[Investissement] Malgré le gel, ils renouvellent

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Deux nouvelles New Holland Braud 9080 pour la cuma Vignobles du Haut-Médoc.

18/07/2018 - 09:15

Année de gel ne signifie pas forcément gel des investissements dans les rangs de vignes des cumistes girondins. Deux exemples, dans les cuma Jardins Jetés et Vignoble Haut-Médoc.

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Les deux machines à vendanger de la cuma Jardins Jetés ont été renouvelées pour les vendanges 2017. Sans changer de marque, ni de type de machines, les adhérents ont décidé d’investir dans une New Holland Braud 9060 avec trieur Socma et une Grégoire G7.240 non équipée de trieurs: une pour les viticulteurs en cave coopérative et une pour les viticulteurs en chais particuliers.

Le président, Eric Delugin, explique que si le renouvellement avait été repoussé en raison du gel, les pics d’entretien sur les machines seraient survenus dans un ou deux ans, années qui seront impactées par les conséquences économiques du gel. Faire le choix de maintenir le renouvellement permet à la cuma de garantir des prix stables pour les adhérents sur les prochaines années.

Facturation adaptée

La cuma Vignobles Haut Médoc, à Listrac-Médoc, fonctionne avec deux groupes complémentaires, chacun doté d’une machine à vendanger. Fin 2016, l’entretien de la New Holland VN 2080 et de la Grégoire G175 pèse: il s’avère supérieur à la valeur d’amortissement. Plus sensibles que des porteurs à voies fixes, les porteurs à voies variables sont utilisés aussi en polyvalence. 

Après s’être lancé dans un DiNA (Dispositif national d’accompagnement des cuma), le groupe décide d’investir dans deux nouvelles New Holland Braud 9080 à voies variables pour aller dans des vignes de 1 à 1,5m. Au total: des investissements d’environ 600.000€ HT avec les pulvérisateurs, avant le 31 décembre 2016.

La totalité des adhérents est ensuite touchée par le gel. Ces derniers redoutent le paiement des annuités, mais au final les machines tournent et les chauffeurs (adhérents et salariés) sont impressionnés par l’efficacité de l’outil et notamment, la gestion du régime moteur et le nettoyage de la tête de récolte via la télécommande.

Satisfaits de la qualité de la récolte, les viticulteurs assument une hausse du coût de l’emprunt, notamment compensé par une réduction de l’entretien et de la consommation de gasoil. Ils attendent aujourd’hui le prix de revient final pour adapter la facturation à cette année atypique.

«Réserves autres»

Certaines cuma ont procédé autrement: dans celles qui, à la fois, possédaient des « Réserves autres » très supérieures à 10.000 € et un report à nouveau positif (ou inexistant), les adhérents ont choisi de calculer le prix de revient en réalisant un déficit qui impacte directement ces réserves dans les limites du raisonnable. Concrètement, cela signifie consommer une partie de ces de ces «Réserves autres», dans la limite de 50%.

Exemple: si le montant de cette «Réserves autres» atteint 25.000€ et que le report à nouveau est positif, la cuma peut choisir de budgétiser 10.000€ pour l’activité vendange. L’intérêt est de réduire le prix de facturation: si pour 130 hectares, les charges totales s’élèvent à 30.000€, le prix de revient atteint 230€/ha, mais le tarif choisi est de 154€/ha, soit 20.000€ pour 130hectares.

Le plus délicat revient à fixer le ou les facteurs d’accès des adhérents à ces réserves. Le rendement et la surface, via la déclaration de récolte, semblent essentiels (voir le tableau ci-dessous). Ce coup de pouce est donné exclusivement aux adhérents qui sont à jour de leurs factures.

La cuma a choisi de budgétiser une aide de 10.045€ sur les «Réserves autres», le prix à facturer est commun à chacun, soit 230€ – (4,80€xnb. quintaux/ha perdus). Par exemple, Bruno a perdu 10q/ha en raison du gel, son tarif sera le suivant: (230€ – 4,8€x10)x30ha = 5.460€ ou 182€/ha.

Stratégie de renouvellement

Toutes les cuma n’ont pas une capacité financière suffisante pour renouveler rapidement du matériel à 220.000€ hors taxes, comme une machine à vendanger, ou aider leurs adhérents. Néanmoins, il est intéressant d’établir et de respecter une politique de renouvellement, surtout pour un outil de récolte. Tous les ans, les montants liés à l’entretien augmentent et peuvent dépasser la valeur d’amortissement.

C’est d’autant plus vrai lors des pics d’entretien (années 4-5 et 7-8, voir courbe ci-dessous).

Coût d’entretien moyen par saison de vendanges.

Renouveler un outil de récolte tous les 5-6 ans permet de réaliser une plus-value, car la valeur vénale de la machine est supérieure à sa valeur nette comptable. Ce qui permet d’acquérir du matériel neuf: la hausse du tarif d’une machine à vendanger est souvent de 4.000€/an, en raison notamment de l’augmentation des normes anti-pollution du moteur et de l’ajout de nouvelles technologies électroniques pour le confort des utilisateurs.

Dans tous les cas, l’équipe d’animation de la fédération des cuma accompagne les groupes pour parvenir à la meilleure solution possible. 

Par Léa Lecomte et Marc-Antoine Beauvineau
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