ans sur certaines séries de machines, avec des différentiels de 20 à 25%. Il va dans le même sens que les observations faites sur le terrain par les conseillers du réseau lors des suivis d’éclatement sur les chantiers.

Regard sur la performance du chantier

Pour les cuma concernées, «il peut être pertinent de prendre contact avec un conseiller technique référent ou avec son concessionnaire pour voir quelles solutions sont à envisager au niveau des réglages ou lors des changements d’éclateur», indique Christopher Brachet, conseiller ensilage du réseau des cuma de l’Ouest.

les conseillers cuma disposaient de plusieurs éclateurs pour établir des comparaisons

En dehors des huit configurations d’éclateur testées, les réglages de l’ensileuse ont été inchangés : longueur de coupe de 17 mm avec un rotor à 40 couteaux.

Cette année, le dispositif d’essai a permis de mettre en évidence des tendances de l’impact que des réglages de l’éclateur peuvent avoir sur le débit de l’ensileuse. Entre la configuration la moins agressive du Premium KP (24% de différentiel) et le X stream à 50%, le débit de chantier aura baissé de plus de 10% en moyenne avec les deux écartements. On a pu observer que le fait de réduire l’écartement de 1mm conduit à diminuer le débit de chantier de 2,8% en moyenne sur les quatre configurations testées.

tableau éclateur ensileuse

Influence du type d’éclateur.

 

Augmenter l’agressivité d’un éclateur joue aussi sur son usure, et donc sa durée de vie, mais l’enjeu économique de serrer plus ou moins est de l’ordre de 5 à 10€/ha supplémentaires (voir l’article Ensileuses: les éclateurs au banc d’essai). Vu les enjeux qu’il y a sur la valorisation des UF contenues dans les grains du maïs, le jeu en vaut donc vraiment la chandelle. Reste à savoir «jusqu’où faut-il réellement éclater les grains ?» La réponse est dans les mains des nutritionnistes et la décision du ressort des éleveurs.

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