[Groupe] Investir pour maintenir une dynamique

La cuma de Monségur (Gironde) doit faire face à une baisse du nombre de ses adhérents. Grâce au dispositif DiNA, une réflexion s’est engagée pour assurer l’avenir. Il passe par des investissements et des démarches de groupe.

Benoît Touchais, jeune éleveur, est président de la cuma de Monségur depuis deux ans.

Comme de nombreux groupes qui avaient une activité historique d’ensilage, la cuma de Monségur doit faire face à une baisse du nombre d’activités et surtout une diminution du nombre des ses adhérents. «Historiquement, elle s’est constituée autour d’éleveurs laitiers. Aujourd’hui, nous devons faire face aux nombreuses cessations laitières et aux départs à la retraite, non remplacés», explique Benoît Touchais, lui-même jeune éleveur laitier et président de la cuma depuis deux ans. Avec les membres de son bureau, il a fait le constat suivant: la baisse d’activité ensilage, activité historique de la cuma, a été limitée par une augmentation de surfaces chez certains adhérents. «Plus de 80% de l’activité de la structure demeure l’ensilage pour un chiffre d’affaires qui reste stable. Mais nous sommes de moins en moins d’actifs», précise l’éleveur.

La cuma a fait le choix d’une première diversification, il y a cinq ans, vers le maïs épi. Cela correspond à une demande interne. «En 2012, nous réalisions une vingtaine d’hectares, aujourd’hui, nous en sommes à plus d’une centaine. On assiste à un regain d’ensilage herbe depuis une dizaine d’années», ajoute Benoît Touchais.

Pour assurer la pérennité de sa structure, aidée par ses administrateurs, qui ont été en partie renouvelés, Benoît Touchais a souhaité être accompagné. «Le premier objectif était de faire un diagnostic précis sur le plan humain, social et économique en rencontrant tous les adhérents avec comme volonté affichée de continuer à répondre aux besoins en maintenant un bon niveau de performances techniques. La cuma demeure un outil utile mais pour faire quoi?»

Le DiNA (dispositif national d’accompagnement), réalisé par les animateurs de la fédération départementale, a mis en lumière  plusieurs problématiques: la réalisation de certains travaux en inter-cuma, amorcée depuis deux ans, qui va être accentuée, une réflexion à mener sur la main-d’œuvre à l’avenir, notamment sur les chauffeurs et sur l’intégration de jeunes, et les aspects techniques.

240.000 euros d’investissements

«Ont émané de ce DiNA différents projets d’investissement. Nous avons réalisé l’acquisition d’un tracteur de 200ch qui sert principalement dans l’activité de fauche et d’ensilage. Nous avons aussi investi dans un groupe de fauche de 9,50m et dans un andaineur à tapis. Ce sont des matériels qui seront livrés au printemps.»

Le tracteur représente 150.000 euros avec la maintenance et l’extension de garantie à 4.000 heures. «Pour le groupe de fauche, on est à 92.000 euros», détaille Benoît Touchais. La cuma d’ensilage vient d’engager 240.000 euros d’investissement pour au minimum les six prochaines campagnes.

«Le tracteur a été acheté car certains adhérents avaient besoin de  puissance pour certains chantiers. Il est venu remplacer un tracteur loué depuis des dizaines d’années.» L’étude a démontré qu’il fallait que le tracteur fasse 600heures pour que l’investissement s’avère rentable. À l’issue de cette campagne, ils sont rassurés: le nouveau tracteur est arrivé en août et il a déjà été utilisé 370heures. De mars à août, le concessionnaire leur a prêté un tracteur qui a effectué 300heures. «Nous sommes au-delà des 600heures du prévisionnel. Notre objectif est d’avoir un matériel à un coût de revient à 23euros de l’heure (Ad Blue compris) pour 600heures par an.»

Le dossier d’investissement de la cuma d’ensilage de Monségur comporte également l’achat d’une deuxième ensileuse. Les ensileuses arrivent en bout de course, après huit ou neuf campagnes. «L’achat est en cours de réflexion, nous l’avons intégré dans le projet de subvention, mais tous les paramètres ne sont pas réunis au vu des frais engagés sur l’ancienne. Le démarrage de l’activité du méthaniseur de la cuma de Lévignac, commune frontalière de l’activité de  notre cuma, pourrait justifier notre engagement. Surtout que nous avons un de nos adhérents très investi dans ce projet», détaille le président de la cuma.

Un méthaniseur pour 2018

L’approvisionnement de ce méthaniseur neuf repose sur les déjections animales fournies par 10 éleveurs (bovin lait, viande, ovin, caprin, volailles, palmipèdes) totalisant 5.000 m3 de lisier et 10.000 tonnes de fumier, dans un rayon d’environ 7km. Les travaux doivent débuter dans le courant du premier semestre 2018.

La cuma d’ensilage de Monségur mène aussi une réflexion sur la main-d’œuvre. L’ensemble des activités de la cuma ne génère pas assez de temps pour embaucher une personne à temps plein, mais cela peut devenir possible en inter-cuma ou par la création d’un groupement d’employeurs.

Chiffres clés de la cuma

• 50 adhérents dont des cuma pour l’inter-cuma
• Chiffre d’affaires 2016: 87.000€
• Répartition du CA par activité :
- ensilage maïs: 37.000 €, soit 250 ha,
- ensilage herbe: 23.000 €, soit 240 ha,
- ensilage maïs épi: 13.000 €, soit 100 ha,
- épandeur à fumier: 6.500 €,
- maïs humide boudin: 4.800 €
- fauche foin: 1.600 €, soit 36 ha
Diversifier et améliorer la qualité des fourrages
L’investissement dans le groupe de fauche se justifie par le souhait des adhérents d’une amélioration de la qualité des fourrages et donc du préfanage avec un impératif, maintenir les débits de chantier, voire les augmenter. Il s’agit aussi pour la cuma de diversifier son activité. Le nouveau groupe de fauche sera livré au printemps 2018. «Notre souhait est de développer de l’activité par de l’inter-cuma et par le rapport prix/prestations. Avec le nouveau groupe de fauche de 9,5m et selon nos simulations, on devrait être entre 22 et 30€ l’hectare. Avec le nouvel andaineur, on se situerait au global autour de 65euros l’hectare en prestations complètes, comprenant la fauche et l’andainage », explique Benoît Touchais. 

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