Payé pour réduire son carbone

Le référentiel « Label Bas Carbone » établi pour les filières bovines est désormais validé par l’Etat. L’objectif est d’engager 100% des fermes laitières françaises dans la réduction de l’emprunte carbone d’ici 10 ans, avec l’espoir d’un retour financier.

Avec la méthode Carbon Agri, les réductions des émissions de carbone pourront être valorisées, sachant que le prix de la tonne est appelé à augmenter.

Pourquoi réduire ses émissions de carbone, si l’on ne peut espérer aucun retour financier ? Alors que les exigences environnementales sont généralement synonymes de contraintes supplémentaire, l’adoption de la feuille de route climatique signée en 2018 par la filière laitière (objectif de réduction de 20% des émissions de carbone entre 2015 et 2020) peut susciter l’inquiétude. L’Idele, lors d’une conférence donnée en septembre au SPACE, a donc mis en débat cette question des émissions de carbone dans les élevages. Un sujet dont les répercussions pécuniaires et même commerciales pourraient affecter les élevages. Demain, les consommateurs exigeront peut-être la qualification «zéro carbone» ?

L’agriculture: source et solution

Actuellement, la contribution de l’élevage de bovins lait et viande aux émissions de gaz à effet de serre (GES) est évaluée à 10%. Le secteur agricole est en capacité de limiter ces émissions qui entraînent paradoxalement le réchauffement climatique dont il est affecté: pression accrue des ravageurs comme la pyrale sur le maïs, retour fréquent des sécheresses et des inondations, restrictions d’eau récurrentes, etc. Sur ce sujet, on redoute que la prochaine PAC apporte des contraintes supplémentaires. En Irlande ou au Danemark, certains évoquent même l’instauration d’une taxe carbone sur les vaches pour lutter contre l’émission de méthane. Le contexte actuel incite donc à déployer sans attendre des stratégies bas carbone dans les élevages. En contrepartie, ceux-ci pourraient prétendre à des compensations financières.

Rémunération contre réduction de carbone

« Les réductions d’émissions seront valorisées au sens monétaire du terme, ce qui permettra d’encourager ces pratiques et les amplifier. Le carbone a de la valeur et le prix de la tonne est appelé à augmenter » affirme Thierry Geslain, directeur du développement durable au Cniel. Actuellement, la valeur de la tonne de carbone grimpe à 45€ sur le marché européen. Des entreprises ou des collectivités peuvent être intéressées par l’achat de crédit carbone pour compenser, dans le cadre d’un contrat, leurs propres émissions. Les simulations économiques de l’Idele en matière de marché carbone reposent sur un objectif de prix de 20 à 25 €/tonne.

Des réductions non coûteuses ?

Réduire les émissions de carbone sans perte de revenus est possible selon les intervenants qui expliquent que « entre 1990 et 2010, l’élevage bovin a réduit ses GES de 20% ». Parmi les explications avancées: la diminution du nombre de vaches pour un volume de lait quasiment stable, la mise en conformité des bâtiments qui permet une meilleure valorisation des effluents d’élevage couplée à une diminution des engrais minéraux, la diminution de la consommation d’énergie sur les exploitations. D’autres pistes sont à creuser sans compromettre la rentabilité des élevages: l’incorporation de légumineuses dans les prairies, l’achat de tourteaux de colza à la place de tourteaux de soja, la limitation du labour, la mise en place de couverts végétaux, l’implantation de haies, la méthanisation, la réduction de l’âge au premier vêlage, etc. « Pour une ferme laitière moyenne qui s’engagerait dans une stratégie bas-carbone, la réduction de volume serait de 300 à 400 tonnes de CO2 sur 5 ans » avance les spécialistes de l’Institut de l’Elevage.

 

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