Pulvé confinée en viti : les questions qui se posent

En région
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Les démonstrations de pulvérisation confinée se multiplient, pour que les agriculteurs puissent appréhender cette technique. Ici une démonstration à Marcellus (47) en juillet 2015.

10/11/2016 - 17:00

Renaud Cavalier, chef de service et conseiller machinisme à la Chambre d’agriculture du Gard, revient sur les questions récurrentes et les points de vigilance avant de choisir un pulvé muni de panneaux récupérateurs.

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Renaud Cavalier a organisé en octobre 4 démos portées par les Chambres d’agriculture du Gard, de l’Hérault, de l’Aude et des Pyrénées Orientales (avec l’appui de l’IFV, de l’Irstea et du réseau Cuma), consacrées à la pulvérisation confinée. Il répond aux questions les plus fréquentes posées par les viticulteurs lors de ces journées.

Quelle dose de matière active/ha appliquer ?

Dans un premier temps, on va mettre la même : la sécurité c’est la dose classique et par contre au lieu de faire 10ha/1000l on va en faire 13 ou 14. Cette dose ne change donc pas mis à part pour les premiers traitements pour lesquels on va réduire de manière importante (on peut réduire par trois sans problème), jusqu’au stade 7 feuilles étalées parce que l’on sait qu’on applique parfaitement.

A partir de 7 feuilles étalées jusqu’à la fin, on va mettre la même dose classique de matière active/ha.

Globalement, sur une saison, on utilise 30 à 40% de produit de moins.

Deux choses rendent le traitement plus efficace :

  • Le fait qu’on récupère la bouillie avec les panneaux, ça permet de faire plus de surface avec le même volume d’eau, et la même dose de matière active/ha.
  • Et aussi le fait qu’on fasse moins d’allers retours : si on fait plus d’ha avec le même volume, on va remplir moins souvent. Remplir c’est du temps.

La 2e phase, c’est quand on connaît bien sa machine, après une ou 2 années de travail, c’est la réduction de dose, mais qui ne peut se faire que sous certaines conditions. Là c’est plus dans le raisonnement de la pulvé en fonction des conditions météo, de la pression de maladie etc.

En sachant que cette dose, demain ne se calculera plus par hectare mais en surface foliaire. On y va à court terme aussi. Ça va être le changement dans les 5 années qui viennent. On est en train d’harmoniser ce que l’on va prendre comme définition de la surface foliaire.

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Renaud Cavalier, chef de service et conseiller machinisme au sein de la Chambre d’agriculture du Gard.

Comment calculer son coup pour les premiers traitements ?

C’est difficile avec un plein, de savoir quelle surface on va faire avant de l’avoir faite. Donc ça peut être une inquiétude au départ. La première machine, pas de souci, on sait qu’on va faire plus que la surface. Mais on ne sait pas combien, ça dépend de la végétation. Au début (de la saison) on va récupérer 75% de produit. Et plus la végétation va pousser, moins on va récupérer. Le chiffre de 40% de récupération, c’est une moyenne sur la saison.

Quand il ne reste plus que 7 ou 8ha, quelle quantité de liquide mettre dans la cuve ? La réponse : certains de ces pulvérisateurs sont équipés d’appareil de calcul et de mesure pourcentages de récupération, qui s’affiche en cabine. Ils affichent la quantité pulvérisée réelle et la quantité programmée (prévue). On sait rapidement quelle surface on va faire, pour voir que pour le dernier traitement on e va mettre de 400l par exemple pour finir sans qu’il reste du produit dans la cuve.

Avec les panneaux, ces pulvérisateurs sont-ils réellement maniables ?

On peut aller vite c’est vrai, l’IFV l’a testé : on peut aller jusqu’à 9km/h, mais à condition que le terrain le permette. Comment ça va se passer en dévers ? est-ce que toutes les machines sont prévues pour faire du dévers ? La réponse, certaines oui, d’autres non (palpeur ou pas) et dans les terrains compliqués on n’ira pas à 9km/h.

Les points de vigilance :
Avant de choisir son pulvé:
-Tous les matériels ne sont pas agréés pour les ZNT (zones non traitées). Ceux qui le sont figurent sur une liste datant du 30 août (en pulvérisation confinée ou pas, voir document disponible ci-dessous), appelée à évoluer. C’est un critère élémentaire de choix : si on achète ce type de matériel, qui est cher, c’est qu’on a des problèmes de voisinage, ou qu’on a des soucis autour des maisons etc. Donc autant acheter du matériel agréé.
-Pour ceux qui vont sur la route, il y a une réglementation qui impose qu’un pulvé qui fait plus de 1500kg soit réceptionné Drire (doté d’un barré rouge), et tous ne le sont pas. Il s’agit d’une démarche effectuée par le constructeur.
-La nouveauté dans les démo d’octobre : nous avions un constructeur, Grégoire, dont le pulvérisateur est non seulement réceptionné Drire, mais aussi agréé pour une vitesse de 40km/h sur route.

L’entretien:
- Plusieurs techniques de réaspiration existent: hydroinjecteurs, pompes péristatiques, double pompes… Chaque constructeur a sorti des techniques différentes. Mais en général, les pulvérisateurs munis de panneaux demandent un entretien rigoureux. La récupération et le filtrage de la bouillie entraînent l’accumulation de nombreux « déchets » (pétioles, capuchons floraux, bouts de feuilles, de branches…) dans les mousses ou les crépines, des dépôts dans les filtres. Ces filtres devront être entretenus et régulièrement, certains plus souvent qu’une fois par jour.
- Le lavage à la parcelle est possible, mais compliqué, il demande des quantités d’eau importantes pour rincer, et du temps. Une aire de lavage, sans pour autant simplifier le nettoyage, permettra de la réaliser dans les règles de l’art.

La liste des matériels agréés ZNT (30 août 2016)

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