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Mauvaise augure pour la récolte de pommes de terre

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Mauvaise augure pour la récolte de pommes de terre

20% des surfaces de pommes de terre de consommation sont à ce jour arrachées.

Aux prémices des arrachages de pommes de terre, il est encore difficile de savoir de quoi sera faite cette campagne. Entre perte de qualité et faible quantité, on sait déjà que l'année sera mauvaise.

Pour les producteurs de pommes de terre, il est encore difficile de savoir quel sera le cru de l’année 2022. Car seulement 20% des surfaces françaises destinées à la consommation sont arrachées.

Aucune évolution depuis la pluie

« La production européenne de pommes de terre sera en baisse de 7 à 11% », annonce le NEPG (Groupe des producteurs de pomme de terre du Nord-Ouest Européen) dans un communiqué du 12 septembre.

Pourtant, les producteurs avaient pris leurs précautions et avaient augmenter leurs emblavements de 3,2% par rapport à 2021 pour répondre à la demande des industriels notamment.

En cause, l’été caniculaire et sec qui a plombé la croissance des tubercules. Celle-ci avait pourtant bien démarré. Cependant, tous les pays européens ne sont pas logés à la même enseigne. « Les agriculteurs belges et français seront les plus durement touchés, alors que les producteurs néerlandais le seront beaucoup moins. Certains producteurs européens ne pourront ainsi pas livrer les contrats attendus en raison des faibles rendements », alerte l’organisation européenne.

Une situation qui demande d’être confirmé dans les prochaines semaines lorsque les hâtives seront toutes arrachées. Mais le NEPG reste prudent quant aux conditions d’arrachage par temps sec. « Même si la pluie vient améliorer la situation des sols et les conditions de récolte, des endommagements et coups sur les tubercules pourraient être un problème majeur lors
des arrachages. »

Stockage délicat

La qualité des tubercules laisse entrevoir des inquiétudes pour les agriculteurs stockeurs. « À ce stade, les producteurs signalent des taux de matière sèche élevés rendant le tubercule plus sensible aux coups à la récolte. Des manques de longueur ou de calibre, mais aussi, ce qui est plus inquiétant, des levées de dormance sont constatées. »

Quant à la germination précoce possible dans les hangars, « celle-ci rendra également la prochaine saison de stockage difficile et beaucoup plus coûteuse en énergie. Les pertes de poids et les tares à la livraison dues, aux coups bleus entre autres, seront probablement plus élevées », indique le NEPG.

L’enjeu sera de préserver la dormance des tubercules tout l’hiver durant. Certains producteurs constatent même un rejumelage de leurs tubercules dans leurs parcelles.

Un contexte nébuleux.

Les préoccupations des producteurs portent donc sur leur capacité à honorer les contrats tenus avec les industriels et de stocker à long terme leur marchandise. Tout cela dans un contexte très nébuleux.

« Les prix contractuels signés en début d’année et la baisse de rendement ne couvriront pas les coûts supplémentaires auxquels les agriculteurs font face et devront faire face dans les semaines et mois à venir », lance l’organisation de producteurs.

Les producteurs naviguent à vue avec des coûts de production très nettement supérieurs dus à l’électricité, au carburant ou à l’engrais. À cela s’ajoute des risques plus élevés liés au changement climatique et à la poursuite de la guerre en Ukraine.

« Certains producteurs se demandent quelle culture implanter au printemps 2023. Sans garantie de la part de leurs acheteurs, les producteurs de pommes de terre européens pourraient décider de semer davantage de cultures alternatives. Au détriment de la culture de pommes de terre », prévient le NEPG.

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