Semer les couverts depuis un drone ou un hélicoptère

L’hélicoptère et le drone permettent aujourd’hui de semer un couvert dans un maïs à la date optimale, en s’affranchissant de la difficulté à faire circuler un tracteur dans la culture.

Le modèle de drone développé par reflet du Monde et Ovalie Innovation est exploité en prestation mais est aussi en vente. (photo Ovalie Innovation).

L’implantation d’un couvert végétal derrière un maïs grain est une opération difficile car elle intervient tard en saison. Le sol risque d’être humide et les plantes manquent de chaleur pour se développer suffisamment avant l’hiver. Le semis d’un couvert dans le maïs jeune est possible, au moment d’un binage. Mais il faut trouver le compromis pour que la culture intermédiaire arrive à s’implanter malgré l’ombre du maïs et ne le concurrence pas trop si elle se développe bien.

En semant peu de temps avant récolte, l’enchaînement entre les deux cultures est par contre plus favorable. Pour ce faire, il est possible d’employer un enjambeur de type castreuse, équipé d’un système de semis à la volée ou avec des descentes entre rangs. Autre solution : le semis aérien, par drone ou par hélicoptère, offre plus de débit et de facilité d’intervention.

L’hélicoptère en prestation

Depuis quelques années, la coopérative Euralis propose par exemple une prestation de semis par hélicoptère appelée Hélicouvert. Ses agronomes ont élaboré un mélange capable de restituer rapidement de l’azote à la culture suivante. Il est composé d’avoine, trèfle et vesce, à la dose de 25 kg/ha. Le trèfle devant être semé avant le 15 octobre pour bien se développer, le semis aérien s’impose. Il est ensuite recommandé de récolter dans les 10-15 jours, pour offrir au couvert la lumière nécessaire à sa croissance, et de broyer les pailles de maïs. Euralis annonce un gain de biomasse de 1,5 tMS/ha avec le semis aérien précoce, par rapport à un semis classique après récolte. La prestation est facturée 85 €/ha, semence comprise. Elle est réalisée par une société spécialisée dans l’épandage aérien, mais organisée par la coopérative.

semis de couverts par hélicoptère

L’hélicoptère employé par Euralis sème un mélange mis au point par la coopérative (Crédit Euralis).

 

Acheter un drone ?

Second exemple plus récent : le drone quadricoptère RDM Ag, développé par le constructeur Reflet du Monde, et Ovalie Innovation (filiale de coopératives du Sud-Ouest, Maïsadour et Vivadour). L’appareil (photo en début d’article) peut porter 10 kg de semence et ainsi effectuer des semis de couverts végétaux là où un tracteur de peut pas passer. Le système de semis centrifuge équipant le drone est surtout adapté aux petites graines rondes (moutarde, trèfle, phacélie…). Dans les régions peu arrosées, Ovalie Innovation préconise de semer avant la dernière ou l’avant-dernière irrigation. L’apport d’eau sécurise la levée et descend au sol les graines restées à l’aisselle des feuilles du maïs. La prestation coûte de 20 à 25 €/ha, sans la semence. Reflet du Monde et Ovalie Innovation ont leurs propres drones et proposent également l’engin à la vente. Il vaut de l’ordre de 50 000 €. C’est donc un outil qui n’est à la portée que d’une coopérative ou de tout autre groupement important d’agriculteurs. Sa conduite demande d’autre part une qualification particulière, qui obligera à ne le mettre que dans quelques mains (prestation).

On notera que sur le maïs, l’hélicoptère comme le drone peuvent également être employés pour des lâchers de capsules de trichogrammes, pour lutter contre les chenilles foreuses. C’est un moyen pour les opérateurs de mieux rentabiliser leur investissement.

semis de couverts par enjambeur

A signaler : le constructeur américain de castreuses et de pulvérisateurs automoteurs Hagie a développé un kit dit CCI pour semer les couverts dans le maïs avec une distribution précise ; il utilise une rampe spéciale équipée de pendillards lestés, qui déposent la semence près du sol. La caisse de semis se monte à la place de la cuve (Crédit Fullthrottle Ag).

 

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