La modulation intraparcellaire peine à trouver ses utilisateurs

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La modulation intraparcellaire peine à trouver ses utilisateurs

La Chaire AgroTic estime que 2 % des exploitants pratiquaient la modulation intraparcellaire en 2025. (©Claas)

La Chaire AgroTic révèle que 2 % des agriculteurs utilisent la modulation intraparcellaire. Pour une technologie promettant des progrès techniques, économiques et environnementaux, c'est bien peu. L'organisme relève les freins à l'adoption de la pratique, et des pistes pour les supprimer.

La modulation intraparcellaire géolocalisée et automatique reste une pratique très minoritaire en France. C’est ce que conclut une étude de décembre 2025, menée par l’Observatoire des usages numériques en agriculture, organe de la Chaire AgroTIC, co-porté par l’Institut Convergences #DigitAg. L’observatoire a interrogé sept éditeurs d’Outils d’Aide à la Décision (OAD). Il ressort que 30 000 agriculteurs environ, représentant 1,5 million d’hectares, sont équipés pour moduler les intrants au champ. Soit 7 à 8 % des agriculteurs français. De plus, 95 % des usages concernent les grandes cultures. Plus pessimiste, les éditeurs d’OAD estiment que seuls 20 % des exploitants ayant souscrit à un service de modulation l’utilisent réellement.

2% des agriculteurs pratiquent la modulation intraparcellaire

épandeur Kverneland et modulation

Selon la Chaire AgroTic, 75 % des modulations concernent la fertilisation azotée. (©Kverneland)

L’Observatoire a également interrogé 11 coopératives agricoles. Elles se situent dans des secteurs aux typologies agricoles variées :

  • Grand Est, Bourgogne ;
  • Auvergne ;
  • Sud-Ouest ;
  • Poitou-Charentes ;
  • Aude…

Sur les 70 000 agriculteurs qu’elles regroupent, seuls 2 % de leurs adhérents déclarent moduler. Ils pratiquent la modulation intraparcellaire pour la fertilisation azotée (75 % des pratiques), la fumure de fond (20 %), le semis (5 %) et la protection des cultures (moins de 5 % des pratiques).

Alors que la modulation semble constituer un levier de progrès technique et économique pour l’agriculture, pourquoi son adoption par les professionnels patine-t-elle ? Selon l’Observatoire des usages numériques en agriculture, plusieurs raisons expliquent le phénomène.

Des freins techniques et économiques

terminaux en cabine

Le coût des équipements nécessaires à la modulation est l’un des facteurs qui freine l’adoption de la pratique. (©Entraid Médias)

D’abord les solutions techniques actuelles peuvent être complexes à utiliser. De même, les préconisations seraient parfois difficiles à comprendre.

Ensuite, les exploitants ne peuvent pas s’appuyer sur des références technico-économiques convaincantes. L’Observatoire parle de temps de retour sur investissement supérieur à 5 ans en semis et en fertilisation de fond. En fertilisation azotée, la diversité des méthodes engendrerait une perte de confiance.

Tandis qu’en protection des cultures, le débit de chantier réduit et l’absence de recul sur la rentabilité n’inciteraient pas à l’enthousiasme.

Modulation intraparcellaire : besoin d’accompagnement

carte de préconisation pour modulation

Les cartes de préconisations sont un investissement. Un appui technique est parfois requis pour les comprendre et les utiliser. (©Airinov – Sébastien Méry)

Le coût d’achat des équipements et des services nécessaires à la modulation rebutent certains. Pour l’agriculteur qui investit, il faut s’assurer de la compatibilité entre les cartographies de préconisations, le terminal et l’outil d’application. L’implication des partenaires concernés est importante à ce stade. Moduler implique aussi l’acquisition et l’intégration préalables de données géolocalisées, des démarches parfois complexes, pour le prestataire de service comme pour l’exploitant.

Pour les exploitants qui commencent à moduler, la formation et l’accompagnement technique sont primordiaux. Une fois la carte de préconisation prête, encore faut-il la charger dans son terminal et savoir utiliser la fonction de modulation. Une fois le travail effectué, il sera aussi intéressant de comprendre les résultats de la modulation et de réfléchir aux prochains itinéraires techniques modulés. Cela requiert des compétences de différents ordres, notamment agronomiques et informatiques. Un appui technique insuffisant pourrait décourager certains agriculteurs. Enfin, la résistance au changement constitue un autre frein à l’adoption de la modulation.

Prouver et aider

Selon la Chaire AgroTic et son Observatoire, des leviers existent pour favoriser la pratique de la modulation. Des démonstrations pratiques pourraient susciter l’intérêt. La création d’un réseau d’ambassadeurs créerait un dialogue d’agriculteur à agriculteur. Une méthode bien souvent plus efficace que les discours de préconisateurs techniques. Des formations conjuguées à des accompagnements personnalisés favoriseraient la pérennité de la pratique chez les débutants.

La Chaire estime enfin que des subventions publiques lèveraient le frein que représente les investissements liés à la modulation.

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