Maraîchage: succès de la journée de démo pyrénéenne

Belle affluence lors de la journée dédiée au maraîchage, organisée par les fédération des cuma du Gers et des Hautes-Pyrénées, le 24 septembre. Un secteur dans lequel les besoins de mécanisation sont importants.

La journée a rassemblé près de 200 participants, dont une majorité de professionnels. Un public plus jeune et plus féminin que lors des journées techniques organisées autour de matériels en grandes cultures notamment.

Deux constats ont mené à l’organisation de cette journée pyrénéenne de démonstration de matériels dédiés au maraîchage: les installations et les reconversions professionnelles sont de plus en plus nombreuses dans cette filière. Et les échecs également, en raison notamment de la forte pénibilité des travaux.

D’où l’intérêt de la mécanisation partagée, pour des maraîchers dotés de capacités d’investissement souvent restreintes, et souvent isolés, professionnellement parlant.

Écueils souvent évoqués : les distances entre exploitations, et la nécessité d’intervenir dans des fenêtres météo  étroites (on pense au binage), souvent au même moment pour tout le monde. Concernant la distance entre les exploitations, ce frein pourrait être levé car de nombreux matériels maraîchers (de par leur petite taille) peuvent être déplacés dans des remorques ou des utilitaires type camionnette.

Maraîchage : les machines intègrent aujourd'hui la dimension de confort de l'utilisateur.

Appui-tête de l’enjambeur Toutilo. L’ergonomie fait aussi partie de la réflexion, des maraîchers et de leurs salariés, pour des questions de fidélisation et de productivité.

Les témoignages de cuma de maraîchage qui ont rassemblé les quelques 200 participants ont permis de montrer que la voie est étroite, mais qu’elle s’ouvre peu à peu.

Sans occulter les obstacles, Yannick Régis, des cuma tarnaises de Viviers-les-Montagnes et d’En Salvage, et Jean-Michel Urruty, président de la cuma Baratze dans les Pyrénées-Atlantiques, ont évoqué le partage de leurs machines et la vie de leurs groupes. L’échange qui a suivi a permis de désamorcer les inquiétudes, notamment financières, de maraîchers intéressés par le partage de matériels.

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Prévention

La journée, organisée sur le Gaec des Légumes du Moulin à Monfaucon dans les Hautes-Pyrénées, a également permis de faire le point sur les méthodes préventives de lutte contre les adventices, hors-matériels. Thierry Massias, conseiller cultures légumières à la Chambre d’agriculture des Hautes-Pyrénées, a ainsi présenté les principes, avantages et inconvénients de différentes techniques : la prophylaxie, le faux-semis, le paillage, la solarisation et l’occultation, avec des résultats d’essais.

“Aux méthodes préventives, il faut combiner les méthodes curatives telles que le désherbage mécanique ou thermique. Aucune de ces techniques n’est suffisante en elle-même, a insisté le conseiller.

“C’est la complémentarité de ces méthodes qui en fait l’efficacité”. Son intervention sur la solarisation a été complétée par le témoignage de Jean-Pascal Fazillault, qui accueillait l’évènement au Gaec des légumes du Moulin.

Paillages : dégradation et recyclage

« Les paillages biodégradables viennent aujourd’hui remplacer les biofragmentables, quasi obsolètes. », a indiqué Claude Camaroque de la société CR Distribution

La biodégradabilité permet de se passer des coûts de dépose, de stockage, de  transport et de recyclage des plastiques souillés. « Une fois ces économies prises en compte, leur coût est du même ordre que celui des plastiques classiques », estime Philippe Marchenay de la coopérative Mendikoa.

Raphaëlle Poissonnet, animatrice des fédérations de cuma du Gers et des Hautes-Pyrénées (et chef d’orchestre de la journée) a détaillé les actions entreprises par le Comité des plastiques agricoles (CPA) et Adivalor pour mieux recycler les plastiques maraîchers souillés. La première action est la mise au point de machines qui nettoient les plastiques usagés (par système de brossage et de soufflage) et permettent de réduire le taux de souillure à moins de 50% afin de permettre le recyclage.

Deux machines ont été commercialisées en 2019 pour la filière carottes dans les Landes. Ce modèle a été développé par la station d’expérimentation Invenio et le constructeur Simonneau. En plus de nettoyer les films usagés, il les réenroule. D’autres machines sont en phase de test pour les filières échalotte, melon, pommes de terre, et salade sous serre.

Autre action menée par le CPA, l’ouverture d’une unité de pré-traitement des films pour les rendre directement utilisables par les industriels. Cette unité devrait ouvrir début 2021 dans le Sud de la France. Le dernier axe travaillé est la promotion des paillages biodégradables. « Toutefois, les producteurs manquent encore de solutions concrètes aujourd’hui sur le terrain car les films de paillage ne sont pas repris ou plutôt repris à des coûts trop élevés car jugés trop souillés pour le recyclage », indique l’animatrice. Un constat souligné à plusieurs reprises par les intervenants de la matinée.

Plus de 40 matériels

Le reste de la journée a permis aux participants de faire le tour d’une quarantaine de matériels, mis en situation de démonstrations dynamiques pour la plupart :

  • Semoirs et planteuses
  • Dérouleuses de films avec des essais réalisées avec 3 paillage biodégradables : papier, chanvre et PLA (polyactique acide)
  • Tracteurs adaptés au maraîchage, dont tracteurs électriques
  • Désherbage mécanique (de la bineuse manuelle électrique au guidage par caméra couleur…)
  • Récolteuses
  • Matériels autoconstruits
  • Robots polyvalents

Pour tester l’ergonomie, les producteurs ont été invités à tester certaines machines, comme les « cobots » des constructeurs Elatec, Touti-terre et Ponchon, sortes d’enjambeurs de cultures permettant de réaliser de la plantation, du désherbage ou de la récolte.

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